TIENTA DANS LE CORRAL
amis et les persotmes qu'il veut honorer. Parfois même les invités du ganadero se mesurent avec le jeune animal, l'excitent de la cape et c'est l'un d'eux qui le marque du fer aux armes de la ganaderia.
LA TIENTA De pareilles léjooissances ont également Ueu pour tme autre fête qui ne laisse pas non plus d'être très suivie et qui est l'occasion de parties fort goûtées des aficionados (c'est ainsi que l'on nomme en Espagne tous ceux que la tauromachie intéresse; c'est un peu plus que des amateurs). Nous voulons parier de la tienta.
La tienta est l'essai que l'on fait des taureaux, lorsqu'ils sont devenus adultes, pour connaître de lear valeur, et décider s'ils seront taureaux de combat ou de reproduction, bœuf de labours ou de boucherie. Cette tienta a lieu à dix-huit mois ou deux ans pour les mâles, à trots ans pour les femelles.
Elle peut se faire dans le corral ou en champ libre comme on a accoutumé en Andalousie ; mais ceci est une question d'habitude, et chaque ganaderia a les siennes.
TIEMTA DANS La tienta qui se fait dans le corral est la plus LE CORRAL ^^ ^gj^^ le reste de la péninsule, mais elle permet moins de se rendre compte des qualités de l'animal et de sa combativité, en particulier. Ifi taureau ou la vache ayant été isolé dans le «>rral (sorte d'endos où sont aménagés des refuges, nommés burtaderoB, pour le directeur de la tienta et ses peones, gens à pied), le vaquero à cheval attend le choc de l'animal et le reçoit avec un coup de garrocha, ou pique : cette pique est plus petite que celles qui servent dans les corrida; elle ne blesse que superficiellement et ne pénètre pas. Les peones excitent le taureau de la cape, et suivant sa vaillance, suivant la façon dont il a supporté la pique, le majorai le déclare bon pour
i84 LES COURSES DE TAUREAUX
la course, l'abattoir ou la mutilation : Para torol ou Para buey f Les génisses qui n'ont pas fui sous le coup de garrocha sont destinées à la lepioduction.
T I E N T A lAtienia en terrain libre est dite tienta por acoso. POR ACOSO On essaie le taureau en le renversant de différentes façons, à la faiseta, en vioUn, à la main, au lazzo, par la queue.
Il s'agît d'abord d'isoler la bête qui vit dans les manadas (troupeaux). Four ce, les cavaliers entrent dans le troupeau, citent l'animal choisi, l'appellent de la voix et en brandissant la lance, ou garrocha, le font sortir de la bande. H fuit, les cavaliers le suivent au galop, l'empêchent de rejoindre le reste du troupeau. S'il tient tête, on l'évite jusqu'à ce qu'il soit à quelque distance de ses frères. . S'il s'arrête, se retourne, se précipite sur les cavaliers, il sera taureau ; s'il tourne la tête, fuit, se détourne, on le déclare bœuf.
LE PERRIBO La tienta qui consiste à jeter l'animal à terre et à éprouver sa vaillance devant la pique, c'est le derribo.
A la faiseta; consiste à attaquer le taureau sur la hanche droite et en le piquant de la garrocha à la naissance de la queue, à le jeter à terre en appuyant fortement.
A la main; c'est la même opération, mais au lieu de courir sur une l^e parallèle à l'animal, on l'attaque sur le côté gauche perpendiculairement. Si le coup est manqué, le cavalier doit redresser sa monture et piquer droit devant lui parallèlement au taureau.
De violin ; on attaque le taureau comme à la falseia, mais la lance étant placée entre le cavalier et le cou de son cheval, de sorte qu'elle repose sur les rênes, comme un ardiet sur les cordes d'un violon. C'est un coup plus difficile.
TOROS DESECHOS DE TIENTA 185
Par la queue; le cavalier, sans lance, se contente de courir assez près dn taureau qui s'enfuit, de le saisir solidement par la queue et de tirer dessus en piquant des deux.
Si le taureau chaîne le cavalier, celui-ci doit attendre le choc, et recevoir l'animal d'un coup de garrocha. Si le taureau, ma^é le coup de pique, revient sur l'homme, il est très bon. S'il revient une triMsième fois, excellent.
LE MANCQRNAR Consiste à j eter le taureau à terre en le prenant par les cornes et en opérant une torsion du cou. Le vaquero à pied saisit l'animal par la corne droite d'une main, passe son gras gauche sur le col, et de la main gauche s'empare du mufle qu'il soulève, tandis qu'il appuie de bas en haut sur la corne droite jusqu'à terrasser l'animal. C'est la vieille tradition de la TsupoxaBa'l'ia dont nous avons parlé dans un chapitre précédent.
TIENTA Lorsque le taureau a trois ans, il faut trois ou quatre AP LA2ZO hommes pour le mettre à terre par ce procédé. Dans l'Amérique du Sud, on pratique beaucoup la tîenta au lazzo. Le lazzo est une corde de 25 à 30 mètres que le cavalier fixe à l'arçon de sa selle. Quand il arrive à proximité du taureau, il lui jette le nœud coulant du lazzo sur les cornes, puis galope droit devant lui, et tandis que le taureau est maintenu de la sorte, d'autres derribadores (renverseuis) entravent ses jambes et le renversent. II faut, si le cavalier ne veut pas être désarçonné, qu'il galope droit devant le taureau une fois le lazzo j etté.
TOROS DESECHOS Ifi taureau qui fuît au premier coup de
DE TIENTA piqug gt ne répond pas à la provocation est
mauvais. On le renverse suivant un de
ces modes indiqués plus haut et après lui avoir coupé une oreille.
i86 LES COURSES PS TAUREAUX
on le réserve pour la boucherie, ou pour les novUladas. petites courses non officielles mais assee divertissantes et où prennent part les futurs toreros, trop jeanes encore ou trop peu expérimen* tés pour courir dans les grandes courses, les Corridas.
On dit de ces taureaux, destinés à la boucherie ou aux novilladas qu'ils sont a desechos de tienta >, mis de côté. Mention est faite de cette particularité sur les îiffiches des novilladas.
Les toros desechos de tienta, ce sont des taureaux de solde, si l'on peut dire.
LE TADREAD Les taureaux que la tienta révèle vigoureux
DE CODRSE gt braves sont laissés en liberté, jusqu'au jour
où ils seront destinés à la course.
LE TRAPIO Ils doivent alors présenter un ensemble de qualités particulières. Un bon taureau doit avoir le poil luisant et soyeux autant que dru, les jambes fines, sèches et nerveuses, aux articulations saillantes et souples, le pied petit et rond, les cornes longues et foncées, la queue épaisse, les oreilles mobiles. Le bon aspect, l'ensemble des qualités physiques et morales (si l'on peut dire) d'un taureau, c'est son trapio. Les amateurs le reconnaissent du premier coup d'oeil. Chaque race a le sien propre.
Les taureaux navarrais sont petits, sauteurs et fournissent de bonnes courses, mais leur taille ne les rend pas très estimés.
Les salamanquins et les castillans, plus grands, plus gras et plus beaux sont trop lourds et lâches; les portugais, bons et braves, sont irrégulîers.
Le taureau de course par excellence vient d'Andalousie. Farouche, brave, résistant, il a de belles cornes et de bonnes jambes. On verra plus loin que cette dernière qualité est des plus nécessaires.
Le taureau ne doit présenter aucune tare : ni gros, ni petit, ni
LES CABESTROS 187
boiteux, ni borgne. Les burriciegos (tauieauz qui ont un défaut dan3 la vue) sont dangereux et doivent être très so^eusement examinés et étudiés par les toreros avant la course. Les cornes ne doivent être ni trop rapprochées, ni en fonne de lyre, ni écaillées. En outre il est important que le taureau n'ait jamais été couru, sans quoi, se souvenant des feintes de l'homme, il refusera la pique, esquivera la cape et dans son duel avec l'homme ne cherchera que celui-ci et presque à coup sâr finira pai l'atteindre. D'ailleurs, dés qu'il s'aperçoit, & certains indices bien sûrs, que le taureau a déjà été couru, le torero peut refuser de le combattre et a le droit d'en demander un autre.
Il faut encore que le taureau n'ait pas moins de quatre ans ni plus de huit.
L'ENCIERRO On nomme encierro, la conduite des taureaux dans les dépendances de la plazza quelques jours avant les courses, et leur passive dans le corral.
Autrefois c'était à pied et de nuit, la veille de la course, que les taureaux quittaient la ganaderia pour gagner la ville et la plazza, sous la conduite des vaqueros, du majorai et de leurs précieux acolytes : les cabestros, les bœufs.
LBS CABESTROS Les cabestros sont des bêtes d'une intelligence admirable, parfaite, merveilleusement dressés et obéissants. Munis de larges campanules qui leur pendent au cou, ils entourent la troupe des taureaux destinés au cirque (on dît des taureaux ainsi entourés par les bœufs qu'ils sont arropados) et les empêchent de s'attarder, de se battre ou de fuir. Si quelqu'un s'échappe, sur un mot d'un vaquero, deux ou trois cabestros vont quérir le fuyard, l'entourent et le ramènent vers le gros du troupeau. Jamais les taureaux ne les frappent et jamais ils ne leur désobéissent.
i88 LES COURSES DE TAUREAUX
Le troupeau formé, escorté des vaquetos, le majorai, armé de la lance, se place à la tête, la croupe de son cheval entre les cornes du cabestro de pointe, et, au son des sonnailles, la troupe se met en marche ou du moins se mettait en marche ; car de nos jours le chemin de fer a remplacé ce pittoresque convoi que les voyageurs en Espagne rencontraient jadis, comme Théophile Gautier le fit; un beau soir de lune... L'entrée dans la ville avait lieu la nuit entre minuit et cinq heures du matin. Pourtant à Séville, Vencierro a encore lieu sur le mode traditionnel, vers deux heures après minuit, dans la nuit qui précède la course. Les taureaux ont été amenés dans les corrals situés à Tablada, non loinde la plazza. C'est de là qu'on les conduit au toril, par la route qui longe le'Guadalquivir. Les Sévillans vont en bandes joyeuses à la venta de la Vittoria, pour voir passer les combattants du lendemain. Et en les attendant on danse, les fandangos alternent avec les séguedilles, et l'on boit le manzanilla obligé.
Pareillement, à Pampelune, l'enderro se fait le matin de la course, à six heures. Toutes les rues de la ville sont barrées au moyen de poutres et de charrettes ; quinze mille personnes aux fenêtres, derrière ces barricades de fortune, assistent à l'entrée des taureaux, des cabestros et de leurs conducteurs...
La conservation des coutumes anciennes, à Pampelune et à Séville, tient à ce que ces deux plazzas n'ont pas de corral assez grand pour contenir les nombreux taureaux qui sont tués lors des grandes ferias. Ils sont donc parqués non loin de la ville, en dehors, et c'est de là qu'on les mène au toiil de la plazza, le jour de la course.
Malheureusement, partout ailleurs, l'enderro se réstmt, de nos jours, à un appardl beaucoup plus simple. On met les taureaux en tx^tes, et le chemin de fer les transporte à destination. Ces bdtes sont à la vérité de hautes caisses d'environ 2 mètres de haut sur i'»,6o de long, assez étroites pour que l'animal ne s'y puisse
L'ENCAJONAMISNTO 191
retourner, construites en bois et fortement consolidées. A l'extrémité, deux panneaux mobiles les ferment.
L'ENCAJONAMIENTO i^ jour OÙ les taureaux sont expédiés de la ganaderia, on dispose bout à bout un nombre de ces caisses égal à celui des taureaux destinés à la course ; on ouvre les deux portes de chacune d'elles de façon à leur faire former une sorte de couloir, et la porte extérieure de la dernière, seule, reste baissée. Ces caisses étant présentées à la porte du corral, un premier taureau y est conduit ; il s'engage dans ce couloir, passe par chacune des caisses et va se heurter à la porte fermée de la dernière. Un homme, placé sur la partie supérieure de cette dernière caisse, saisit le moment où le taureau vient d'y arriver pour abaisser le panneau, de sorte que le taureau s'y trouve emprisonné comme dans une ratière, et comme la caisse est fort étroite, il ne peut ni avancer, ni reculer, ni se tourner, ni se coudier. La porte extérieure de l'avant dernière caisse est baissée à son tour; un second taureau y est envoyé, la seconde porte se referme derrière lui, et ainsi de suite.
Quelquefois on procède différemment, et cela suivant la dispcâtion des locaux attenant aux ganaderias. Au lieu de mettre les caisses bout à bout, on en met une à l'issue du couloir qui sort du corral et on en ouvre les deux portes. Les taureaux sont isolés ; le premier que l'on veut 1 encajoner v est entouré par les cabestros qui le dirigent vers la sortie. L'homme placé sur le toit de la caisse laisse passer le cabestro, et lorsque le taureau s'ei^age à la suite dans la c^e, il en fait tomber vivement le premier panneau, et le second derrière lui. Une seconde caisse est disposée à la place de celle qui vient d'être enlevée, avec son contenu comu ; jusqu'au dernier taureau. Puis les caisses sont envoyées à la plazza, non plus la veille de la course, car le voy^e fatigue assez les taureaux, mais dnq ou six jours avant, de sorte qu'ils peuvent se reposer et
reprendie des forces dans le conal, avant d'être mis en présence de l'homme.
Lorsque les caisses sont arrivées, on les aligne côte à côte dans le redondel (arène), au préalable évacué. Les vaqueros les ouvrent une à une et les taureaux se trouvent dans l'arène.
Cette cérémonie du desencajonamiento est suivie de près par tous les amateurs qui viennent chercher là leurs premières impressions sur la valeur combative des taureaux. Car, dès leur délivrance, ces taureaux se précipitent contre les bettes qui ont servi à leur transport, ou bien se battent entre eux, se blessent, et aussi bien, quelquefois, se tuent.
Quand ils sont tous sortis de leurs caisses, on lâche dans l'arène les cabestros, qui se mêlent à eux, et les entraînent paisiblement par une porte ouverte à cet effet dans le cotral attenant à l'arène et où ils resteront jusqu'au jour fixé pour la course. Un vétérinaire aura visité les taureaux dans la ganaderia au moment de leur embarquement; un autre vétérinaire contrôlera, lors de l'endeno, l'état des animaux sur le certificat qui aura été établi par le premier. Ce certificat porte le nom des taureaux, leur robe, leurs signes distinctifs, et tous autres détails utiles.
L'A PART ADO OU Quatre heures au moins avant la ENCHIQUERAMIENTO course, les taureaux doivent être mis dans des box spéciaux, séparément.
Les cabestros encore une fois aident les vaqueros à séparer les fauves. Attenant au corral, se trouvent six box se commandant les uns les autres par des portes s'ouvrant et se fermant par un jeu compliqué de cordes que les vaqueros font manœuvrer, d'une galerie supérieure circulaire.
X/CS box sont éclairés par en haut. Les taureaux — ils sont six en général, — passent dans ces différents box dont les portes se referment précisément avant que le dernier d'entre eux ait pu
UENCAJONAMIENTO 193
sortir ; et ainsi de suite, jusqu'à ce que les six taureaux se trouvent chacun dans uq box, seul, d'où on le fait passer ensuite dans le toril, dans d'autres cbiqueros où ils restent dans l'obscuiité, sans manger, et d'où ils ne sortiront que pour entier dans l'arène, et combattre.
Nous les y laisserons, momentanément, pour donner quelques indications sur les ganaderias les plus célèbres, jeter un regard dans la plazza et ses dépendances, examiner le règlement des courses, et laisser à la cuadriUa le temps de se disposer pour le duel de la bête et de l'homme.
Voici, en leur résumé rapide, la liste des ganaderias les plus célèbres de ce temps-d. Nous joignons à ces indications historiques les noms de quelques taureaux qui fournirent des courses dont s'honoièreat ces élevées. C'est le livre d'or de la tauromachie. En Bspague, un bon taureau qui fut pendant vii^t minutes courageux dans l'arène, laisse une mémoire aussi éclatante que chez nous un comédien qui s'illustra vingt années sur les planches.
Ganaderia do duc de Veragua. — Divisa rouge et blanche. — Cette ganaderia, fondée en 1780 par José Vasquez, fut composée de sujets provenant de diverses races. Après avoir été la propriété du roi Ferdinand Vn, elle passa k sa mort, en 1834, aux mains des ducs de Veragua et d'Ossuna qui l'épurèrent. En 1849, le duc de Veragua, héritier direct de Christophe Colomb, en devint seul propriétaire. Son fils lui succéda en 1866, et en 1910, le fils de celui-ci recueillit cette succession qui se trouve aujourd'hui dans sou patrimoine.
Cette ganaderia est située dans la province de Madrid. Elle a fourni un nombre considérable d'excellents taureaux dont voici les noms et les œuvres de quelques-uns.
Porlita, qui tua le banderillero Caco.
Pavito, blessa, le 13 juin 1651, le matador El Cano Manuel Hiraenes, qui en mourut le 23 juin de la mtme année.
Braiio, tua Rique Miranda, le S juin 1S43.
Vento. tua le picador Curro Sevilla .
Lumbrero, causa la chute du picador Manuel Calderon, dont il mourut quelques lieures après, le 30 mai 1891, i Aranjuez.
Cachucho, qui blessa Manuel Hermonilla Jonera, le 20 aoAt 1674, i Madrid.
Toruno, qui inaugura, le 4 septembre 1874, la nouvelle plazza de cette mfime ville.
Ganaderia Espoz y Mina (Carriqoiri). Divisa rouge et verte. — Elle fut fondée le 7 juillet 1794, par un certain Lecumbene qui la vendit à Guendulaîn. Celui-ci s'associa à Carriquiri. L'association, dissoute en 1850, se reforma entre Caniquiri et le comte Espoz y Mina qui racheta la part de son associé en 1883 et resta seul m^tre jusqu'à sa mort. Ses héritiers la conservèrent jusqu'en 1909, date à laquelle l'acquit son propriétaire actuel, M. Cobaleda. Province de Salamanque.
Tadiibauz ciLBBRBS. — Lunon, tua le banderillero Mateo Lopez, à Vittoria, le 23 août 1883.
Elégante, qui prit 31 piques à Tudela, le 8 septembre 1883.
Clavero, qui obtint grâce de sa vie, pour son courage, à Saragosse, le 14 octobre 1860.
Ganaderia de dona Prudbncia Bantteixis. Divisa bleu turquoise. De CoImenarViego, province de Madrid. — Elle fut fondée dans le dernier tiers du xvn^ aécle par Don José Kodriguez, dans la famille duquel elle resta jusqu'en 1896, époque où elle passa, par suite d'un mariage, à sa propriétaire actuelle, Dona Prudenda Banuelos.
Taurkaux ciLÈBKis. — Pantalones, tua Tafficionado Antonio Oliva, le 39 avril 1835. à Madrid.
Liebro, qui combattit, en 1S65, l'éléphant Pozanno, l'attaqua sept fois et le blessa â la trompe.
Ganadbkia dbVicbntb Mabtinez. Divisa violette. De Colmenar (province de Madrid). — C'est JuUan de Puentes qui la créa, à la fin
du xvm« siècle. Son fils ^né, Juan José, la vendit en 1852 à Don Vicente Martinez. En 1894, elle passa aux mains de ses gendies Don Juan Fallo Femandez et Don Luis Guttieiez. Ce dernier en testa seul propiiétaiie et alimenta beaucoup la valeur de cet éle-
Taureaux. — Peregrino, blessa l'espada Antonio SaDchez (El Tato) à la jambe droite et l'obligea i prendre sa retraite, le 7 juin 1S69.
Charro, qui s'échappa de la cage dans laquelle od le transportait, à Madrid, l'an 1877, et parcourut plusieurs rues, où il blessa 6 personnes, en renversa d'autres et fut enfin tué à coups de fusil, rue Bailen, par le concierge du ministère de la Marine, don Francisco Plaquer.
Ganaderia Makxiel et José Garcia. Divisa rouge et blanche, de Colmenar Vi^o (province de Madrid). — Fondée au xvm* siècle elle paraissait déjà à Madrid sous le nom de son premier propriétaire, Don Manuel Aléas, en 1787.
A sa mort en i86o,|il la légua à Don Manuel Garcia Fuente y Ropez et à sa femme. Divisée en deux, une part revient à Don Manuel et à Don Francisco, ses fils ; l'autre à ses filles, Dona Carmen, Dona Antonia, Dona Manuela.
Taukbauz ciLiBRES. — Rodondo, blessa gravement le matador El Lavi, Â Vittoria en 185a, Ballestero, blessa grièvement au cou Mariano Anton, en 1864.
GaNADBRU DE LA VEUVE BT DES FILS DB DON FrUTUOSOFuïRBS. Divisa orange, de Penascosa, province de l'Albacete. — Date du commencement du XES* siècle. Fondée par Don Gil Flores. Le premier taureau de cette ganaderia fut combattu à Madrid en 1815, dans une course où combattirent Carro Guillen, £1 Casellano et Sentinsientos.
Taurïaux. — Barallos et Cachorro, combattus à Vînaroi, où ils tuèrent tant de chevaux que l'impresaiio dut en acheter de nouveaux pour que la corrida pût continuer.
Peregrino, qui, à Jumiila, prit 31 piques et tua 11 chevaux.
Marinaqut, qui, à Valence, attaqua vingt fois le picador.
ogic
Gan-asbkia de don Juuo Lafpite. Divisa blanche et verte, de Séville. — Elle fut fondée à la fin dn xvin« siècle par Don Antonio Lizaso avec des produits navarrais. Au début du xix* siècle. Don Antonio s'associa avec Guendulain, mais l' association dura peu de temps, chacun des associés s'adjugea la part qui lui correspondait et ils se séparèrent.
En 1831 une nonvelle société se fonda entre Don Antonio Lizaso et Ferez Laborda. Elle fut dissoute en 1839. Depuis cette date l'élevage est resté dans la famille Lizaso jusqu'en 1908. Elle est passée alors avec tous ses droits au propriétaire actuel. Don Julio Laffite.
On dit que c'est après la mort de l'espada Manuel Perra, tué par un toro de cette ganaderia, en 1826, que le roi Ferdinand VII fonda l'école de Séville et en édicta le règlement.
Ganaderia db Félix Gomez. Divisa bleue et blanche, de Colmenar Viego. — Elle date de 1829 et fut fondée par Don Elias Gomez, à la demande de son fils Don Felîx, grand amateur de spectacles taurins. Dès 1831, elle fit son apparition à Madrid. A force de soins Don Alias parvint à élever des taureaux qui, pour leur valeur, furent recherchés par tous les imprésarios importants de la péninsule. En 1859, à Valence, dans la seconde corrida de la Feria, ils envoyèrent à l'infirmerie tous les picadors, et il fut nécessaire de télégraphier à ceux qui venaient de travailler à Alicante, pour que la course continuât.
Avant sa mort. Don Alias légua sa ganaderia à ses enfants. Don Félix et Don Alphonse. Par suite d'héritî^es elle est passée à son propriétaire actuel. Don Félix.
Ganaderia Arribas Herhanos. Divisa rouge et noire, de Séville. — Fondée au début du zix» siècle par Don Joachim Giraldez, elle débuta à Madrid en 1840. Après avoir changé plusieurs fois de
■,:,CoOc^lc
propriétaire, elle tomba aux mains du général Rosas qui la vendit aux frères Ârriba, întell^ents aficionados sévillans.
Ganadbkia db la vbuvb de don Anastasio Maktin. Divisa verte et rouge, de Séville. — Fondée en 1844 par Anastasio Martin, ^e débuta à Madrid en 1644. Elle a passé à sa veuve, à son fils et aujourd'hui est la propriété de la veuve de ce dernier, mort en 1907. C'est une des ganaderias les plus goûtées du public de Séville, où presque chaque année elle figure au prc^ramme des corridas.
Tauibaux. — Caramelo, qui, à Madrid, le i; août 1847, fut mis en présence d'un lion et d'un tigre. Il les vainquit. Rentré au toril, il fut couru quelques mois apris. Mais le public demanda et obtint sa grâce. On se contenta de le faire caper par les matadors seuls.
Medialuna, qui blessa mortellement le picador Carlos Puerto 1 Puerta- Santa-Maria.
Ganadbkiaz>v habquis db Saltiux). Divisa Hanche et bleu de ciel, de Séville. — Elle provient de l'élevage du comte de Vistahermosa, divisée à la mort de ce dernier. Une part acquise et améliorée par Don Pedro José Ficanea de Lesaca fournit en 1849 des taureaux à Madrid et fut vendue en 1850 au marquis de Saltillo. Celui-ci, à force de soins et d'intelligence, en fit une ganaderia de premier ordre. Â sa mort elle passa à sa veuve et à son fils qui en est le propriétaire actuel.
Ses taureaux, de taille moyenne, sont braves et de très belle allure.
Taurbauz. — Cocinero, prit 15 piques à Séville. Jvmtro, 31 piques à Grenade.
Pulito et Pramito, en prirent 31 et 19 Â Barcelone et Castillo, ij (à Cadix.
Ganaderia Pabw Bbnjumea. Divisa noire, de Séville. — Cette ganaderia, formée avec des produits de l'élevage de Don Vicente
José Vaquez, ne tarda pas à biillei au premier rang et parut à Madrid pour la première fois en 1848.
A la mort de Pablo Benjumea, elle devint la propriété de sa veuve et de sou fils. Une partie en a été vendue à José Bermudea Reina tandis que les fils de Benjumea exploitaient le reste en société avec Don JoseTorresDiez.LasodétéfutdissouteeniSTÔ.etlâganaderia passa aux mains de Don Diego et Don Pablo Benjumea, comme du reste la partie qu'avait acquise Don José Bermudea Reina. Les animaux ressemblent beaucoup à ceux de Veragua dont ils ont la même origine.
Tadrbauz célbbrbs. — Senorito, qui, le 11 mai, A Madrid, lutta contre un tigre et le tua.
GAKAi>BRiADBDONBDOUA£i>oMiDRA.Z>f»siiv«r/«d noire, à Madrid; rouge et noire, aHMevas; de Séville. — C'est une des plus illustres ganaderias de la péninsule. EUe fournit le plus grand nombre de taureaux tués chaque année en Espagne et elle les vend cher. H su£5t d'annoncer que des taureaux de Miura seront combattus pour que le public, certain d'assister à quelque sanglant épisode, emporte d'assaut les bureaux de location. Quant aux toreros, ils se sont syndiqués, depuis quelques années, pour demander d'être payés le double quand ils auraient à combattre des toros de cet élevage. Ceci fait que chaque fois qu'il organise une corrida, l'imprésario est sûr d'un bon résultat finaoder.le public accourant en masse, avide d'émotion. Pour ce qui est de l'origine de cette ganaderia, elle fut fondée en 1S4S par Don Juan Miura. Dès 1849, elle paraissait à Madrid. Son propriétaire ne cessa de l'augmenter par des achats de génisses et de veaux aux autres éleveurs; il réunissait 12.000 têtes de bétail en 1850. A la mort de Juan, la gaoaderia passa à sa veuve et à son fils Edouardo, le propriétaire actuel. Les taureaux c^èbres de cette ganaderia sont nombreux : Jocinero, qui, le 1"' avril 1863, tua, à Madrid, le fameux matador Fepete.
loo LES COURSES DE TAUREAUX
Ckocero, tua, i Madrid, le 13 mai 1875, le banderillero EIudo.
Perdrigon, tua l'espada Ecipartero, matador des plus populaires, le 37 mai 1894, â Madrid.
Désert or, qui tua, à Barcelone, le ao octobre 1900, le matador Dominguin.
Aguj'eto, causa la mort du DoviUero Faustino Porodag, en plazza de Sacïlunea de Barrameda, le 18 août 1907.
Bonito, qui bleaaa pavement 3 matadors, Juan Ruitz, Lagartijo et Felipe
Primerose, qui, le mâme jour, daos la même plazza, blessa Frascuelo,
Ganaderia DBS PUS DE LA CONCHA. Divisa bleu de ciel et rose, de Séville. — Fondée par Joadùm de la Concha Sierra, qui, après différents essais, l'augmenta des produits de l'élevage fameux de I,esaca. Elle envoya ses premiers taureaux à Madrid, le 7 septembre 1850. Dom Joachim étant mort en 1861, l'élevage passa à son neveu Ferez de la Concha. Aujourd'hui ce sont les fils qui en sont propriétaires.
Taurkavx célèbres. — Sarrasueeia, A qui on laissa la vie, pour sa bravoure, à Cadii, en 1844.
Almendito, combattu i Alméria, en 1876, et qui prit 45 piques avec bravoure.
Trespieon, qui, à Séville, en 1846, tua 10 chevaux, parce qu'il a'y en avait pas plus, et envoya 9 picadors à l'infirmerie,
Barrabas, combattu, en 1857, i Puerta Santa-Maria, blessa Manuel Dorainguez, lui traversa la figure et lui creva l'œil droit.
Ganadekia Luis Babza (Avant I^pezNavarro), de Madrid. — Fondée en 1860. Un an après, le marquis la vendit en partie à Don Manuel Femandez, et le reste au fameux torero Cuchares. Celui-ci, estimant que la carrière de torero était incompatible avec celle de ganadero, revendit sa ganaderia à Don Mauricio Rosendo qui plus tard la céda à Don Carlos !Lopez Navarro. Â la mort de Don Carlos, elle passa aux mains de sa veuve, en 1885, et fut achetée ensuite par les frères Mario et Manuel Herrero, riches propriétaires de Valladolid. Bon Baeza l'acquit en 1909.
Taurbaux ciLBBRBs. — Orani^o, qui, en 1S84. A Madrid, dans une novillade, sauta vingt fois la barrière.
LUton, qui fournit i Guerrita l'occasion d'un de ses plus beaux triomphes.
Herbolario, qui sauta dans le public, en i885,à Vittoria, et, ayant rëussid. sortir de la plazza, fut tué par les gendarmes dans la. Tille.
Ganaderia dona Mercedes et dona Clémente Heenandez. Divisa rouge, dans la province de Satagosse. — Fondée par Don Lesero MuriUo. Vendue en 1864 à Don Gregorio Ripamîlan, elle parut à Madrid en 1865, passa en 1882 à Don Victoriano, et est aujourd'hui aux mains de Dona Mercedes et de Dona Qémente Hemandez.
Ta0RBaux. — Cackurro, tua le matador Juan Gomez de Lesaca, à Guadatquivir, en 1896.
Cornisario, sauta dans le public, à Barcelone, et fut tué par un gen-
Estornino, prit 30 piques, à Guadalquivir, en 1851.
Ganadbria don kvQVSfSTS'Pui'Ksa.Divisa blanche, bleue et rouge, province d'Albacete. — Fondée en 1830 par Don Augustin Flores, grand-père du propriétaire actuel, elle parut à Madrid en 1863.
Tadkeatix. — Peregrino, qui prit, à Jumilla, 30 piques, tua 6 chevaux, pénétra dans les écuries et envoya 3 picadors à l'infirmerie.
Ganadbria du marquis de Guadai,EST (avant Camara). Divisa blanche et noire. — Fondée par Don Diego Hidalgo Barquero, chanoine de la cathédrale de SéviUe. Elle fut achetée en 1885, par Don Juan de la Camara, et acquise depuis peu par le marquis de Guadalest.
TAnnxAuz. — Baratero, qui, après avoir été combattu et tué à Madrid, fut naturalisé et envoyé Â l'exposition de Paris.
Veteto, en 185a, i" prix du concours du meilleur élevage.
Agule/o, Vistahermosa, Lochinilo, auxquels il fut fait remise d^ la vie, pour leur bravoure.
En 1865, on donna à Séville tme corrida de 6 noviUos de quatre
ans, de cette ganaderia. Us prirent 82 piques, occasionnèrent 30 chutes et lai^rent 28 dievauz décousus dans l'arène.
Ganasbbia de Santa Cou>ka. Divisa turquoise et jaune, de Madrid. — ' Une des meilleures ganaderias de ce temps. Créée en 1885. Le comte de Santa Coloma, amateur éclairé des courses, est un éleveur de grand mérite.
Taureaux. — RosaJilo, tua le banderillero Labito, à San Fernande;, en 18*3.
Alcucillo, combattu à Valence, en 1891. Après s'être comporté bravement pendant le premier tercio, il sauta la barrière après la pose des premières banderilles, s'acharna contre la porte des chevaux, la démolit, pénétra dans les écuries, y tua i cheval et fut enfin ramené par les cabestros dans l'arène, où il fut estoquè par Mazzandni.
Autres ganaderias célèbres. — Nous ne pouvons développer à l'infini l'historique des ganaderias. Contentons-nous de citer encore les célèbres élevages de Femandex Pena, de Guiderez Aguara, de Pablo Romero, Don Ildephonso Gomex, Don José Pereira Palka Blanco Raphaël Jurge, Don Juan Manuel SancHez, Don Juan Gonzales Nandin, Don José Moreno SatUa-Maria, Don Edouardo Olea, Hakon, PoHnio, Antonia Guerra, Pelaes, Gama, Albaran, Comte de Trespaiacios, Lopex Quiyamo, Félix Vrcola, Villagodio, Fernando Parlade.
Ces trois dernières sont les plus récentes ; la plus ancienne a été fondée en 1903.
QuEi,QUBS TAUREAUX CALIBRES. — Citons encore les noms de quelques taureaux qui se distinguèrent partîcaUèrement :
Btnito, qui, â Luchon, le 6 août 1899, reçut 5 coups d'épée, se releva cinq fois pour combattre furieusement et ne tomba, pour ne plus se relever, qu'au 6* coup.
Cautanero, qui, A Puerto Sania-Maria, éventra 11 chevaux, en tua 9, reçut 3a piques et fut gracié de la vie.
Guintadaneto, qui blessa trois fois de suite Frascuelo, le 15 avril 1875.
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Guilîito, qui manqua, d« peu, tuer Reverte, 1 Bayonne, le 3 septembre 1899.
Labrador, qui, à Cadix, lutta contre un lion, en 1899. Cinq fois le lion revint à la charge et cinq fois le taureau le repoussa. Le lion finit par ttre écrasé. On le sortit plus mort que vif, et fort honteux, de la cage où avait eu lieu le combat.
Mariaimno, qui prit 50 piques et tua 6 chevaux.
Valeneiano, tua le banderillero El Fablo, A. Uadrid, en 1880.
Meurio, tua le banderillero Lagartijillo, en avril 1909.
Paparito, à Malaga, ne permit pas à un seul picador de le toucher, mais les lança, hommes et cheval, tous, dans le caltejon, par-dessus la barrière. On ne put lui placer qu'une seule banderille, et Montes dut, pour le tuer, l'aborder par derriËre et le déptcher à la média vuelta.