A PANAMA
semblable pari. Le couteau est employé au lieu de l'épeion et les longs combats sont raies : un bon coq tueia son adversaire en peu de temps, et un combat rapide est nécessaire poui qu'un oiseau ait du succès. Le combat des coqs ne se fait pas d'après le poids, mais d'après la taille et l'apparence du sujet. La règle du combat est que, dès qu'un oiseau a volé une fois, le propriétaire n'a plus le droit de le toucher jusqu'à la proclamation du vainqueur. L'un des adversaires est vite tué, mais si les deux oiseaux s'abattent à terre sans plus pouvoir se battre, le combat peut durer une demi-heure. Malgré l'horreur de la scène, l'ordre règne au milieu de la joie générale et les différends entre parieurs sont très rares, n
A PANAMA Les combats de coqs étaient et sont encore fort en hoimeur dans l'isthme. A la vérité les coqs n'y sont pas soumis à un entraînement régulier et -analogue à celui qu'ils subissent dans nos pays. On signale seulement quelques particularités curieuses et dignes d'être rapportées.
Ainsi les coqs sont-ils d'abord complètement uus — j'entends déplumés. Ils ont le cou, la tête, le dos et le ventre entièrement dégarnis de plumes. On ne leur laisse que la queue, les ailes et autour du col une sorte de collerette en forme de fraise. Afin de fortifier ces volatiles singuliers et de leur faire une peau résistante, on enduit d'huile et d'alcool, alternativement, leurs parties dénudées ; après quoi on les expose au soleil, depuis l'aube jusqu'à midi. La peau, rouge et douloureuse, devient peu à peu insensible et d'une coriacité parfaite. Ce n'est point tout. On entretient le caractère hargneux des coqs en les attachant chacun par une patte à un piquet planté en terre. Et la corde qui les retient est calculée, quant à sa longueur, de telle sorte que les deux animaux ne se puissent toucher que du bec. Ils restent ainsi tout ua jour, les plumes hérissées, le bec en arrêt, les ailes frémissantes.
Ces coqs ne voient jamais de poules.
EH E8PAQNE Les combats de coqs sont en E^agne, c»mme presque partout, en grande faveur. Mais ta lutte prend là un aspect plus sauvi^e à cause de sa durée mêm«. Dans nos pays du Nord, les combattants sont îirmés sur l'ei^ot d'un long éperon qui rend les blessures plus efficaces et la bataille généralement très courte. Chez nos voisins du Midi, au contraire, les coqs n'ont que les armes que la nature leur a données, et leui lutte ressemble plus (si j'ose dire) à celle de deux commères qui se crêpent le ch^on qu'à celle de deux spadassins armés.
Nulle règle bien précise n'est en vigueur. Appariés au petit bonheur et par le sort, les adversaires sont placés sur une petite arène de forme ronde, entourée d'un grillage et dont le sol est couvert d'une natte. Tout autour, des gradins pour les spectateurs. Une cloche annonce le commencement du combat. Alors le silence se fait et les propriétaires se présentent avec leurs oiseaux. Tirés au sort, ceux-ci combattront selon que la destinée en décidera.
Leurs ergots étant enduits de jus de citron, on les place dans l'arène ; on les excite un moment ; puis la porte du ring est refermée et le combat commence.
Aussitôt les paris s'eng^ent. Les deux animaux se jettent l'un sur l'autre, cherchant à se donner des coups mortels, mais sanï> réussir avant longtemps à se faire, de leurs ei^ots impuissants, que des blessures cuisantes. Parfois ils tombent tous deux épuisés : on attend... Si la lutte se prolot^e trop, on place les deux coqs dans quelque pièdb, où l'on ira voir de temps en temps si l'un d'eux n'a pas pris un avant^e décisif, cependant qu'une nouvelle paire combat dans l'arène.
Lorsqu'un des coqs est vainqueur, on lave ses blessures et on lui enfonce dans le gosier une plume imbibée de vina^e pour le ravigorer. Et parfois des rixes éclatent entre les parieurs, énervés par la longue attente du résultat.
Ces combats ne sauraient se comparer aux luttes plus sportives