LA PRESIDENCE
et d'interpeller un des spectateurs pour l'obliger A Ater ou â remettre une partie quelconque de son vêtement.
a" Qu'on ne doit jeter dans le cirque ni oranges, ni écorces, ni pierres, ni bâtons, ni tout autre objet qui pourrajent nuire aux combattants.
3° Que personne, excepté les ouvriers portant leur sif^ne distinctif, ne peut rester entre les deux barrières ni descendre des gradins avant l'enlèvement du dernier taureau tuâ.
4° Que dans chaque loge il ne doit entrer que lo personnes, de crainte d'accidents.
5° Au lieu de chiens, on se servira de banderilles de feu ou vice versa.
b" Qu'on ne combattra que le nombre de taureaux porté au programme.
7° Qu'au cas OÙ les picadors annoncés et les picadors de réserve seraient mis hors de combat, il est interdît d'en réclamer d'autres.
LA PRÉSIDENCE C'est, nous l'avons dit, au gouverneur civil de la province ou, à son défaut, à l'alcade qu'est dévolu le soin de présiderla course, à moins qu'on ne tienne à honorer quelque personnage de marque, en le priant de s'asseoir dans la ](^e présidentielle et de faire office de président.
A l'heuie indiquée par les affiches, le président fait son entrée. Dans un pays où tout est en retard, la seule chose qui vienne à l'heure fixée, c'est la course. Rien au monde ne ferait qu'elle soit différée de cinq minutes.
Le soin qui incombe au président est déUcat. Il a la direction générale de la course, commande l'ouverture des portes, l'entrée de la cuadrilla, les différentes suertes, le jeu des picadors, des banderilles et décide du moment de la mort. Au moyen d'un mouchoir blanc qu'il a^te, il transmet ses ordres. Le mouchoir est rouge quand il s'agit de suertes extraordinaires, et vert pour la rentrée du taureau au corral.
C'est de lui que dépend encore la pose des banderilles de feu, la rentrée au toril du taureau trop faible ou peureux, l'emploi des molosses, le nombre des piques et des banderilles. Il a de plus un pouvoir disciplinaire contre tous, prononce les avertissements infligés au matador qui dépasse le temps fixé pour estoquer le
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taureau ; eo un mot il dirig;e et préâde la course, et est seul jt^e des dédsioQS à prendre.
Il faut avouer que le public esp^[iiol ne lui marque pas toujours une déférence exemplaire. Beaucoup de ses décisions sont l'objet de véhémentes critiques de la part des spectateurs qui ne se retiennent en rien pour réclamer contre lui et parfois aller jusqu'à lui crier : Al fuego el présidente! (au feu le président), ce qui ne laisse pas d'être comique et inconvenant.
LE PUBLIC Nous aurions tort de passer sous silence un des acteurs du drame tauromachique, et qui, pour n'y tenir qu'un rôle passif, n'est pas le moins curieux. Nous voulons parler du public.
Ce qui fait et fera toujours, en France, l'insuccès assuré des courses de taureaux, c'est que notre public est froid jusqu'en ses enthousiasmes. En Espagne, les lo.ooo spectateurs d'une course sont autant d'afidonados passionnés et renseignés. Deux heures avant la course, les portes de la plazza sont ouvertes, et le public commence à s'y presser et à gagner ses places. A l'heure fixée poux la corrida, il y a peu de retardataires et chacun est assis sur son gradin, du plus pauvre des citoyens jusqu'au plus riche, jusqu'au plus magnifique des grands d'Espagne. Pour celui-ci, te spectacle ne perd rien à être populaire ; pour celui-là, U n'est pas de privation qu'il ne supporte pour assister à son divertissement favori.
C'est un beau spectacle qu'une plazza bien garnie. En attendant le moment où le président fera son entrée, c'est un vaste et confus bourdonnement, analogue à celui des ruches, qui gronde, roule, monte vers le del, de toute la plazza entière. Cris de spectateiirs qui s'interpellent, pronostics, souvenirs, critiques, louat^es, saints, compliments, récriminations ; cris des vendeurs de coussins, des détaillants de limonades et d'oranges (les naranjeros), des chubas (marchands d'eau) et des marchands d'éventails.