DIAGNOSTIC
Le diagnostic d'ankylostomatose sera porté quand il s'appuiera sur :
1° La constatation des divers symptômes caractéristiques de l’anémie, la présence de l’éosinophilie dans le sang ou de cristaux de Charcot-Leyden où Charcot. Robin dans les selles, la présence du signe de Delamère.
Cet auteur ayant vu sur la langue d’Indiens transportés en Guyane anglaise des taches de différentes grandeurs, d’une teinte bleu foncé, a pensé que c'était là un des premiers symptômes de l'ankylostomatose. I s’appuyait sur ce fait que dans tous les cas où des taches semblables avaient été signalées, il avait toujours obtenu l'expulsion d’ankylostomes. A la suite du traitement, ces taches disparaïtraient. Duprey à observé, lui aussi, des taches semblables, mais pense qu’elles sont produites par des sucs de la plante Pan ou Phan que mâchent volontiers les coolies.
Chez notre malade, nous avons cherché ce signe sans le trouver. Nous ne pouvons donc conclure à ce sujet. nous disons fout simplement le fait.
2° Un signe de certitude, la présence d'œufs, quelquefois de vers adultes dans les selles.
Durant son séjour au Congo, A. D... avait observé à diverses reprises la présence de petits vers dans ses
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selles ; bien qu'il eût reconnu que ces derniers avaient les dimensions de l’ankylostome, nous ne croyons cependant pas devoir les identifier avec lui, car son évacuation spontanée ne peut se produire qu’au bout de cinq ans environ après le début de l'infection ; nous pensons plutôt que c'étaient des oxyures, d'autant plus que, lors d’une cure, ie malade avait rendu une femelle d'oxyure (Planche I).
Diagnostic différentiel. — Si le signe de certitude manque, nous dirigerons notre investigation de divers côtés.
Si cest un mineur qui est malade, nous devrons penser aux maladies professionnelles dues en majeure partie à une hygiène défectueuse. Nous ne reviendrons pas sur ces maladies, attendu qu'elles ont fait l’objet d'une étude très complète dans la thèse du Docteur André.
Si nous avons affaire à un colonial, nous penserons aux maladies dues aux trypanosomes (maladie du sommeil) ou aux hématozoaires (malaria).
Le malade de notre observation avait d’ailleurs une ankylostomatose associée à du paludisme. Ceci ne doit pas nous étonner, Car depuis longtemps’ déjà, on a dit que là où régnait le paludisme régnait également l’ankylostomatose, sans que la réciproque en soit vraie.
S1 le patient n’est ni mineur, ni briquetier, ni cultivateur de rizières, n1 colonial, nous penserons à l’anémie pernicieuse progressive, à la chlorose, à la Iymphadénie, à une anémie consécutive à une affection aiguë, au saturnisme, à l’hydrargyrisme, au. benzénisme (Agasse-Lafont et Heim), à une intoxication médicamen-