‹ AnkylostomatoseChapitre 37 sur 46 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

La rapidité du processus morbide est variable ; elle dépend du nombre des parasites, de la résistance individuelle elle-même en rapport avec l'hygiène individuelle et industrielle, mais, avant tout, du nombre des vers et du temps restreint qu'ils ont mis pour pénétrer en masse dans lPintestin.

Ce sont, en effet, les cas fonction à la fois du temps et du nombre de vers, qui deviennent mortels. Or, ces cas existent : le Professeur Monti, de Pavie, dans son service d’anatomo-pathologie, sur 2300 autopsies a reconnu l’ankylostome comme unique cause de la mort chez 14 individus.

La Commission permanente chargée de faire un rapport sur les ravages de l’ankylostomatose à Porto-Rico (1906-07), attribua à cette dernière le pourcentage élevé (25 à 40 pour 1000) des cas de décès.

A Ceylan, Dobson affirme que les ravages causés par le parasite prennent le pas sur ceux que produit le choléra.

Mais, le plus souvent, l’évolution de la maladie se fait si discrètement que ce n’est qu'après des mois et des années que le porteur d’ankylostomes devient un malade incapable de tout travail suffisant pour écarter de sa demeure la misère.

Actuellement, on admet que si aucune infection nouvelle ne se produit, la guérison peut survenir spontanément au bout de 5 à 8 ans (Leichtenstern), époque de la mort des ankylostomes ; c’est ainsi que l’ankylostomatose, qu'avait réalisée expérimentalement sur luimême Stiles, guérit 5 ans après la dernière infection par la peau. Toute ankylostomatose qui durerait 15 à 20 ans ne peut, d’après Looss, exister que s’il y a eu de nouvelles contaminations.

A la suite du traitement, le malade est souvent guéri, mais toujours considérablement amélioré.

Zinn et Jacoby ont cru démontrer qu’une certaine puissance de résistance contre le parasite existait pour la race noire. Mais leurs recherches ont porté sur des types nègres choisis pour prendre part à une Exposition et, naturellement, forts et de belle apparence. On pourrait pareillement, ajoute Looss, choisir sans difficulté des individus ayant bonne mine pris parmi les fellahs d'Egypte ou des mineurs d'Europe et conclure à l’immunité de la race blanche.

D'ailleurs, n'oublions pas que notre malade venait du Congo français et que M. le Docteur Joyeux nous disait avoir trouvé dans le cercle de Kankan (Guinée française) plus d’un quart de la population indigène atteinte d’ankylostomatose et dans celui de Kouroussa (Guinée française) près de 100 %. Dans le même ordre d'idées, Robledo pense que ce sont les négriers d'Afrique qui, au xvii® siècle, auraient infecté l'Amérique, la Colombie en particulier, où 70 % de la population est atteinte.

Par contre, il est possible que certains individus,

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