‹ Animaux de sport, lévries-taureaux-coqsChapitre 36 sur 118 · DU LIEVRE · texte numérisé non relu

DU LIEVRE

très craintif.

« Cet îinimal est triste et la crainte le loi^e. >

— Point du tout. « Un souffle, une ombre, un lien » ne lui donnent pas la fièvre ; ce n'est pas davantage un « mélancolique animal *, et il n'est ni a douteux », ni particulièrement « inquiet ».

Le lièvre est très courageux contre ses semblables. Les mâles combattent pour les femelles avec une violence et une ténacité extrêmes, et ce n'est qu'après plusieurs nuits de bataille que meurtri, blessé, l'œil crevé souvent, le vaincu cède la plaqe au vainqueur et abandoime le canton. Pendant le jour, les belligérants font trêve, car le lièvre est nocturne comme presque tous les animaux sauvf^es ; et, si les fiancés sont plusieurs, chacun d'eux demeure couché, tant que le soleil brille, dans le gîte qu'il s'est soigneusement ménagé ; pourtant aucun ne s'éloigne de la hase dont les faveurs seront le prix de la victoire, et si dans la journée l'un d'eux faisait mine de s'avancer pour séduire la belle, le combat reprendrait aussitôt.

Mais il faut songer que le lièvre est sans armes : pour se défendre contre l'homme et les carnassiers, il n'a que la vitesse de ses jambes. Peut-il attendre ses ennemis de pied ferme et considérerait-on comme brave l'homme qui marcherait les mains vides contre une

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