‹ AnkylostomatoseChapitre 23 sur 46 · CR 1 RER · texte numérisé non relu

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a production d’un œdème sous-cutané, accompagné d’un prurit qui met de 3 à 8 jours pour disparaître, 15 jours dans l'expérience que Boycott fit sur son avant-bras.

D'après ses recherches, qui portèrent sur de jeunes chiens infectés par voie cutanée avec des larves d’ankylostomum duodenale et d'ankylostomum caninum, Looss put suivre, pas à pas, leur migration jusque dans l'intestin. Voici le chemin parcouru par les larves : elles pénètrent rapidement dans les capillaires Iymphatiques très nombreux dans le tissu cellulaire sous-cutané ou dans de petites veinules. Dans ces deux voies, elles sont balayées par le courant lymphatique ou veineux et transportées dans le cœur droit et de là dans les poumons. Là elles abandonnent la voie sanguine pour la voie aérienne, pouvant déterminer une hémoptysie par effraction des capillaires pulmonaires et, finalement, par les bronches, la trachée, le larynx et l’æsophage, gagnent l’estomac, puis l'intestin.

Pour accomplir ce long voyage, les larves se contentent tout simplement de ramper sur les muqueuses, 48 heures environ leur suffisent ; elles n'arrivent cependant pas toutes à l'intestin, car on en trouve un certain nombre blotties dans les canalicules glandulaires des organes traversés.

La voie sanguine semble plus sûre pour les larves que la voie lymphatique, car beaucoup de celles qui suivent cette dernière sont arrêtées et détruites dans les ganglions par les leucocytes.

Le jeune âge semblerait jouer un rôle en facilitant la pénétration des larves par voie cutanée. Looss a vu, en effet, que plus les chiens sur lesquels il expérimen-

tait étaient jeunes, plus rapide se faisait lenvahissemént des intestins par les parasites. Ordinatrement, dans ce cas, la mort survenait au bout de quelques semaines.

Schaudinn, opérant sur des singes avec l’ankylostomum duodenale réussit à les infecter par voie cutanée.

Lambinet, expérimentant avec l'ankylostomum cantnum qu'il inoculait à la seringue sous la peau du ventre du chien, obtint des résultats positifs dès le 12° jour. Nous avons pu voir à Liége ses magnifiques préparations montrant des larves dans les alvéoles pulmonaires, dans la cavité d’une bronche, dans des lobules glandulaires de la trachée.

Le même auteur ne réussit qu'une seule fois à inoculer lankylostome duodénal au chien en pratiquant une injection sous-cutanée de liquide larvifère ; c’est là un argument en faveur de la spécificité de l’ankylostome humain.

C’est Pieri qui. s'inspirant de la méthode de Looss, a démontré qu'également la pénétration des larves par la peau peut être réalisée par lankylostome américain. Il expérimenta sur lui-même et trouva des œufs dans les selles au bout de 75 jours après infection cutanée.

Boycott, expérimentant sur lui-même avec l’ankvlostome duodénal par la même voie, trouva des œufs au bout de 50 jours.

Il est donc hors de doute que la voie cutanée est praticable pour la pénétration des larves d'ankylostomes et d’ailleurs quelques symptômes cliniques prouvent que cette voie, longtemps ignorée, à été de tout temps peut-être la plus commune.

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Nous voulons parler des hémoptysies, et surtout des éruptions cutanées signalées par Manouvriez et appelées « gourme des mineurs », € taons », et étudiées ensuite par beaucoup d'auteurs : Lee, Crocker, Sokolow., lFentley, Dieminger, et dénommées « creeping-eruption », Clarva-migrans », Cground-itch », « panighao », « sore feet of coolies », « sarnes » par notre malade, « new sump bunches »,« schweriner Krätze », Cmazamorra ».

Il ne faudra pas les confondre avec certaines dermatoses observées chez les ouvriers de charbonnage ou chez des houilleurs sur lesquelles Massar et Servaye ont attiré tout récemment l'attention.

Quant à notre malade, il est probable que l'infection ankylostomatosique à dûù se produire chez lui uniquement par la voie cutanée.

Comme il ne buvait que de l’eau de source suffisamment fraiche pour tuer les larves d’ankylostome, ou de l’eau de marigots presque toujours bouillie, car il l’absorbait sous forme de thé ou de café, la contagion par voie buccale est, semble-t-il. à laisser de côté.

Par contre, la voie cutanée nous paraît seule devoir être incriminée. La région où À. D... habitait (Likélemba, Dalo, Kakasengué) est parsemée d’étangs, de vastes marigots qu’il n’est possible de traverser qu’à pied. Or, c'était toujours après avoir parcouru ces marigots que notre malade remarquait que ses sarnes augmentaient de nombre au niveau des chevilles, juste à l’endroit où celles-ci n'étaient plus protégées par les chaussures. Comme ces petites plaies circulaires, de la dimension moyenne d’une pièce de 50 centimes, ne disparaissaient ensuite que difficilement, il nous est permis de supposer

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que les larves pénétrant par une peau détrempée et ramollie, déterminaient des microtraumas suffisants pour ouvrir la voie à des microbes pathogènes provoquant une petite infection secondaire longue à guérir, d'autant plus que les sarnes sont toujours prurigineuses et provoquent le grattage.

Les noirs de la région de la Haute Sangha qui en sont presque tous porteurs les traitent avec de l'huile

‘de palme bouillante. À cet effet, ils chauffent au feu une lame de fer (couteau ou sabre d’abatis), la tiennent audessus de leurs sarnes et font couler sur elles de l'huile qui s’échauffe au contact-du fer rouge et tombe goutte à goutte sur les plaies.

Chez les colons, les lavages et pansements antiseptiques ne suffisent pas ; la cautérisation large au nitrate d'argent s'impose avec application consécutive sur la plaie d’une mince plaque de plomb ou de baume du Pérou pur ou mélangé à de l'huile de palme.

Le seul traitement employé par notre malade avec succès a été le suivant : nettoyage des sarnes au sublimé à 1 pour 1.000, puis saupoudrage avec le mélange:

Sous-nitrate de bismuth........... 2 à 4 parties Suliate dec PE RER EE 1 partie.

Fait intéressant, les sarnes les plus rebelles guérissent spontanément pendant la traversée en mer chez les coloniaux de retour dans la métropole. C’est l’occasion de dire : « Sublata causa tollitur effectus. » Mais toujours la sarne laisse une cicatrice rosée, violacée ou noirâtre suivant le degré de l’infection secondaire. Souvent également ces sarnes sont prurigineuses postérieurement à leur complète cicatrisation.

Section de la partie antérieure du corps de la femelle d’Ancylostomum duodenale.

Hernie des tubes ovariens et de l’Utérus. Quelques œufs sont libres dans la préparation.

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Tubes ovariens avec segmentation (Ancylostomum duodenale) X 112

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