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LE LIÈVRE : TRAITS EXTÉRIEURS

bête féroce ? Le lièvre use donc du seul moyen de défense que la nature lui ait donné : il s'enfuit. Mais non pas comme un animal * fou de terreur, car il ne perd pas son <>ang-froid : on sait que l'habileté émouvante avec laquelle il embrouille ses pistes fait de lui le plus difficile à chasser à courre de tous les animaux ; même lorsqu'il sent à ses trousses deux lévriers rapides comme l'éclair, îl sait encore manceuvrer avec art et, une fois pris, il tente encore de lutter par la dent et par l'ongle.

TRAITS EXTÉRIEURS N'oublions pas de le dire, car c'est d'un grand intérêt : I^ lièvre est un mammifère, de l'ordre des rongeurs, type du sous-ordre des dupliddentés, lequel se caractérise par la présence de 4 incisives dans la mâchoire supérieure, dont la paire externe est très petite et placée derrière la paire artério-médiane. 1,'émail de ces dents s'étend jusque sur leur face postérieure.

Avec les lï^ins, les lièvres forment l'espèce des leporinae, ayant des clavicules incomplètes, trois prémolaires en haut et en bas, les membres postérieurs très développés et la queue courte et recourbée vers le dos. En moyenne, leur longueur est de co.so, leur hauteur à l'épaule de C'.so, à la croupe de o^.SO.

On en compte une vingtaine d'espèces, qui peuplent l'Asie, l'Afrique, les deux Amériques, et toutes les régions tempérées de l'Europe. Chacun connaît leurs grandes oreilles mobiles, leurs yeux admirables, à fleur de tête, et le pel^e d'un gris tirant sur le roux qu'ils revêtent dans nos pays. Au reste, cette couleur varie selon les contrées et selon le sexe : le mâle ou bouquin a le derrière tout blanc, tandis que la hase a toute la croupe d'un brun fauve ; elle est aussi un peu plus grande que le mâle. 1,'intérieur de la gueule du lièvre est couvert de poils jusque sur les gencives. Ses pattes de devant sont presque trois fois plus courtes que celles de derrière, et il s'en trouve avantagé pour galoper eu

montant : c'est pourquoi on tâche autant que possible, au coursing, de donner le départ sur une légère côte,

HISTOIR E Eztrêm^nent prolifique, la race pullulerait si elle n'avait poui ennemis tout ce qui sur terre se notirrit de chair : bêtes fauves ou hommes.

La chasse au lièvre remonte, si j 'ose dire, à la plus haute antiquité, et ce malheureux animal a toujours été le gibier par excellence. Oiez les Romains, sa viande passait pour rendre beau durant sept ou neuf jours celui qui en avait mangé : qu'on juge de la consommation qu'on en devait faire 1 C'est ainsi qu'au dire de Lampridius, Alexandre Sévère ne manquait pas de s'en nouirir quotidiennement. Pline rapporte également cette croyance à la beauté que procure la viande de hèvre, non sans la traiter de légende, il est vrai; mais il ajoute qu'elle est si répandue qu'elle pourrait bien avoir quelque chose de fondé... Peut-être étaît-elte due à la ressemblance du mot Up«s, Uporis qui signifiait hèvre en latin, avec Upor, leporis qui signifiait grâce. A preuve, le dicton, calembour intraduisible en français :

Venator sequitur Itpares, rhetorque lepores.

Au moyen âge, chez nous, la chasse au lièvre ne fut pas moins répandue qu'elle ne l'avait été dans l'antiquité. Dans la Chanson de Roland, afin de détourner Charlemagne de se porter au secours de son neveu, dont il entend sonner l'olifant, le traître Ganelon s'écrie :

(Pour un seul lièvre, Roland va cornant tout un jour.)

Au xii* siècle, l'auteur de la Chanson des Saxons, Jean Bodel, dît d'un de ses personnages que <t plus il a d'ennemis que lièvre en essart [landej n. Le Roman de la Rose, au siècle suivant, assure

Good KilUr, j M. J. Boultnger.

Après le Coursing : < Le TabUau *.

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