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EN FRANCE

Alors commençait le combat... Quand les deux coqs demeuraient sur le flanc, vivant encore, on comptait jusqu'à dix : si l'un d'eux se remettait debout, il était vainqueur ; sj tous deux demeuraient à terre, leurs propriétaires les posaient bec à bec dans le plus petit cercle, et la victoire appartenait à celui qui tentait encore de becqueter son ennemi. Enfin, quand un coq prenait la fuite devant l'autre par deux fois, il était considéré comme perdant.

Parfois les enjeux de ces combats étalent fort élevés, et les tournois importants, annoncés à grand fracas dans les gazettes, attiraient un public considérable.

EN FRANCE Si c'est en Angleterre que les combats de coqs étaient, à ce qu'il semble, le mieux organisés, ils n'en existaient pas moins dans les autes pays, et ils n'y suscitaient pas moins de passion, comme nous le verrons plus loin. Mais, en France même, ils étaient appréciés comme ils le sont encore.

« Je suis fâché de vous dire que ces combats, loin de déplaire à tous les Français, font l'amusement de plusieurs villages en Provence, en Picardie, et peut-être aussi en d'autres provinces, écrivait en 1818 le sieur Depping déjà dté, Nieppe, sur la frontière des Pays-Bas, a une sorte de réputation en ce genre. Il s'y livre des combats auxquels les spectateurs attachent autant d'importance que beaucoup d'Anglais s... Qu'aurait-il dit, le pauvre homme, s'il avait pu voir de nos jours les combats de coqs plus florissants dans nos provinces du Nord que jamais ?

C'est, il est vrai, un sport très populeux, qui a pour théâtre le plus souvent quelque cour d'estaminet et pour public des ouvriers. On a tenté de l'importer à Paris dès 1828 et 1829 : des combats furent livrés à cette époque au Bois de Boul<^e et dans on hôtel du faubourg Saint-Honoré. Il est probable que d'autres essais ont été faits depuis. A Chantilly, vtnci une quinzaine d'années les coqs de combat furent à la mode, et ils n'ont pas tout à fait cessé de

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l'êtie. D'autre part, il dous a été donné d'assistei à des duels de coqs dans un milieu parisien très él^ant et très sportif, il n'y a pas longtemps. Mais ce n'en est pas moins le public populaire qui fréquente les a coquodromes » de nos pays du Nord. Comment, et avec quel soin, le sport s'y trouve organisé, c'est ce que l'on verra tout à l'heure.

AU» PHILIPPINES M. Sviten, riche agriculteur brabançon, qui possède un remarquable poulailler composé de combattants, et qui a vu des combats de coqs aux Philippines, en rapporte les impressions suivantes :

« J'ai vu des com.bats aux Philippines ; c'est le sport universel et les classes riches et pauvres s'y intéressent avec la même ardeur. Oiaque dimanche les arènes sont ouvertes et envahies par la foule : on y donne jusqu'à soizaute-diz combats par jour, et le Phihppin parie jusqu'à son dernier centime. W-bas il n'y a pas d'éleveurs de races pures ; on ne se préoccupe pas de la sélection. On ne juge pas l'oiseau d'après son élevée, on ne se préoccupe que des signes qui consistent en certaines dispositions des écailles sur les jambes et les pieds. I^e Philippin choisit dans les jeimes coqs ceux qu'il considère comme les meilleurs, et il les attache dans sa maison, dans la cuisine ou la salle à manger. Quand il va se promener, on peut le voir avec l'un d'eux sous le bras. Il les renferme une fois par semaine, sans nourriture. Il leur donne à manger dans la soirée : du riz et du blé. Aucun coq de combat n'est admis à courir avec les poules, quand il a été trié.

« L'arène est une construction en bambou, ouverte sur le côté, pour donner de la lumière. Autour sont rangés les sièges. Personne, en dehors de l'arbitre, des deux propriétaires et de deux hommes appelés K casadorès n n'est admis dans l'enceinte. Le rôle de ces « casadorès » est de recueillir les paris. Le combat commencé, on ne peut plus parier. Il est rare qu'une dispute se produise dans un

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