PROPHYLAXIE
C'est l'Allemagne qui, la première, justement émue par les ravages de l’ankylostomatose, porta le premier coup à la maladie. Dès le 12 mars 1900, des ordonnances de police furent mises en vigueur dans le district de Dortmund. |
Un mois plus tard, le 27 avril 1900 l'Autriche décréta obligatoire la création de water-closets à la surface et de tinettes au fond des mines; puis, la plupart des pays suivirent cette voie et la campagne prophylactique devint générale: les lois, arrêtés, ordonnances, propositions de lois, décrets se firent dans le même sens ; aujourd’hui, sauf sur quelques points de détail, la même prophylaxie est universellement appliquée.
En France, cependant, aucune loi officielle n’a été jusqu'alors votée,
La prophylaxie contre l’ankylostomatose vise deux buts :
1° Rendre le milieu impropre au développement possible du parasite;
2° Détruire les germes ou mieux en prévenir l'arrivée.
Mesures à prendre pour rendre le milieu impropre au développement des œufs et des larves d'ankylotome.— La prophylaxie concernant ces mesures est entièrement basée sur la biologie du parasite. Nous avons vu que quatre conditions, toujours réalisées dans les tropiques où l’ankylostomatose est endémique : aération, humidité, chaleur, présence d’un terrain inerte, sont nécessaires à leur développement.
Naturellement on n’a même pas songé à supprimer la première de ces conditions ; bien au contraire, on s’est efforcé de l'améliorer en donnant aux ouvriers du fond un air plus pur ; quant aux deux autres conditions, humidité et chaleur, les ingénieurs des mines ont montré qu’actuellement elles sont subordonnées à la volonté de l’homme.
Le fonctionnement de ventilateurs puissants, la création de rigoles d'écoulement et l'évacuation de l’eau par d'immenses pompes, l'enlèvement périodique des boues, ont eu pour conséquence de rendre l’atmosphère des mines moins chaude et moins saturée de vapeur d’eau, réalisant ainsi deux conditions avantageuses pour le travail (Langlois). Ce sont là, en somme, des mesures concernant l’hygiène générale, et qui, par contre-coup, frappèrent l’ankylostomatose.
La mise en œuvre de ces mesures hygiéniques a démontré rapidement leur efficacité certaine, à tel point que Perroneito a pu dire en parlant de l’uncinariose : « Voilà une question résolue. » |
Mesures à prendre pour prévenir l’arrivée des germes, — Quant à tous les autres moyens prophvlactiques, beaucoup d’auteurs ont voulu démontrer qu'ils sont rendus souvent illusoires par la mauvaise volonté des intéressés ; de plus, il est évident que si certaines mesures ont pu être acceptées sans beaucoup de difficultés dans certains pays, elles ont totalement échoué dans d’autres. Néanmoins, ces mesures ont une grande valenr et ont toujours pu être appliquées quand le degré d'instruction de l’ouvrier était suffisant et que ce dernier avait compris qu’elles étaient faites pour son bien.
La première de ces mesures vise l’arrivée des germes : elle comprend l'installation de tinettes mobiles au fond, avec obligation pour les mineurs de ne s’exonérer que dans ces tinettes. Pour éviter que leur emploi ne soit délaissé, il faut qu’elles soient propres, commodes, suffisamment rapprochées des chantiers d’abatage pour éviter des pertes de temps trop considérables.
Nous en avons vu de vingt-cinq sortes, c’est-à-dire de toutes les formes, au Musée de l’Institut d'Hygiène de Liége ; celle du docteur Thisquen, en tôle galvanisée, à siège inviolable nous a paru excellente, parce qu’elle est simple, solide, utilisée volontiers par les mineurs, et qu’elle se désinfecte très facilement soit par la chaleur, soit à l’aide d’antiseptiques (chaux vive, eau de chaux, sulfate de fer, etc...).
Si l'installation de tinettes est nécessaire au fond, elle ne l’est pas moins à la surface. C’est là en effet qu'il faudrait que le mineur s'exonérât avant de descendre ; comme il a horreur du siège, les cabinets dits à la tur-