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LE JOUR DU COURSING

croiser autant leurs membres de derrière et de devant : aussi couvrent-ils relativement moins de terrain dans la foulée, et, moins près du sol, ils toument aussi moins bien. Certains greyhounds, généralement les plus petits, rasent à ce point ta terre et ondulent tant de l'échiné que, vus de haut, ils paraissent ramper à une vitesse folle, (Et ce style est encore plus marqué chez ce lévrier en miniature qu'on appelle le whippet.) De bons coureurs l'ont d'ailleurs à un point exagéré : ceux-là ne pourront donner toute leur mesure que sur un terrain léger, régulier et uni ; sur un mauvais terrain, sur une plaine inégale, ils se trouveront nécessairement gênés.

J'ai dit que, selon qu'ils sont plus ou moins « vite sur leurs jambes », les greyhounds démarrent plus ou moins rapidement au sortir des sUps. Mais la façon même dont ils vont au lièvre et dont ils font les tournants diffère. Certains, au départ, semblent prendre pour but de leur course la cioupe même de l'animal : ce sont les plus francs ; d'autres paraissent plutôt viser l'épaule ou la tête du Uèvre : ce sont généralement les plus âgés. De même, il en est qui suivent le crochet en dessinant, sans ralentir leur allure on presque, le plus petit arc de cercle qu'ils peuvent; d'autres, au contraire, toument en force, si l'on peut dire, s'arrêtent sur les épaules, voltent sur l'arrière-main, et repartent. I,a plupart des chiens combinent plus ou moins ces deux styles. Mais un greyhound qui va franchement et impétueusement au gibier et qui décrit classiquement son arc de cercle sur les crochets procure à l'amateur de coursing le plus beau plaisir des yeux qu'il soit possible de rêver.

LE JOUR DU II ne reste qu'un mot à ajouter suj les précautions COURSING ^ prendre le jour du coursing.

Et d'abord, il est à peine besoin de l'écrire, on évitera autant que possible de fatiguer les greyhounds en les amenant au lieu du rendez-vous. Un chien auquel on aura imposé deux

heures de marche fera presque aussi sûrement une mauvaise course qu'un cliien qu'on a tenu à jeun ou piugé la veille du couising, à qui on a donné à manger peu de temps avant l'épreuve (souvent, en ce cas, l'animal vomit et l'on découvre la mauvaise foi), ou bien à qui l'on a fait prendre des pilules d'opiiun ou toute autre drogue. Il arrive également que des lévriers aient peur du chemin de fer ou même se tracassent en voiture ; c'est pourquoi il est prudent d'habituer de bonne heure les saplings à la vue des trains et au transport en véhicule.

De même, en attendant leur tour de courir, il sera bon d'éloigner autant que possible les chiens du lieu oà se disputeront les épreuves. Si cela se peut, on les confinera dans quelque endroit bien abrité et on ne les amènera sur le terrain qu'au dernier moment, afin qu'ils ne s'énervent pas à voir leurs camarades poursuivre les lièvres. Si le lévrier passe vir^ minutes à tirer sur sa laisse et à se débattre contre l'homme qui le retient, il se trouve aussi fatigué que s'il avait fait une heure de trot.

Les greyhounds devront avoir mat^ légèrement et assez longtemps avant l'heure du coursing pour que leur digestion soit complètement achevée au moment de courir. Bn arrivant sur le terrain, on pourra leur faire avaler un œuf cru qui les soutiendra.

Il faut les couvrir chaudement : le meilleur athlète perd la moitié de ses moyens quand il a froid. On fait pour les chiens des couvertures très bien comprises, qui les enveloppent entièrement depuis le cou jusqu'à l'origine de la queue, et qu'on peut, en cas de pluie, recouvrir d'un surtout en caoutchouc. I^es lévriers conserveront leurs couvertures jusqu'à la dernière minute ; on ne les leur enlèvera qu'au moment de les conduire aux slips, et on leur fera alors une bonne friction ou massage des muscles. Je crois bon de rappeler ici qu'il ne faut pas frotter le chien sur l'épine dorsale et qu'il ne faut pas appuyer trop durement non plus ; son instinct induit en effet l'animal à résister à la poussée qu'il subit, il s'arc-

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