FIN
INOTE.
La loi d'optique du thcàtre , qui oblige souvent à ne présenter que des raccourcis , surtout vers les dénouemens , exige impérieusement que le rideau tombe au mot : Par moi , pour toi! La vraie fin de la pièce nVs( pourtant pas la, comme on peut s'en convaincre en lisant. Il est évident aussi que lorsque Angelo Malipieri , à la première scène de la troisième journée, explique aux prêtres le blason des Bragadini, il devrait dire : la croix de gueules et non la croix rouge. Espérons qu'un jour un seigneur vénitien pourra dire tout bonnement sans péril son blason sur le théâtre. Cest un progrès qui viendra. A l'heure qu'il est il n'est guères permis à un gentilhomme de se targuer sur le théâtre d'autre chose que d'un champ d azur. Smople ne serait pas compris; gueules ferait rire; azur est charmant.
Pour tout ce qui regarde la mise en scène, MM. les directeurs de province ne peuvent mieux faire que de se modeler sur le Théâ(rc-Franraiî
iU NOTE.
où la pièce a été montée avec un soin extrême. Ajoutons que la pièce, est jouée dans ses moindres détails avec un cnsembh- it une dij^nitc qui rappellent les plus belles époques de la vieille comédie-française. M. Provosi a reproduit aves une fermeté sculpturale le profil sombre et mystérieux d'Homodei. M. Geffroy réalise avec un talent plein de nerf t't de clialeur • e Rodolfo mélancolique et violent , passionné et fatal , frappé comme homme par Tamour, comme prince par Texil. M. Beauvalct, qui peut mettre une belle voix au service d'une belle intelligence , a posé puissamment la figure haute et sévère de cet Angelo , tyran de la ville , maître de la maison. La création de ce rôle place pour tout le monde il. Beauvalet au rang des meilleurs acteurs qu'il y ait au théâtre en ce moment. Quant à mademoiselle Mars, si charmante , si spirituelle, si pathétique, si profonde par éclairs , si parfaite toujours j quant à madame Dorval si vraie , si gracieuse, si jM;nétrantc, si poignante, que pourrions-nous en dire après ce quf dit , au milieu des bravos , des acclamations , des applaudissemens et des larmes, cette foule immense et émerveillée quVblouil chaque soir le «•hoc étincelant des deux sublimes actrices'
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