‹ Animaux de sport, lévries-taureaux-coqsChapitre 58 sur 118 · LES GRADINS · texte numérisé non relu

LES GRADINS

LE PASILLO Ce couloir que l'on appelle pasiUo ou caUejon a environ 2 mètres de large. C'est là que les combattants et les valets de cirque se tiennent en attendant leur tour d'entrer dans le redondel, et que, le cas échéant, ils se réfugient. La seconde barrière est adossée aux gradins. Plusieurs portes s'ouvrent dans les tablas et conduisent au toril -^ celle-là, par où va sortir le taureau, se trouve juste en face de la 1(^ présidentielle — aux écuries, au matadero, où sont écorchés les taureaux et les chevaux morts. Suivant la plazza, suivant son importance, il 7 a deux, trois, quatre portes pour faire communiquer le redondel et les coulisses. Il faut qu'il y en ait au moins deux : une pour la sortie du toril, et une pour l'entrée de la cuadhlla.

Les portes ménagées dans les tablas intérieures s'ouvrent du côté du pasillo, de façon à le fermer de chaque côté, à former un couloir entre le toril et l'arène et à empêcher le taureau de pénétrer dans le couloir, lorsqu'on lui ouvre la porte de son chiqiterro. Ces portes pennetteDt en outre aux chulos de faire rentrer le taureau dans le redondel, si, comme il arrive assez souvent, il avait d'un bond franchi les premières tablas et se trouvait enfermé dans le caUejon. lorsque la piste est très grande, la barrière présente de place en place des ouvertures assez minces, mais propres à laisser passer l'homme qui, poursuivi, n'aurait pas le temps de franchir la barrière. Un abri de planches, burladero, en avant de celle-ci, de 60 ou 80 centimètres, empêche le taureau de s'engager, à la suite de l'homme, dans le pasillo.

LES ORADlMS Au-dessus de la première barrière s'élèvent les gradins — de pierre ou de bois, suivant les lieux ; les arènes de construction récente sont de pierre.

Ces gradins, où s'asseoit le public, sont divisés en trois parties. La première comprend les places de la barrera ; viennent ensuite les places de miUeu, ou de Undido, et i^tablondUos (places adossées) ;

-.vCooc^lc

io6 LES COURSES^ DE TAUREAUX •

enfin en troisième, les grados cubietios (gradins couverts)', de premier rai^ (detantera), de centre (ceniro) et adossés (tabioncilios}. Au-dessus de ces demieis se dresse une galerie circulaire où sont les It^es Ipolcos) ; la 1(^ royale est au milieu, et la loge présidentielle à sa droite.

On distille aussi trois divisions dans la plazza, suivant que les places sont au soleil ou à l'ombre.

Sombra. — Le côté sombra est réservé aux places les plus chères. 'l^es spectateurs y restent à l'ombre durant toute la durée de la course.

Sot y sombra. — Les places sont exposées au soleil au commencement de la course et rentrent dans l'ombre à mesure que le jour décroît.

Sol. — Places populaires et baignées de soleil toute la journée : ce sont les places les moins chères, mais non celles où le public fait le moins de bruit.

Qiaque place est numérotée, de sorte que, les billets portant les numéros correspondants, aucune erreur n'est possible et les milUeis de spectateurs trouvent ainsi chacun la place à laquelle il a droit, sans la moindre difficulté, et sans le plus petit ennui.

II y a en Espagne 84 plazzas de toros, dont la plus petite peut contenir trois mille spectateurs. Barcelone, Logrôno, Salamanque ont des arènes où dix mille personnes peuvent aisément prendre place. A Cadix, Oviedo, Pampelune, onze mille ; à Malaxa, Madrid, Puerto Santa-Maria, Séville, Grenade, douze mille. Les arènes de Valence sont disposées de façon à en recevoir, au besoin, dix-sept mille. I^es plus grandes, celle de Murcie peuvent en contenir dix-huit mille.

Les plazzas appartiennent généralement aux hôpitaux, qui les louent aux impresanos.

LES DÉPEHDAHCE8 La plazza contient des dépendances

importantes. C'est d'abord le corral, les

chiquerros, où sont parqués les taureaux; des écuries, des

LUS COURSKS DH TAURKAUX

. liomhita ]. Machaquito

. Gaona 4. Vicenle l'astor

i.niP,..i-,:,C00glc

nu^asins d'accessoires ; une cour où ont lieu les eBsais des che* vaux ; une chapelle où les toreros, avant la couise, ne manquent pas d'aller s'agenouiller devant l'image de la Vierge ; enfin une infirmerie malheureusement quelquefois insufiSsante pour les accidents, et une boucherie ou tnaiadoro, où sont dépecés après la course les taureaux morts.

LE RÈGLEMENT l^es courses n'ont pas heu en tout temps, DES COURSES ^gis seulement de Pâques à la Toussaint. Elles sont organisées comme des représentations théâtrales, et soumises à l'observation r^oureuse de minutieuses fonnahtés. I^e programme en est d'abord proposé au gouverneur civil de la province ou, à son défaut, à l'alcade (le maire de la ville) . Les afSches posées, rien n'y peut être modifié.

Deux jours avant la course, une commission composée de deux fonctionnaires de la municipalité et de deux vétérinaires visite le bétail. Les taureaux qui présentent des tares, n'ont pas l'âge suffisaut, ou pour une raison ou pour une autre ne se trouvent pas dans les conditions requises, sont refusés. Dans la prévision d'un accident, un taureau supplémentaire est toujours mis en réserve.

La comjnission fait ensuite son rapport au président de la course, (le gouverneur civil de la province, ou l'alcade ou quelque personnage important de la contrée), indique le nombre de taureaux qui seront combattus, les ganaderias auxquelles ils appartiennent, etc..

La veille de la course, la même commission vient examiner les montures destinées aux picadors. Comme il faut compter cinq chevaux pour un taureau, si la course comprend six taureaux il doit y avoir trente chevaux au moins; si la course est de huit taureaux, quarante chevaux. Les chevaux acceptés pour la couine sont marqués d'un fer sur la cuisse. S'ils sont trop mauvais ou hors d'usage, la commission les refuse, et l'imprésario, entrepreneur de la course, les doit remplacer. D'ailleurs, le matin de la course, les

picadors vont essayer les chevaux, les font trottei, galoper, s'arrêter, etc. Cest la prueba. Les picadors peuvent refuser les montures qui leur paraissent trop insuffisantes.

L'imprésario doit présenter à la commission 50 paires de banderilles à harpons, 20 paires de banderilles à feu, 2 demi-lunes (lances munies d'un couperet tranchant en forme de demi-ltme) et 12 garrochas. Ces accessoires sont déposés dans un local affecté particulièrement à cet effet, et sont contrôlés à nouveau avant la course. L'entrepreneur est également tenu d'avoir douze molosses dans le chenil de la plazza. Ils serviront au besoin (mais cette coutume tend de plus en plus à disparaître) pour lutter contre le taureau s'il se montre lâche et rrfuse de recevoir au moins les trois coups de vara réglementaires suivant les us^es de la plazza. I^es chiens sont aujourd'hui remplacés par les banderilles de feu ; et si elles ne sufi&sent pas à rendre quelque énergie au taureau, celui-ci est ramené au corral par les cabestros et il est mis à mort de la main du boucher.

LES BILLETS Les billets pour la course sont tous payants et portent le timbre de la municipalité. Le trafic en est interdit, mais en réaUté il existe couramment, et pour les grandes « ferias » les prix atteignent quelquefois le triple de celui qui était affiché.

Les affiches annonçant les courses indiquent le jour, l'heure, la présidence, le nombre des taureaux qui seront combattus, leurs ganadetias, leurs divisas, les noms des combattants, l'heure de Vapartado et l'heure à laquelle on ouvrira les portes de la plazza. Elles portent, en outre, un avis au pubUc conçu à peu près en ces termes:

On prévient le pubUc par ordre de l'autorité :

■ ■> Qu'il est défendu aux spectateurs de s'injurier d'une place à l'autre, de critiquer ou de tourner en ridicule qui que ce soit à cause de son costume

Page 1