A TISBE
Ah! tenez, ne niez pas. Il était là! Vos places sont encore marquées par vos fauteuils. Yous auriez dû les déranger au moins. Et que vous disiez-vous? Mille choses tendres , n'est-ce pas? mille choses charmantes, n'est-ce pas? Je t'aime! je t'adore! je suis à toi !.. . — Ah ! ne me touchez pas , madame !
CATAiUIVA.
Je ne puis comprendre...
LA TISBIi.
Et vous ne valez pas mieux que nous , mesdames !
Ce que nous disons tout haut à un homme en plein jour, vous le lui balbutiez honteusement la nuit. Il n'y a que les heures de changées ! ISous vous prenons vos maris, vous nous prenez nos amans. C'est une lutte. Fort bien, luttons! Ali! fard , hypocrisie, trahisons , vertus singées , fausses femmes que vous êtes! Non, pardieu! vous ne nous valez pas ! Nous ne trompons personne , nous ! Yous , vous trompez le monde , vous trompez vos familles , vous trompez vos maris , vous tromperiez le bon Dieu, si vous pouviez! Oh! les vertueuses femmes qui passent voilées dans les rues! Elles vont à l'église! rangez-vous donc ! inclinez-vous donc ! prosternezvous donc 1 Non , ne vous rangez pas , ne vous inclinez pas , ne vous prosternez pas , allez droit à elles, arrachez le voile, derrière le voile il y a un masque , arrachez le masque , derrière le masque il y a une bouche qui ment ! — Oh ! cela m'est égal, je suis la maîtresse du podesta , et vous êtes sa femme, et je veux vous perdre!
CA'l'AIHAA.
Grand Dieu ! Madame. . .
Où est-il?
JULRiNÉE 11, SCiim'] V. 8i>
Qui?
Lui
CATAKi^ A.
LA Tisui: