‹ Angiome caverneux capsul√à de l'orbiteChapitre 2 sur 5 · MÉDECIN-OCULISTE A DIJON · texte numérisé non relu

MÉDECIN-OCULISTE A DIJON

Le diagnostic des tumeurs orbitaires n'est pas chose facile. La plupart du temps, il n'est possible qu'au cours de l'opération ou même après. « On pourrait, dit Garron du Villards, faire un volume des erreurs qui ont été commises à ce sujet. » Il vaudrait mieux faire un volume des signes diagnostiques qui permettent de les éviter. Nous n'avons pas cette prétention, et en publiant cette note, nous n'avons d'autre but que de rappeler une variété de tumeur assez rare, mais dont les symptômes sont très concordants et assez caractéristiques pour en faciliter le diagnostic apriori. Voici en quels termes Mackenzie s'exprime au sujet de ces tumeurs :

« MM. Langenbeck, Bowmann (1) et de Grsefe ont rencontré,

(1) Nous n'avons pu nous procurer les observations de Langenbeck et de Bowmann, mais on trouvera plus loin celle de A. de Graefe.

chacun de leur côté une sorte de tumeur dite caverneuse érectile, offrant les caractères suivants : absence de douleur, conservation parfaite de la santé générale, développement lent, élasticité et absence de toute induration, conservation relative du jeu des muscles et enfin phénomènes de gonflement et de dégonflement périodiques, après le repas, par exemple, et qu'on peut produire aussi par certains mouvements, en appuyant la tête sur la main. Anatomiquement elle est constituée par une enveloppe extérieure, très résistante, de tissu cellulaire lisse : à la section elle offre une structure en réseau dont les grosses mailles répondent aux lacunes vasculaires et dont la trame est constituée par du tissu conjonctif: elle est remplie d'une énorme quantité de sang (Mackenzie, vol. m, p. 162).

Il est difficile d'ajouter un trait saillant à ce petit tableau.

Les tumeurs dont il est question appartiennent à la classe des tumeurs vasculaires, et au genre des angiomes caverneux ; au lieu d'être diffus, comme ces angiomes le sont fréquemment, elles possèdent au contraire une membrane d'enveloppe, une véritable capsule qui les isole et rend leur énucléation facile en permettant de ne léser aucun des organes essentiels qui les entourent ; fait très important au point de vue du pronostic.

On verra, en effet, dans plusieurs des observations suivantes, que le globe de l'œil a été extirpé en même temps que la tumeur, alors qu'il aurait pu être cônservé avec une vision rendue meilleure, si le chirurgien, connaissant mieux le fait de l'isolement de ces tumeurs, ne s'était trop hâté de vider entièrement l'orbite avant de s'en prendre d'abord à la tumeur seule.

Hangiôme caverneux capsulé (Wirchow) se développe de la manière suivante : « Il se produit d'abord du tissu embryonnaire et des capillaires normaux, puis ces vaisseaux présentent de simples dilatations ; mais bientôt les capillaires dilatés arrivent au contact les uns des autres, de larges communications s'établissent entre eux, et il en résulte un système capillaire à grandes dilatations caverneuses (Gornil et Ranvier). »

Dupuytren avait donné aux angiomes en général le nom de tumeurs érectiles. Ils peuvent en effet se distendre par l'afflux du sang sous l'influence d'une émotion, d'un exercice, etc., et présenter alors des pulsations bien nettes. Mais tous les angiomes ne présentent pas ces phénomènes au même degré, et l'angiome capsulé de l'orbite les présente à peine. La capsule est percée de fines ouvertures communiquant avec les capillaires du tissu adipeux de l'orbite au sein duquel la tumeur se développe. Aussi la turgescence et la flaccidité s'y manifestent-elles très lentement,et les pulsations y sont-elles nulles.

Nous croyons inutile d'indiquer le caractère de bénignité absolue de l'angiome capsulé, qui ne nuit à la santé et aux fonctions visuelles qu'en raison de la place qu'il occupe dans l'orbite. Ajoutons encore que la récidive n'a jamais été observée, et passons au sujet principal de cette note.

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