‹ AngeloChapitre 21 sur 48 · JOURNEE 11, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

JOURNEE 11, SCÈNE IV

Pauvre amie !

RODOLFO

CATARINA

Non, tiens, ne me parle pas, laisse-moi rassembler mes idées , laisse-moi te regarder , mon ame ! laisse-moi penser que tu es là. Tout à l'heure je te répondrai. On a des momens comme cela, tu sais, où l'on veut regarder l'homme qu'on aime et lui dire : Tais-toi , je te regarde ! Tais-toi , je t'aime 1 Tais-toi , je suis heureuse !

Il lui baise la main. Elle se retourne et aperçoit la lettre qui est sur la table.

— Qu'est-ce que c'est que cela? O mon Dieu I Voici un papier qui me réveille! Une lettre 1 Est-ce toi qui as mis cette lettre-là ?

RODOLFO

Non. Mais c'est sans doute l'homme qui est venu avec moi.

CATiVRINA..

Il est venu un homme avec toi ! Qui? Voyons 1 Qu'est-ce que c'est que cette lettre?

Kllc ilécach(:tc aviiicinunt la lettre et lit.

— « Il y a de^ gens qui ne s'enivrent que de vin de Chypre. Il y en a d'autres qui ne jouissent que de la vengeance raffinée. Madame, un sbire qui aime est bien petit , un sbire qui se venge est bien grand. » —

RODOLFO

Grand Dieu ! qu'est-ce que cela veut dire ?

CATARINA

Je connais l'écriture. C'est un infâme qui a osé m'aimer , et me le dire , et venir un jour chez moi , à Venise j et que j'ai fait chasser. Cet homme s'appelle Homodei.

En effet.

C'est un espion du conseil des Dix.

KODOLFO.

Ciel!

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