‹ AngeloChapitre 39 sur 48 · I.A TISBE · texte numérisé non relu

I.A TISBE

Faites ce qu'on vous dit. Pas de résistance. Pas une parole. Surtout n'ébranlez pas la confiance que votre mari a en moi. Entendez-vous? Je n'ose vous en dire plus avec votre manie de tout redire 1 Oui, il y a dans cette chambre une pauvre femme qui doit mourir, mais ce n'est pas vous. Est-ce dit?

CATARINA

Je ferai ce que vous voulez, madame.

LA XrSBE.

Bien. Je l'entends qui revient!

La Tisbe se jette sur la porte du fond au momcut où elle s'ouvre.

— Seul ! Seul ! Entrez seul !

Ou entrevoit des sbires Tcpée nue dans la chambre voisine-. Aujjelo entre. La porte se referme.

JOURNÉi: 111, PARTIE 1, SCENE X. 155

SCÈlSfE DIXIÈME.

LA TISBE.

Elle se résigne au poison.

ANGELO , à Catarina.

Alors , tout de suite , madame.

CATARINA , prenant la fiole.

A la Tisbe.

Je sais que vous êtes la maîtresse de mon mari. Si votre pensée secrète était une pensée de trahison , le besoin de me perdre, l'ambition de prendre ma place que vous auriez tort d'envier , ce serait une action abominable, madame; et, quoiqu'il soit dur de mourir à vingt-deux ans, j'aimerais encore mieux ce que je fois que ce que vous faites.

Elle boit.

M^-i ANGELO.

I,A TISBE , » liait.

Que (le paroles inutiles , mon Dieu T

ANGELO . allant à la porte du foiiil qu'il ciilroiivrc.

Alle/-vous-en !

CATARINA

Ah ! ce breuvage nie ^^lace le sang !

Regardant fixement la Tisbc.

— Ah! madame!

A Anjjelo.

— Etes-vous content, monsieur? Je sens bien que je vais mourir. Je ne vous crains plus. Eh bien , je vous le dis maintenant , à vous qui êtes mon démon , comme je le dirai tout-à-l'heure à mon Dieu , j'ai aimé un homme, mais je suis pure 1

Je ne vous crois pas, madame.

LA TISBE. à part

Je la (rois , moi !

JOURNÉE III, J'AR'IIK I, SCÈNK X. f!>;>

CATARINA

Je me sens défaillir... Non. Pas ce fauteuil-là. ]\e nie touchez point. Je vous l'ai déjà dit , vous êtes un homme iniànie!

Elle se (liri;]e cii chancrlani vi-i-s son oratoire.

— Je veux mourir à genoux. Devant l'autel qui est là. Mourir seule. En repos. Sans avoir vos deux regards sur moi.

Arrivée à la porte, elle s'ajipuie sur le rebord.

— Je veux mourir en priant Dieu.

A Angelo.

— Pour vous, monsieur.

Elle entre dans roraloire.

Troïlo !

Entre Thuissier.

— Prends dans mon aumonière la clef de ma salle secrète. Dans cette salle, tu trouveras deux hommes. Amène-les-moi. Sans leur dire un mot.

L'huissier sort.

A la Tisbe.

— Il faut maintenant que j'ailio interroger les

i56 ANGELO.

hommes arrêtés. Quand j'aurai parlé aux deux guetteurs de nuit, Tisbe, je vous confierai le soin de veiller sur ce qui reste à faire. Le secret, surtout!

Entrent les deux guetteurs de nuit introduits par l'huissier, qui se retire.

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