‹ AnkylostomatoseChapitre 14 sur 46 · MATIÈRE MORBIFIQUE · texte numérisé non relu

MATIÈRE MORBIFIQUE

Io — Morphologie du parasite

( 1. Ancylostomum Dubini.

{ 2. Uncinaria americana Stiles,

b) Œui, embryon, larve. — Coloration.

a) Ankylostome adulte

IIo — Biologie du parasite

Aération, Humidité, Température, Lumière.

Influence des désinfectants sur les larves.

Influence du minerai de fer, chlorure de sodium, gaz de la déflagration des divers explosifs ou poudres.

Terrain

L'ankylostome est un nématode se rattachant à la famille des Strongylidés, tribu des Ankylostominés qui comprend deux genres parasites de l’homme :

1° Ancylostomum Dubint 1851 (créé par le même auteur, en 1843 sous le nom défectueux d'Agchylostoma) et qui comprend l’ankylostome de l’ancien continent (Ancylostomum duodenale Dubini).

20 Uncinaria Frælich 1789, auquel on rattache généralement l’ankylostome américain (Uncinaria americana Stiles, 1902).

La synonymie de l’ankylostome duodénal est excessivement riche : de 1843, date de sa découverte par

Dubini à l’époque actuelle, il a été décrit sous dix qualificatifs différents ; aujourd’hui, leterme « Uncinaria duodenalis » est préféré par quelques zoologistes; cependant le terme ankylostome duodénal est de beaucoup le plus commun et le plus employé en hygiène.

L'homme est l'hôte normal de l’ankylostome ; il n’y a pas d'hôte intermédiaire et, par conséquent, il est facile de comprendre qu'il est cosmopolite.

S'il possède des organes atrophiés, la vue, par exemple, il a, par contre, des organes extraordinaires d'adaptation à la vie parasitaire, car il possède des crochets, des dents et des lames tranchantes.

De plus, comme la plupart des parasites, l’ankylostome se maintient en dépit des causes de destruction, gräce à des facultés prolifiques énormes.

Io — MORPHOLOGIE DU PARASITE 1. Ancylostomum Dubini 1851

L'ankylostome duodénal est un petit ver sexué, massif et paresseux (Looss), recouvert d’un manteau chitineux (Planche IL, fig. 1 et fig. 2).

Dimensions. — Le mâle mesure environ 10 millimètres de long ; la femelle est un peu plus grande, 12 à 18 millimètres ; leur épaisseur varie entre 0®,0004 et un millimètre. Ces dimensions sont d’ailleurs, des moyennes; aussi, n’y a-t-il rien d'étonnant à ce que certains auteurs en aient donné d’autres.

, pa Y

er ae

till tr 9 / up D ] Th

SMS

Nombre, — Les femelles sont beaucoup plus nombreuses que les mâles. Guiart admet la proportion de un mâle pour trois femelles: Parona, de un pour cinq femelles ; dans notre observation, nous avons trouvé un mâle pour onze femelles. — Leur nombre, dans l'intestin, est extrêmement variable, on en a trouvé plusieurs milliers.

Il est impossible de déterminer le nombre de vers d’après le nombre d'œufs constatés dans les préparations. Naturellement, s’il y a beaucoup d'œufs, nous pourrons préjuger qu’il y a beaucoup de vers. Grassi et Parona ont voulu établir une proportion ; d’après leurs calculs 118 ont trouvé que un, deux, quatre œufs par centigramme de matières fécales correspondraient à la ponte de deux, six, huit ankylostomes. Il va sans dire que cette règle est par trop mathématique. Avec Bloch (Traité de la génération des vers des intestins et des vermifuges, Strasbourg, chez Treuttel, 1788), nous dirons seulement que «chaque ver a une quantité si prodigieuse d'œufs qu'il paraît que son corps n’est autre chose qu’une peau destinée pour les contenir ».

Couleur. — Looss nous dit que la coloration de l’ankylostome vivant est rouge chair pâle ; mort, brun ou blanchâtre. Disons seulement que cette coloration varie suivant que le ver est plus ou moins gorgé de sang.

Appareil digestif. — I] commence par une cupule buccale en forme de cloche ou plus exactement de bourse. Néanmoins, la forme de cette cupule peut varier dans certaines limites (Planche IT)

Sa paroi est chitineuse ; son bord supérieur est oblique et dirigé du côté dorsal.

ee FRS

Du côté ventral, de chaque côté de la ligne médiane, cette cupule buccale nous présente deux puissants crochets semblables à des aiguillons de rosiers. Ces quatre crochets sont dirigés en arrière, vers la cavité buccale. Ce sont eux qui scarifient la ventouse formée par la cavité buccale (Planche I, fig. 4).

Sur le bord dorsal, presque sur la partie médiane, on trouve, de chaque côté, une dent accessoire.

C’est à la base de chaque couple de crochets que s'ouvre à l'extérieur, de chaque côté du corps, une glande cervicale très développée. On admet que les produits sécrétés par elle s’écoulent vers les blessures produites par les crochets et contribuent à rendre le sang incoagulable.

A l’intérieur de la cupule buccale, sur la face dorsale, souvre l'orifice de la glande œsophagienne ou céphalique, en rapport avec la paroi dorsale de l'æsophage. La sécrétion de cette glande aurait pour but de détruire la substance intercellulaire cimentitielle qui unit les cellules de la muqueuse intestinale (Looss), ou de sécréter une toxine hémolytique (Alessandrini).

Enfin, au voisinage de la base de la cupule buccale, sur la paroi ventrale, apparaissent deux plaques chitineuses, dites lames pharyngiennes (Platten de Looss) (Planche I, fig: 4, L. P.).

Ce qui est particulièrement intéressant à signaler, c'est que la cupule buccale n’est pas rigide, elle comprend un certain nombre de pièces articulées, facilitant à la fois et l'abandon et la fixation du ver à la muqueuse intestinale.

A la cupule buccale fait suite un pharynx très mus-

culeux, renflé én massue dans sa moitié postérieure. Sa lumière offre la forme d’une étoile à trois branches; e’est sur ces branches que viennent s’insérer de puissants muscles longitudinaux et radiaires. Ce sont surtout les muscles radiaires qui, par leur contraction, déterminent une dilatation capable d'opérer une succion énergique sur le contenu de la cupule buccale (Planche, fig. 5).

À sa portion terminale, le pharynx est formé par trois lobules constituant une sorte de valvule s’enfonçant dans l'intestin qui lui fait suite, comme le col utérin danse vagin. Cette valvule s’oppose au reflux des aliments Contenus dans la portion haute de l'intestin, lorsqu'un certain vide se fait sentir dans le pharynx par suite de la contraction des fibres musculaires radiaires.

Quant à l'intestin, il flotte librement dans la cavité viscérale (Planche I, fig. 1 et 2); il se termine par l'anus débouchant ventralement à la base de la queue chez la femelle, tandis que chez le mâle, il s’unit au conduit génital pour former le cloaque s’ouvrant au fond de la bourse copulatrice (Planche I, fig. 1 et 2 - An.).

Appareil génital. -— Femelle. — Son appareil se compose de deux très longs tubes ovariens repliés sur eux-mêmes, d’une longueur de 6 centimètres environ. Ces deux tubes ovariens débouchent, après ce long trajet, aux extrémités d’un utérus (utérus antérieur, utérus postérieur). Un vagin très court met l’utérus en communication avec la vulve qui s'ouvre ventralement, un peu en arrière de la moitié du corps (Planche I, fig. 8- T. Ov.-Ut.).

Mäle. — Son appareil est constitué par un long tube testiculaire. débouchant dans un vaste réservoir, la vésicule séminale qui se continue par le canal éjaculateur conduisant au cloaque (Planche I, fig. 1 -T. T. Mia iC AE.)

Dans ce cloaque aboutissent l'intestin, le canal éjaculateur et deux spicules ; ces spicules sont des tiges très fines et très longues. de véritables aiguilles, destinées à ouvrir le vagin de la femelle pendant l’accouplement (Planche I, fig. 1 - Sp.).

Ces trois organes sont situés au fond de la bourse copulatrice, sorte de membrane circulaire et échancrée en quatre lobes, tendue par des côtes analogues aux baleines d’un parapluie. Cette bourse sert à la fixation du mâle sur la femelle lors de l’accouplement. En temps ordinaire, elle a ses parois accolées et plissées. Lors de la copulation, les couples d’ankylostomes, qu’ils soient trouvés à l’autopsie ou dans les selles, à la suite du traitement, offrent l’aspect d’un YŸ, la grande branche représentant la femelle. A Liége, nous avons vu une pièce très curieuse : deux mâles étaient accouplés à une femelle; dans ce cas, une branche de PY était double (Planche Il).

L’épaisseur de la bourse est parcourue par onze côtes rayonnantes musculaires ; c’est là une disposition caractéristique qui sert à différencier de même que la capsule buccale l’ankylostome duodénal de l’ankylostome américain (Planche VD.

D: Uncinaria americana Stiles 1902

Appelé ensuite Necator americanus par Stles en 1903, le « New World Hookworm » fut décrit par Stiles comme une espèce particulière. Cependant, en 1888, Lutz avait déjà observé que les ankylostomes expulsés au Brésil ne possédaient aucune dent. La description que Leuckart donna du Dochmius duodenalis dans son Traité des parasites de l'homme a trait en grande partie à l’espèce américaine.

Dimensions. — L'Uncinaria americana est à peine plus petit, mais par contre plus grêle que l'Uncinarra duodenalis. La longueur du mâle varie entre 7 et 10 millimètres, celle de la femelle entre 9 et 11 millimètres (Planche IT).

Il ressemble dans tout son habitus à l’ankylostome duodénal, à tel point qu'il est très compréhensible que les deux espèces aient pu être confondues pendant longtemps.

Les différences essentielles sont les suivantes : lextrémité céphalique est fortement inclinée sur le côté dorsal ; la cupule buccale offre la forme d’une demiboule et est très petite, Sans crochets sur son bord libre ; à leur place, on a deux membranes chitineuses situées de chaque côté de la ligne médiane, face ventrale ; elles sont recouvertes en grande partie comme Île reste du corps, d'une cuticule très mince (Planche I, fig. 3).

Dans la profondeur de la cupule buccale, comme chez l’ankylostome duodénal, on trouve deux dents situées sur la face ventrale.

En face de ces dents, c’est-à-dire sur le côté dorsal,

Page 1