I.A TISBE
Ah ! misérable ! ah ! tu mens ! Comme il ment ! Tu es un homme payé. Mon Dieu, j'ai donc des ennemis, moi! Mais Rodolfo m'aime. Va, tu ne parviendras pas à m'alarmer. Je ne te crois pas. Tu dois être bien furieux de voir que ce que tu me dis ne me fait aucun effet.
Vous avez remarqué sans doute que le podesta , monseigneur Angelo Malipieri , porte à sa chaîne de cou un petit bijou en or artistement travaillé. Ce bijou est une clef. Feignez d'en avoir envie comme d'un bijou. Demandez-la-lui sans lui dire ce que nous en voulons faire.
LA TISBE.
Une clef, dis-tu ? Je ne la demanderai pas. Je ne demanderai rien. Cet. infâme qui voudrait me faire soupçonner Rodolfo ! Je ne veux pas de cette clef. Va-t'en , je ne t'écoute pas.
HOMODEl.
Voici justement le podesta qui vient. Quand vous aurez la clef , je vous expliquerai comment il faudra vous en servir la nuit prochaine. Je reviendrai dans un quart d'heure.
LA TISBE.
Misérable! tu ne m'entends donc pas? je te dis que je ne veux point de cette clef. J'ai confiance en Uodolfo, moi. Cette clef, je ne m'en occupe point. Je n'en dirai pas un mot au podesta. Et ne reviens pas, c'est inutile ! je ne te crois pas.
IIOMODEI.
Dan8 un quart d'heure.
Il sort. Entre Aiigclo.
.lOUKNÉE 1, SCÈNE Vil. 43