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d'à-haut, c'est-à-dire les fondeurs ou tailleurs.
On descend dans les galeries1 au moyen du bassicot ou des échelles.
Le bassicot est une caisse en bois rectangulaire suspendue à un câble et dans laquelle se montent, à l'aide d'un manège ou de la vapeur, du fond de l'ardoisière jusqu'à l'orifice du puits principal d'extraction, les blocs ou les débris d'ardoises, qui, chargés immédiatement sur des tombereaux, sont conduits près des tue-vents où ils doivent être fendus et taillés. Toutes les fois qu'un bassicot plein monte, un bassicot vide descend ; on peut se placer sans crainte avec son guide dans ce dernier au moment de son départ. On descend alors doucement jusqu'à l'endroit de la mine où travaillent les ouvriers, car un câble guide auprès d'eux.
On arrive sur une sorte de terrasse établie au-dessus de la voûte d'une vaste excavation qui n'a pas moins de 40 met. de profondeur; au-dessous de soi, on a le vide, car les planches de cette terrasse n'ont pour point d'appui que des pièces de bois plantées de distance en distance, par une de leurs extrémités, dans la muraille.
A une profondeur qu'il est impossible d'apprécier, étincellent de nombreux becs de gaz; d'autres lumières, des lampes portatives, se déplacent incessamment ; une épaisse fumée, produite par les explosions des mines, donne à toutes ces lueurs des teintes rougeâtres. En vain les yeux essayent de percer les vapeurs brillamment éclairées qui tourbillonnent de tous côtés.; on n'aperçoit que le.
bassicot qui entre dans le puits d'extraction ou qui en sort; car de faibles rayons de jour pénètrent dans cette étroite ouverture jusqu'au milieu de l'abîme sombre et éclatant que
1. La description qui suit s'applique particulièrement à la galerie de VÈrmilage, qui est la plus visitée depuis la chute de celle des Grands-Carreaux. 2
l'on domine. Mais, si l'on ne voit presque rien, on entend dés voix nombreuses poussant des clameurs confuses ; le fer des pioches, des pelles, des leviers, retentit de tous côtés contre la pierre ; des blocs énormes se brisent avec fracas en tombant des parois d'où de longs et pénibles travaux les ont détachés, pendant que la poudre en fait sauter d'autres en morceaux : tous ces bruits se mêlent ensemble, et ne trouvant pas d'issues suffisantes pour s'échapper, impriment un ébranlement continuel à la frôle planche qui supporte le visiteur.
Si l'on veut pénétrer plus avant, il faut, arrivé à l'endroit où cesse la balustrade de la galerie ou terrasse que l'on a suivie, s'avancer sur une simple planche, et, tournant le dos au précipice ouvert au-dessous de soi, descendre une échelle solidement attachée à une muraille verticale. De distance en distance, on peut se reposer sur de pelits paliers où les ouvriers s'attendent mutuellement, qu'ils montent ou qu'ils descendent : car ces échelles ne peuvent servir qu'à une seule personne à la fois.
Parvenu au fond de la mine, au milieu des ouvriers d'à-bas, on assiste à leurs travaux.
Le fond à ciel ouvert d'une des mines, celle des Grands-Carreaux, s'est éboulé le 5 janvier 1868, écrasant dans sa chute un contre-maître et deux ouvriers. L'exploitation a été transformée et reste encore une des meilleures du groupe, car la pierre abattue était excellente.
Une levée, dite levée Napoléon, protège, depuis 1860, les ardoisières sur une longueur de 4 kil., entre la levée du chemin de fer et la route d'Angers à Tours. En effet, les ardoisières avaient été inondées le 7 juin 1856 par la crue de la Loire, et il fallut plus de six mois pour les vider.
Excursion aux Ponts-de-Cé.
8 kil. — Route de voit, (pour les omnibus, V. Renseignements pratiques, p. 2) et chemin de fer (réseau de l'Éiat) soit par la gare de Saint-Laud, soit par celle de la Maître-École. — La route de voitures est la voie la plus commode et de moitié plus courte (4 kil.). Une voit. :
3 fr.; jusqu'à Saint-Maurillc, h fr., plus 1 fr. 50 l'heure de séjour.
En sortant de la gare de la Maître- École, on laisse aussitôt à g. la ligne du Mans, puis celle de La Flèche, on croise la ligne de Paris et on laisse à dr. Saint-Léonard, à g. le cliâleau du Rosseau (xvn" et xvin° s.).
4 kil. 1/2. La Pyramide (1 kil. à g.), ham. qui doit son nom à une pyramide élevée, en 1743, en mémoire de l'achèvement de la levée do la Loire. Une route de 2 kil. relie ce village à Trélazé et aux ardoisières [V. ci-dessus). — On franchit l'Authion, puis les deux principaux bras de la Loire, en vue des Ponts-de Cé.
On laisse à g. (rive dr.) Véglise de ■ Sorgcs, en partie de la Renaissance.
8 kil. Les Ponts-de-Cé * (la station est en pleine campagne, à 1500 met.
env. de la localité), ch.-l. de ç. de 2483 hab. Cette curieuse ville se compose d'une rue de plus de 3 kil., traversant, sur une série de sept ponts modernes, le canal de l'Aùthion, trois larges bras de la Loire et le Louet.
Certains écrivains ont cru pouvoir affirmer qu'aux origines de l'histoire de France, il n'y avait que deux communications sur la Loire entre le Midi et le Nord, le pont de Blois et le pont de Cé. Ce dernier a été considéré longtemps comme une merveille, en raison de son développement. 11 a souvent été ruiné ou endommagé par la Loire, puis rebâti ou réparé. Il était d'ailleurs pour la plus grande partie en bois.
Plusieurs souvenirs historiques se rattachent aux Ponts-de-Cé. Les Gaulois et les Romain, les Francs et les Normands, les Anglais et Du Guesclin, Commines, les protestants, les catholiques et la Ligue, Louis XIII et Mario de Médicis, la Fronde, la Révolution, toutes les races et tous les
partis s'y sont rencontrés et heurtés. Le 15 juillet 1791!, les Vendéens, au nombre de 10 000 OU l'iOOO, y exterminèrent deux bataillons des Iroupcs de la République et quelques détachements de la garde nationale.
Les dimanches et les jours de fête, une partie de la population d'Angers se transporte aux Ponts-de-Cë, pour se divertir à
sa manière et manger des bouilleiurcs renommées. Les étrangers iront surtout y admirer les belles vues que l'on découvre des ponts, de la Roche ci'Érigné (surmontée d'un petit château moderne) et de la Roche ciel Murs (au S.-O.).
Dans la première île, tout au sor-
^taUie de lïené,
tir du pontdel'Authion, l'église Saint- Aubin, au N. de la ville, date des xii' et xvi° s. (belles peintures murales et vitraux des xv° et xvi° s.). — Dans la seconde et plus grande Ile, au sortir du grand pont de la Loire, l'église Sdint-Maurille, au S., conserve de belles stalles du xvi" s. provenant du prieuré de la Ilaie-aux-
duc d'Anjou, à Angers.
lions-Hommes et de curieux tableaux du xvii0.
Entre les deux îles, sur un îlot central, dit lie forte, s'élève un château du roi Mené (aujourd'hui gendarmerie). Presque vis-à-vis se trouve l'usine qui envoie et distribué l'eau de Loire dans les canaux des fontaines d'Angers.
13491. — IMPRIMERIE A. LAHURE Rue de Fleurus, 9, à Paris.