‹ AngeloChapitre 29 sur 48 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

LA TlSBIi. seule.

Ail ! cette chambre ! Me voilà donc encore dans cette chambre! Que me veut le podesta? Le palais a un air sinistre ce matin. Que m'importe! je donnerais ma vie pour oui ou non. Oh ! cette porte! Cela me fait un étrange effet de revoir cette porte le jour! C'est derrière cette porte qu'il était! Qui? Qui est-ce qui était derrière cette porte? Suis-je sûre que ce fût lui , seulement ? Je n'ai pas même revu cet espion. Oh ! l'incertitude! affreux fantôme qui vous obsède et qui vous regarde d'un œil louche sans rire ni pleurer ! Si j'étais sûre que ce fût Rodolfo , — bien sûre , là , de ces preuves ! . . . — oh ! je le perdrais, je le dénoncerais au podesta. Non. Mais je me vengerais de cette femme. Non. Je me tuerais. Oh oui ! moi sûre que Rodoifo ne m'aime plus , moi sûre qu'il me trompe, moi sûre qu'il en aime une autre, eli bien! qu'est-ce que j'aurais à faire de la vie? cela me serait bien égal, je mourrais.

Oli ! sans me venger donc ? Pourquoi pas? Oh oui , je dis cela dans ce moment-ci , mais c'est que je suis bien capable aussi de me venger! Puis -je répondre de ce qui se passerait en moi s'il m'était prouvé que l'homme de cette nuit c'est Rodolfo ? O mon Dieu, préservez-moi d'un accès de rage! O Rodolfo ! Catarina ! Oh ! si cela était , qu'est-ce que je ferais? Vraiment! Qu'est-ce que je ferais? Qui ferais-je mourir ? eux ou moi? Je ne sais !

Rentre Angelo.

JOURNKE III, SCÈNE 111. H!

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