OBSERVATION
Observation personnelle recueillie depuis le 5 Novembre 1909, dans le Service de notre Maître, M. le Professeur SPILLMANN.
Ankylostomatose - Filariose - Malaria associées.
À. D... est un jeune homme de 26 ans qui, au point de vue de ses antécédents héréditaires et personnels, ne nous présente rien de bien spécial. Toutefois, à l’âge de 10 ans, il aurait eu une pneumonie et à 12 ans, une fièvre muqueuse bénigne. Instituteur pendant quatre ans, il quitta, après avoir accompli un an de service militaire, cette profession pour celle d’agent colonial au service de la Compagnie Française de la Haute Sangha.
Embarqué à Anvers le 11 octobre 1906, il débarque à Matadi (Congo Belge), le 29 octobre. Il fait le trajet Matadi-Kinshassa en chemin de fer, la traversée du Stanley-Pool en bateau; arrive à Brazzaville le 6 novembre, date à laquelle il prend un vapeur remontant le Congo puis son affluent la Sangha. Il débarque à Ikelemba, village situé à.environ 1° 10° latitude Nord au confluent de la Sangha, large de 1.800 mètres et de la rivière N'Daki. C'est dans ce village, bâti parallèlement au cours de la Sangha que notre colonial fit un séjour de quatre mois et qu’il eut son premier accès de malaria
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fin décembre 1906. Cet accès ne dura que quelques heures, cédant rapidement à la médication antipyrine puis quinine.
Le second poste qui lui fut assigné fut Dalo, petit village situé à 50 kilomètres d’Ikelemba ; c’est là qu’il arriva en mars 1907. Durant son séjour dans ce second poste, le malade eut de nouveaux accès de fièvre paludéenne et découvrit, par hasard, de petits vers de la taille de l’ankylostome dans ses selles, cela en février 1908. Les évacuations de ces vers n'avaient lieu qu’à certains jours. Le malade remarqua bientôt qu’elles se produisaient particulièrement les jours où il mangeait de la papaye (fruit du papayer). Il avait même pensé que c'était ce fruit qui renfermait des vers à l’état d'œufs ou de larves et s’abstint d'en manger en aussi grande quantité.
Puis, fin mars 1908, notre malade quitte Dalo pour se rendre à Kakasengué, village distant de 60 kilomètres à l’est de Dalo ; c’est Ià qu’il séjourne jusqu’au it juillet 1909. À ce moment, ayant accompli les trois ans de séjour que comportait Son contrat avec la Compagnie de la Haute Sangha, il quitte le Congo pour rentrer en France où il arrive le 13 août 1909.
Comme on peut en Juger en parcourant une carte géographique du Congo, nous voyons que le malade séJourna continuellement sur les rives ou dans la vallée de | N’Daki. Le pays y est malsain; le jour, le soleil est de plomb et, la nuit, les moustiques vous tourmentent ; l'eau de boisson y est quelquefois de l’eau de source. mais le plus souvent de l’eau courante de ruisseaux qui sont le plus habituellement en communication avec
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l’eau de marigots, sorte de marais particuliers à la Saison sèche, à eau stagnante, plus où moins boueuse.
Malgré ce séjour dans un pays tout à fait défavorable, nous n'avons à noter chez notre malade que quelques accès de fièvre paludéenne, la présence de petits vers dans les selles et quelques tumeurs apparaissant de temps en temps au niveau des poignets, des bras, de la nuque et une fois de la région orbitaire. Ces tumeurs, d’après les caractères qu’elles offraient au (‘ongo et en France, semblent bien devoir être identifiées avec les tumeurs dites de Calabar.
L’appétit se conserva presque toujours bon, malgré quelques douleurs abdominales, augmentant surtout après l’ingestion des aliments. Lorsque les douleurs se faisaient plus intenses, le malade éprouvait de la diarrhée durant parfois quelques Jours. Les selles étaient alors de coloration noire ou brun noirâtre, mais reprenaient rapidement leur teinte normale.
Un symptôme à signaler également, c’est un certain degré d’essoufflement éprouvé par le malade surtout dès le début de 1909 et coïncidant, non pas avec des bourdonnements d'oreille proprement dits, mais avec un manque de netteté assez prononcé dans la perception des sons.
Si nous joignons à ces petits signes cliniques la constatation de SARNES, siégeant aux chevilles, c’està-dire la présence de petites plaies produites on ne sait au juste comment, notre observation sera complète pour ce qui à trait au séjour de notre malade au Congo.
‘ Dès son arrivée à Paris, notre colonial alla consulter le médecin de sa Compagnie, M. le Docteur Nattan-