‹ Annales agricoles de Roville (volume 2)Chapitre 3 sur 88 · OPÉRATIONS DE L'ÉTABLISSEMENT AGRICOLE · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS DE L'ÉTABLISSEMENT AGRICOLE

En publiant en 1832, le 8® et dernier volume des annales accoles de Roville, j'ai annoncé qu'avant la terminaison du bail par lequel je jouis du domaine, je publierais encore un volume de supplément. Ce bail ne se terminera qu'en 1842 ; cependant je me suis déterminé à ne pas retarder plus longtemps la publication de ce volume. Le sort de l'établissement peut être aujourd'hui considéré comme fixé ; et il faudrait des circonstances imprévues pour qu'il ne suivît pas, pendant le reste de sa carrière, la marche qui lui a été tracée par les quinze années d'opérations qu'il a parcourues. Je puis me dispenser de m'occuper aujourd'hui des questions qui peuvent se rapporter à la sécurité des fonds confiés à l'entreprise : le remboursement du capital des actions s'effectue régulièrement conformément aux statuts ; et MM. les actionnaires qui m'ont donné tant de preuves de confiance dans les temps difficiles , auront bientôt recouvré tous le montant de leur mise de fonds. Je m'occuperai donc spécialement dans ce Compte-rendu, des

objets qui peurent offrir au public agricole le plus d'intërôt et le plus d*instruction utile. Je vais exposer d'abord la situation actuelle de rétablissement , en passant successivement en revue l'exploitation rurale , l'institut et la fabrique d'instruments aratoires. Je présenterai ensuite quelques résultats de comptabilité agricole qui me paraissent mériter de fixer l'attention des hommes qui s'adonnent à la pratique de l'agriculture.

COHPTI2 RENDU.

SECTION PREMIÈRE-

oc L'CXPLOIlfATION AORICOLS.

Sommaire. — Terres fortes des coteaux. — Leur amélioration. —Assolement. — Deux céréales successives ne présentent pas d'inconvénients dans une certaine combinaison. — Froment succédant à de Fa veine. — Utilité de la jachère dans certaines circonstances. — Terres de la plaine. — Inconvénients qui résultent de leur nature. — Assolement. — Observations sur la culture de chaque sole. — Cause de la raireté de la main d^œuvre qui se fait sentir depuis quelque temps dans le pays. — Projet d^une modifîcation dans Fassolement de la plaine. — Production de fourrages dans Texploitation. — Production et emploi du fumier. — • Résultats du compte de profits et pertes pendant les quatres dernières années. — Considérations diverses sur les qualités nécessaires dans les hommes qui dirigent des exploitations rurales.

Les terres de la ferme de Roville continuent à s'améliorer d'une manière très-sensible : les terres fortes des coteaux sont maintenant parvenues à un degré de fertilité, qui peut les faire ranger parmi les bomies terres à froment ; et si l'on distinguait, dans les récoltes de chaque année, le produit de cette portion de l'exploitation , on pourrait compter dès à présent sur une moyenne de 18 à 20 hectolitres par hectare. Le produit de la récolte de 1836 s'est porté à 19 1/3 hectolitres, pour toutes le» terres de la ferme. Dans les cinq années qui r'ôsteirt à parcourir , je n*ai aucun doute qu'on n'arrive ^ en suivant la même marche, à une moyenne de 22 à 24 hectolitres pour les terres des coteaux en partienlier. Il &ut rapprocher ce résultat de ce que j'ai dit dans la 8*^ livraison du produit de la récolte d'une année généra- ItBient très-fertile, celle de 1823 , où le produit du froment

dans la ferme de Roville a été de 10 hectolitres 32 litres [iar hectare. L'amélioration eût été plus rapide, si je pouvais disposer d'une plus grande masse de fumier; mais à cet égard je suis limité par l'étendue des bâtiments, qui ne me permettent pas d'entretenir plus de bétail.

Dans ces terres , Tassolement est toujours de cinq ans avec une jachère, comme je l'ai indiqué précédemment. Les cinq soles sont d'environ 10 hectares chacune, et cinq hectares de vieille luzerne qui servent de pâturage, sont en dehors de l'assolement. J'ai supprimé la récolte de colza qui suivait la jachère, pour la remplacer par une récolte d'avoine qui termine la rotation. Cet assolement est donc ainsi qu'il suit :

1'** Jachère fumée à raison de 30 voitures de fumier par hectare.

2® Froment avec trèfle.

3^ Trèfle dont la seconde coupe au moins est enfouie comme engrais.

4« Froment.

5« Avoine.

Depuis quelques années , j'ai essayé d'intervertir l'ordre des deux dernières récoltes , en plaçant à la 4« année une avoine hâtive, à laquelle on fait succéder un froment « Cette combinaison est déjà adoptée depuis longtemps par quelques habiles cultivateurs de l'arrondissement de Lunéville ; et on la retrouve également dans la pratique du département de l'Arriège. Au premier aperçu, il paraît bizarre *de faire succéder un froment à une récolte davoine; mais il est évident que si l'on regarde généralement comme monstrueuse une telle succession , c'est que dans l'assolement triennal encore généralement pratiqué, l'avoine se trouve placée après le froment , en sorte qu'on ne pourrait raisonnablement songer à faire revenir encore un froment ensuite. Mais dans tous les autres cas , il n y jà aucun motif de croire qu'une telle récolte d*avoine

poisse nuire d*une manière particulière au froment qui la suit ; et lorsqu'on veut placer deux récoltes de céréales après un trèfle ou une luzerne , je suis convaincu qu'il y a une multitude de circonstances où il se rencontrera plus d'avantages que d'inconvénients à placer l'avoine avant le firoment plutôt qu'après : je n'ai pas besoin de dire que l'on peut généralement compter sur une très-belle récolte d'ayoine, en la semant immédiatement sur un trèfle ou sur une luzerne rompue par un seul labour ; et quant au froment, je le regarde aussi comme plus assuré dans beaucoup de sols, en le semant après l'avoine qui succède au trèfle, qu'en le plaçant immédiatement après le trèfle. L'avoine fevorise beaucoup moins que le froment la végétation des plantes nuisibles, parce qu'elle occupe le sol pendant peu de temps ; et j'ai vu dans les essais que j'ai fidts de cette méthode , que le froment fait sur avoine est aussi net de mauvaises herbes qu'il l'eût été, si on l'eût placé inimédiatement après la prairie artificielle.

Le succès de cette pratique suppose , au reste , que le trèfle lui-même était propre, c'est-Â-dire qu'il avait été semé dans la première récolte de céréales après la jachère et qu'il n'a subsisté que pendant une seule année ; car après un trèfle infesté , les plantes nuisibles qu'il contenait se multiplieraient certainement dans l'avoine ; et le froment qm viendrait ensuite ne pourrait être bon. Dans l'assolement triennal , la semaille du trèfle présente toujours ce grave dé&ut, car si on voulait le semer dans la première céréale, c'est-à-dire, dans le froment, on serait invinciblement amené à faire succéder au trèfle autre chose qu'une jachère , ou une récolte sarclée, et par conséquent à une autre combinaison d'assolement. C'est pour cela qu'on sème toujours alors la prairie artificielle dans la seconde céréale ; et c'est l'observation de fâcheux effets qui en résultent qui a fiût poser la maxime générale-

ment admise dans les assolements alternes , qui proscrit Ia succession de deux céréales. Mais si on les place , comme je viens de le dire, cette pratique peut être admise sanâ inconvénient. En général , je pense que s*il est une maxime fondamentale dans Fart des assolements, c*est que la prairie artificielle doit être semée dans la première ce-' rcale qui suit la jachère ou la récolte sarclée et fumée, Mais c est là qu'il faut borner la maxime qui proscrit la succession de deux céréales; car après la prairie artificielle et pour terminer Tassolement, on peut sans inconvénient prendre deux céréales successives; et il est fort souvent profitable de le faire, La jachère ou la récolte sarclée reviendront ensuite pour nettoyer le sol et varier ses produtions, si le repos n'est pas complet. Je n'hésite pas aujourd'hui à rectifier dans ce sens l'opinion que j'ai partagée pendant longtemps avec des agriculteurs très-distingués.

C'est pour ce cas que chacun aura à étudier, selon la nature de ses terres, dans quel ordre il est le plus profitable de placer le froment et l'avoine. Si l'on commence par cette dernière., on devra choisir une variété hâtive , et mettre la charrue dans le sol aussitôt que sa récolte sera enlevée. La sécheresse gêne beaucoup moins pour ce labour, que s'il était question de rompre un trèfle ; parce que la terre est moins durcie. Un second labour avant la semaille du froment serait fort utile dans beaucoup de cas ; mais dans nos terres argileuses qui s'émiettent par le seul effet des influences atmosphériques , un trait d'extirpateur pour couvrir la semence remplace fort bien ce labour.

Je n'ajouterai rien à ce que j'ai dit dans mes écrits précédents , sur l'utilité de la jachère dans les sols de cette nature; et je suis toujours convaincu qu'ici une jachère tous les cinc[ ans est réellement profitable. Sans elle il

COMPTK UNDU. 7

ferait à peu près impossible d'entretenir un sol de cette nature dans un état satisfidsant de propreté. Cependant si je pouvais disposer d'une plus grande, abondance de fumier , il est vraisemblable que j'adopterais un assolement qui ne ferait revenir la jachère que tous les six ou sept ans. Quant à la suppression du colza dans cet assolement, elle a eu pour motif la faiblesse des récoltes de trèfle, lorsque je le semais dans le froment, qui venait ainsi en seconde récolte après la fumure, quoiqu'une seule de ces deux récoltes fût une céréale. Cette combinaison pourrait réussir dans des terres d^à portées à un haut degré de fertilité, et pourvu qu'on binât le coka avec assez de soins pour que le jûroment qui le suit tùLï aussi propre qu'après la jachère. Mais jusqu'à l'époque où le sol sera parvenu à ce degré de fertilité, la prairie artificielle, pour avoir un succès complet , doit venir immédia^ tement après la jachère fumée ; et dans tout bon assolement , le succès de la prairie artificielle doit être placé en première ligne parmi les motifs qui dirigent les opérations 4u cultivateur.

Dans les terres blanches et graveleuses de la plaine de Roville , les progrès de l'amélioration sont également fort sensibles. Mais ici , on a à lutter contre un vice radical du sol , c'est-à-dire, son défaut de profondeur. Dans toute œtte partie de l'exploitation , le sous-sol est un gravier siliceiKK mélangé de cailloux et de sable grossier, mais sans aucun mélange de terre, et d^une profondeur inconnue. Partout où une épaisseur d'un pied de terre au moins se trouve placée sur ce gravier , le sol est susceptible de recevoir une amélioration durable ; mais lorsque le gravier est à la surface, ou n'est que mélangé de terre à la profondeur du labour, on perd en grande partie les peines que l'on prend pour améliorer le terrain, soit par des engrais, soit même par des transports de terre; car

le gravier brûlant se trouvant à aussi peu de profondeur , les r^oltes ne peuvent résister à une sécheresse de quelque durée ; et les sucs fertilisants des engrais sont constamment délavés et entraînés dans le sous-sol par l'action des pluies. Aussi avec un emploi considérable de fumier , on n'obtient que des récoltes dont la réussite est très-peu assurée. /Malheureusement, les parties graveleuses des terres de la plaine ne forment pas des parties séparées, et que Von puisse traiter à part, pour l'assolement des cultures , l'application des engrais ou le choix des récoltes; mais elle» sont mélangées indistinctement dans toutes les pièces de terre , par portions plus ou moins étendues , en sorte qu'il y a très-peu de biUons qui ne contiennent dans leur longueur des parties de cette espèce de sol, qui , en masse, forment au moins moitié de la sur&ce des terres de la plaine. Il résulte de là un inconvénient e^strémement grave; , et c'est là un de ces défauts essentiels du sol contre lequel la puissance de Tart est bien bornée.

Ce sol, formé par les alluvions de la Moselle, ne contient pas de traces de calcaire; et d'après les données théoriques, les amendements de chaux ou de marne devaient y produire d'excellents effets , surtout dans les parties où le sol est consistant. Cependant les essais que j'ai faits en trèsgrand nombre , pour l'emploi de ces amendements ainsi que des cendres, ont été entièrement infructueux: j'ai varié cet emploi par un grand nombre de combinaisons ; mais leffet a toujours été sensiblement nul.

L'assolement a continué jusqu'ici d'être de 6 ans , dan& cette partie de la ferme , comme il suit :

l''^ Betteraves fumées à raison de 25 voitures par hectare.

2® Froment ou seigle.

3^ Prairie artificielle semée dans la céréale, pour une partie de la sole, et sarrasin pour le reste.

¥ Seigle ou escourgeon et une petite partie en froment.

5^ Colza fumé comme ci-dessus.

6« Frpment.

Une sole placée hors de Tassolement est constamment en pâturage pour les botes à laine; en sorte que toutes les terres de la plaine se divisent en sept soles d'environ 12 hectares chacune. La septième sole reste communément en pâturage pendant quatre ou cinq ans ; et lorsqu'on reconnaît que le produit s'affaiblit , on la &it rentrer dans l'asssolement , en l'ensemençant en betteraves ; et on la remplace par un ensemencement en pâturage de la sole de froment qui suit le colza, et auquel les betteraves devaient succéder. Se cette manière, l'assolement n'éprouve aucune interruption de ce changement de sole. L'ensemencement de pâturage se £adt au printemps dans le froment, et se compose d'un mélange de trèfle blanc, de ray-grass, de pimprenelle et d'un peu de trèfle commun. Si quelques parties de cet ensemencement ont été détruites par la sécheresse de la première année, on les remplace en répandant de la graine de trèfle incarnat dans ces parties après la moisson.

Quant aux six soles qui composent l'assolement régulier, je vais présenter quelques observations sur chacune d'elles.

±'^ Sole. On sème en place des betteraves sur toute l'étendue de cette sole ; mais on sème en outre des pépinières dans quelques pièces de terre de choix placées hors de Tassolement, afin de pouvoir remplacer par le repiquage les parties de la sole où la semaUle aurait mal réussi. La culture a toujours lieu en lignes à 27 pouces de distance , par les procédés que j'ai indiqués dans larticle consacré à ce sujet, dans le septième volume des Annales de Roville. On s' efforce de donner trois labours préparatoires pour les betteraves; mais lorsque le printemps est très-pluvieux, il arrive souvent qu'on ne peut en donner qu'un, car les terres blanches de cette natuie ne veulent être travaillées au

10 COHPTB mBNDV.

printemps que lorsqu'elles sont bien ressuyées : autrement elles se durcissent à la première sécheresse, et il devient fort difficile de les mettre en bon état de culture pendant le reste de la saison. Le sol qui n'a reçu ainsi qu'un seul labour, se trouve dans un très-médiocre état de préparation,, dans toutes les parties où le sol est consistant, mais on supplée aux labours qui ont manqué par l'action réitérée de la houe à cheval entre les lignes ; et pourvu que le premier labour ait été donné dans un état convenable du sol , on parvient à briser les mottes et à émietter par£adtement la terre à la profondeur de cinq ou six pouces, au moyen de deux ou trois cultures à la houe à cheval.

2® Sde. On sème du froment ou du seigle après les betteraves , selon que les parties graveleuses dominent plus ou moins dans chaque division de la pièce. Le froment que l'on obtient sur cette sole est ordinairement £dble, attendu que dans les terrains de cette nature , le produit de cette céréale est généralement d'autant plus abondant que la semaUle a été faite plus tôt ; le seigle s'y accommode communément mieux des semailles tardives, comme on est presque toujours forcé de les exécuter après une récolte de racines. Dan» les parties de cette sole où la céréale n'a pu être semée avant le 25 octobre , je ^préfère réserver le terrain pour un ensemencement d'avoine au printemps.

3^ Sde. La prairie artificielle se compose de trèfle blanc^ avec un peu de trèfle commun et de ray-grass , et elle a été semée dans la céréale de l'année précédente. Cette récolte peut être enterrée en vert comme engrais , £aiuchée pour fourrage vert ou pâturée , selon le besoin. Le trèfle blane donne en effet une coupe abondante dans les parties où le sol est un peu profond ; et dans les taches graveleuses , il produit encore plus que toute autre récolte du même genre. Sa réussite est plus assurée dans ces terrains que celle du trèfle commun. Cette sole présente une espèce de régulateur,

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relativement à la production des fourrages ; et quoiqu'elle ne soit pas destinée spécialement à être fiaiuchée, on y trouve une ressource précieuse , dans les années où d'autres récoltes fourragères font dé&ut. Une petite partie de cette sole est ordinairement réservée pour im ensemencement de sarrasin ; et si la semaille de la prairie artificielle a manqué dans tout ou partie de la sole , accident difficile à éviter dans les années où la sécheresse se fait sentir en Mai ou Juin de Tannée de la semaille , c'est encore le sarrasin qui vient la remplacer. Cette dernière récolte peut encore à volonté être enfouie comme engrais, ou récoltée à graines, selon les convenances du moment.

4« So/e. Le seigle et l'escourgeon occupent la pdus grande partie de cette sole , parce que le terrain étant destiné k recevoir un ensemencement de colza aussitôt après la mois^ son , il est à désirer que le terrain soit débarrassé le plus tôt qu'il est possible. La partie que l'on sème en froment ne pourra guère recevoir l'année suivante qu'un colza repiqué. Là où la prairie artificielle a été enfouie comme engrais , on peut généralement compter sur une bonne récolte de fit)ment> de seigle ou d'escourgeon ; pour ce dernier toutefois sauf les chances de l'hiver , comme je vais le dire. Dans le cas même où Ton a pris une coupe de ti^fle , ces récoltes réussissent encore bien , pourvu que le labour ait été donné de bonne heure. Après un enfouissement de sarrasin , je n'ai jamais c4)tenu qu'un escourgeon très-feible , tandis que le seigle donne généralement là une très-belle récolte. Après le sarrasin récolté à graine , on ne peut mettre que du seigle.

Pour l'escourgeon, j'en ai souvent eu de très-beaux produits depuis que je le cultive ; et l'on est tenté de croire, en voyant d'aussi belles récoltes sur un tel sol , que c'est un des produits les plus profitables qu'on puisse lui demander; mais depuis huit ans, je l'ai vue détruite deux fois totalement par les gelées de l'hiver ; et des accidents semblableft

12 COMPTE EENDU.

gâtent beaucoup le terme moyen des profits. Aujourd'hui, j'hésite à m'en procurer de nouvelle semence , pour rem-r placer celle que j'ai perdue.

B"" Sde. Le colza de cette sole peut donner lieu à une observation semblable à celle que je viens de &ire pour l'escourgeon ; c'est une récolte fort séduisante , parce qu'oa en obtient assez souvent de riches produits ; mais elle est sujette à beaucoup de chances, et depuis trois ans en particulier, il semble qu'il ne soit plus possible dans notre pays d'obtenir de belles récoltes de colza, et des plaintes du même genre s'élèvent de la plupart des cantons où cette culture s'était propagée *. la puce de terre ou altisej soit à la naissance des plantes, soit à la floraison, anéantit presque chaque année tout espoir de récoltes ; et d'autres accidents viennent quelquefois se joindre à celui-là ; ce mal ne sera vraisemblablement que passager; mais il &ut y joindre les chances des gelées qui ont détruit, par exemple , la presque totalité des récoltes, dans l'hiver de 1829 à 1830. Au total, c'est une récolte fort casuelle. En 1836 , j'ai fait remplacer mes colzas manques par une semaille de caméline , mais c'est une récolte encore plus casuelle,^ et dont le produit est en général peu considérable, de même que celui de toutes les plantes oléagineuses de printemps. D'ailleurs le froment qui suivra sera loin de valoir celui qu'on ferait après le colza, à cause de l'époque tardive de la récolte de caméline- Au total , je crois que j'aurais mieux tait de remplacer ce colza par du sarrasin.

La récolte de colza commence à avoir pour moi un autre genre d'inconvénients ; c'est la difficulté de me procurer des ouvrières pour les binages des récoltes semées en place , ou pour l'exécution du repiquage : depuis quelques, années, la main-d'œuvre est devenue fort rare dans ce canton, à cause de l'envahissement de l'industrie de la broderie qui occupe presque toutes les femmes. Sans doute

COMPTE RENDIÎ. 13

la population , par de rapides accroissements , se mettra en mesure de suffire à ces diyerses demandes de travail ; mais le mal est momentanément très «réel pour Ta^culture. Et il deviendrait très-réel aussi pour la population, si un caprice de la mode venait à la priver de ce nouveau genre d'occupation.

Pour les colzas semés en place sur un seul labour après une céréale , des binages soignés sont rigoureusement nécessaires , si Ton ne veut pas que le sol reste infesté de plantes nuisibles. On trouve comjnunément , dans le mois d'Octobre , quelques beaux jours propres à l'exécution de ces binages ; et en Mars ou dans le commencement d'Avril , on peut encore , lorsque le sol est bien ressuyé , suppléer aux binages qui n'auraient pu être exécutés en automne, ou même recommencer ceux qui auraient été faits , ce qui est bien préférable. Mais dans ces deux saisons, le temps presse vivement parce que les jours Êivorables sont rares , c'est alors qu'il importerait de pouvoir mettre à volonté à la besogne de nombreux ateliers, comme nous pouvions facilement les former , il y a seulement sept ou buit ans. Ce« considérations et quelques autres encore me détermineront peut-être à apporter à mon assolement dans la plaine une modification dont je parlerai tout à l'heure.

11 semblerait naturel de chercher à s'affranchir de cette dépendance des bineuses par des semailles en ligne et le travail de la houe à cheval. Mais je dois dire que j'ai obtenu peu de succès de cette pratique , que j'ai fait exécuter tous les ans, de 1^26 à 1832, sur quelques portions de ma sole de colza : le sol n'était pas assez riche pour que je pusse espacer beaucoup les lignes , sans éprouver une grande diminution dans la récolte ; et je les semais à dix-huit pouces de distance. Mais l'action de la houe à cheval est bien peu efficace dans ce 6as , et ne remplace pas dans une grande proportion le travaU à la main. Je reviendrai encore à cet

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essai; et maintenant que le sol est plus riche, si Je puis obtenir une abondance suffisante de produits en espaçant les li^es à vingt-deux ou vingt-quatre pouces, j'obtiendrais de la houe à cheval un travail qui suppléerait à un grand nombre de bras.

6^ Sde. Le froment de cette sole est toujours le plui» beau des récoltes de la plaine, pourvu que le sol ait été labouré de bonne heure après la récolte de colza. C'est là un fait qui se renouvelle dans presque tous les terrains qui peuvent admettre la culture du colza ^ et qui recommande fortement cette dernière récolte aux cultivateurs , qui obtiennent en général à cette place d'aussi beaux froments qu'ils pourraient le fiedre après la jachère.

Outre les cinq soles des coteaux et les sept soles de la plaine J'ai généralement 16 à 18 hectares de terre de diverses* natures en luzerne , ou en culture libres de divers genres, ordinairement après défrichement de luzerne. C'est là que je place communément mes pépinières de betteraves, une couple d'hectares en pommes de terré , autant en maïs , et un peu moins en carottes. La rareté de la main-d'œuvre me forcera peut être encore à restreindre l'étendue de ces dernières cultures.

Je projette de faire, dans l'assolement de k plaine , utf changement qui consisterait à supprimer la sole de pâturage permanent , à placer le colza après la sole de trèfle , qui serait convertie en un pâturage qui subsisterait seulement jusqu'en Juin , et à ajouter une nouvelle sole , dont une partie considérable serait consacrée à des jarosses ou à des vesces d'hiver, pour remplacer la sole de trèfle à faucher : le reste de cette sole serait consacré à du sarrasin^

L'assoleiçent serait donc de 7 ans , comme il suit :

1" Betteraves fumées.

2^ Blé ou avoine avec pâturage composé de trèfle ordinaire, do trèfle blanc, etc.

COMPTE KBNdV. 15

3« t^âtïirage jusqu'en Juin, puis semailU de colza aree fomure.

4' Colza*

5« Blé.

6® Jarossés, vesces et sairasin.

T Blé ou seigle.

Ma détermination, à l'égard de l'adoption de cet assolement, n'est subordonnée qu'aux résultats d'expériences que je &is en ce moment sur la culture de la jarossie et des yesces , avec quelques précautions qui me semblent pouvoir ea assurer la réussite dans les terres de cette nature. Si j'adopte cette combinaison , j'y trouverai le moyen de faciliter beaucoup la culture du colza, et d'en obtenir des récoltes où les binages seront beaucoup moins dispendieux, parce que le sol aura pu être mieux préparé. Ce projet se lie au reste à un autre qui consiste é renoncer au regain sur la plus grande partie des prés de la ferme , pour les consacrer au pâturage du troupeau de moutons, immédiatement après la première coupe, époque où la sole de pâturage sera rompue. Je parlerai des motifs de cette dernière détermination en exposant tout à l'beure les résultats du compte des prés.

Dans un assolement où l'on veut avoir une sole de fourrages à lEaiucher, et une autre en pâturage destiné à subsister seulement jusqu'en Juin , il semblerait naturel et plus profitable de consacrer à ce pâturage la sole de prairie artificielle que l'on ne romprait ainsi qu'à la seconde année. Je n'ai pu m!arrêter à cette combinaison , parce que j'ai la certitude que cçtte sole se trouverait alors infestée de chiendent j à un point tel qu'il ne serait plus possible de la nettoyer par les cultures données aux récoltes suivantes, surtout depms que j'ai remplacé la culture de la pomme de terre par celle de la betterave, qui se prête moins à la destruction du chiendent. La nature des terres de

16 COMPtE kE^bt.

la plaine de Roville favorise puissamment la végétation de cette plante nuisible $ et elle s'y montre encore de temps à autre ^ mais sans y causer de dommages réels, parce que la culture actuelle la domine. Mais il est ciair que c'est un ennemi contre lequel il ne feut pas perdre ses avantages; et rien ne tendrait plus à en favoriser la multiplication, qu'une prairie artificielle que Ton ne romprait qu'à la seconde année ; car c'est à cette époque que le chiendent y est le plus abondant. Lorsqu'au contraire on laisse subsister un pâturage pendant quatre ou cinq ans, comme je l'ai fait jusqu'aujourd'hui, le chiendent y disparaît presqu'entièrement dans les dernières années , parce que sa végétation ne peut se passer pendant aussi longtemps de l'ameublissement du sol. Avec l'assolement projeté, je suis assuré que le chiendent ne ferait pas plus de progrès que dans l'assolement actuel; et il est même vraisemblable qu'on en combattrait la propagation avec encore plus d'avantages.

La production des fourrages secs varie généralement dans l'exploitation entre âOO et 240 milliers , sans compter la nourriture au vert de tout le bétail pendant environ six mois de l'année*. Cette production de fourrage, en y joignant la récolte de betteraves et de pommes de terre, suffit à l'entretien de 6 à 800 têtes de bêtes à laine, d'une couple de vaches pour l'entretien du ménage et l'engraissement annuel de 20 à 25 bœufs , outre l'entretien des attelages qui se composent en général de 14 à 16 chevaux. J'y ai employé rarement des bœufs depuis quelques années, quoique ces animaux soient réellement plus économiques pour le service du trait , principalement pour les labours. Mais je suis placé à une si grande distance des foires où je puis faire mes achats , et il est si difficile de trouver dans notre pays des laboureurs qui veulent se déterminer à conduire des bœufs que les avantages que je pourrais

GOMPTB EBNDU. 17

trouirer à les employer, disparaissent devant les embarras qu'ils entraînent.

La production annueDe du fumier est en moyenne d'un peu plus de 1000 voitures à un cheval , du poids de 6 à 700 kil. Les trois soles que l'on doit fumer tous les ans exigent, d'après ce que j'ai dit, environ 900 voitures. Le reste est employé sur les terres placées hors de l'assolement.

Dans les comptes rendus des années précédentes , j'ai présenté à part les résultats du compte de l'exploitation agricole, relativement aux profits ou aux pertes , en la séparant des branches accessoires de rétablissement, comme l'institut et la fobrique d'instruments aratoires. Dans le compte rendu inséré dans le huitième volume , j'ai réuni en un seul tableau ces résultats pour les neuf exercices qui s'étaient écoulés avant cette époque. Il résultait de ce tableau, que l'exploitation agricole avait offert jusque là une perte moyenne annuelle de 1780 francs. En foisant un travail semblable sur les résultats de la comptabilité des quatre années qui se sont écoulées depuis, c'est à dire jusqu'au bilan du 1<^' juillet 1836 , on trouve que la perte moyenne annuelle de ces quatre années s'est ^élevée à 407 fr. ; et en calculant à part les résultats des deux derniers exercices, on trouve qu'ils se soldent en profits, et que le bénéfice moyen de ces deux années se porte à 3628 fi*. Je pense qu'à l'avenir il faudrait des circonstances désastreuses pour que le compte de l'exploitation agricole ne se balançât pas chaque année en bénéfice.

Tai exposé dans le dernier compte-rendu, les motifs pour lesquels , dans ma position personnelle , et dans les circonstances où je suis placé , je ne puis espérer les mêmes profits agricoles que pourrait réaliser un cultivateur ordinaire , qui suivrait dans son exploitation , d^aussi bons

procédés que ceux dont je fais usage. Je ne puis répéter

18 COMPTE ftBNDlf.

ki Pexposé de ces motifs; mais je ferai remarquer que parmi les dépenses d'exploitation de la ferme , on fait figurer en totalité les frais d^entretien de mon ménage , qui se portent annuellement en moyenne à environ 4600 francs , en y comprenant à la vérité l'entretien des laboureurs et autres employés qui sont nourris à la maison. J'aurais pu sans doute répartir cette dépense entre l'exploitation agricole et les autres branches de l'établissement ; mais j'ai Toulu me placer franchement dans la position d'un fermier, et toute cette dépense est supportée par, Fexploitation rurale. Ainsi, en supposant qu'un propriétaire se fôt placé dans une position semblable , en &isant valoir son propre domaine y voici quels seraient pour lui les résultats financiers de cette exploitation pendant 14 ans : il aurait tiré de sa propriété , pendant les premières années de l'exploitation , un revenu certainement supérieur à celui qu'il eût pu^ obtenir en l'affermant, et il aurait eu de plus sa maison entretenue sur les frais de culture , pourvu qu'il eût été disposé à l'établir sur un pied peu dispendieux. Il verrait en outre commencer la période d'un accroissement important de revenu résultant des améliorations apportées à 'sa propriété ; et cette dernière aurait éprouvé un accroissement de valeur foncière considérable par l'effet des améliorations, rajouterai que si ce propriétaire était un homme jeune, actif, jouissant d'une bonne santé , et pouvant consacrer une bonne partie de son temps à la direction et à la surveillance des travaux , il aurait eu sur moi un avantage qui aurait fait pencher en sa foveur, pour une somme considérable , la balance du compte de profits et pertes, depuis Forigine de l'exploitation.

n est arrivé quelquefois que, lorsque j'exposais les résultats que j'obtenais dans une exploitation agricole, dans les circonstances personnelles les plus dé&vorables,vt mes interlocuteurs avaient la courtoisie de les attribuer

COMPn IBlfDU. 19

à une G9i|iaeilé personnelle spéciale , on aux connaissant ces étendues que l'on me supposait; mais ent vérité Je dois le dire , une telle opinion ne serait pas fondée ; il n'est cpiestion dans les opérations d'ime ferme, ni de haute capacité ni de omibinaisons savantes. Avant tout , il &ut être disposé par goàt à faire son bonheur de la vie agricAe. n est certain tout^is que pour trouver lehonheur dans cette carrière , il &ut y réussir ; mais le succès n'exige iàj ni des qualités p«rs<Hmelles éminentes, ni un degré d'instniction difficile à acquérir.

Sans un article intitulé : Des Sttccèg et de» Rgcen dam let entreprisei iuméliorations agricoles , qui a été inséré dans le 8^ volume des Annales de RovUle, j'ai indiqué les qualités personnelles les plus importantes dans l'homme qui veut se livrer à une«ntreprise de cette nature. On m'a reproché d'avoir peint là un être idéal trop par£adt; et l'on a dit que cette peinture était propre à décourager beaucoup des hommes qui voudraient entrer dans cette canière; mais il est tàxàle de comprendre que je n'ai jamais cru qu'un môme hcmime pût réunir au plus haut degré les qualités dont je faisais J'énumération. Chacun , sans doute^ aura ses côtés faibles^ et pourra néanmoins prospérer dans son oitreprise , pourvu qu'il rachète «e qui lui manquera d'un côté par d'autres qualités essentielles. D'aiUeurs , il est bien certain que si ces qualités exigent une certaine disposition naturelle d'esprit et de caractère, elles sont toutes de nature à pouvoir s'acquérir jusqu'à un certain points par Texpérience et l'habitude de l'observation des faits , pourvu toutefois que l'individu soit doué d'application et d'im jugement droit , qualités fondamentales sans lesquelles on ne réussira jamais en agriculture, pas plus qu'en aucune autre canière.

On remarquera que c'est à Roville que j'ai réellement fidt mon apprentissage agricole ; et quoique je me fiisse

tO COMPTE miNPlT.

ooèupé de culture pendant toute ma yie, je n'aya» jamais dirigé une exploitation un peu vaste , et je puiâ bien dire que ce qu'on appelle communément la science agricole , m'a été plus nuisible qu'utile dans les premières années de Texploitation, et jusqu'à ce que j'eusse acquis assez de pratique pour me diriger dani^ l'application des doctrines que j'ayais puisées dans les liyres. Les personnes qui ont lu les pre* miers volumes des Annales de Roville, ont pu j reconnaître l'agronome inexpérimenté plutôt que le cultivateur, le praticien. Je citerai en particulier le plan théorique de mes assolements , que j'ai exposé dans la première livraison , et que j'avais cru pouvoir tracer avant de connaître à fond les terres que j'allais exploiter. L'expérience et l'observation des Ëdts ont bientôt fiiit justice de plusieurs idées de cette nature. Je ne regrette au reste, en aucune &çon , d'avoir donné lieu aux lecteurs attentifs , d'observer pendant le cours de cette publication, comment se sont modifiées successivement en présence de la pratique, plusieurs des idées et des opinions que j'avais empruntées à mes lectures agricoles , autant qu'à des observations personneDes, restreintes à une trop petite échelle. Je crois qu'il y a quelque chose d'instructif dans ces transformations des idées de l'homme qui se trouve aux prises avec les foits, dans une exploitation agricole étendue; c'est pour cela que j'ai toujours exposé avec un entier abandon, les plans que je formais , et leurs résultats quels qu'ils fussent ; et je m'étais déterminé à l'avance, à laisser complètement de côté toute question d'amour-propre personnel. Je suis donc convaincu qu'une multitude de personnes placées dans la même position , auraient pu feire aussi bien ou mieux que moi ; et aujourd'hui , les hommes qui veulent se livrer à la même carrière , ont bien plus de moyens d'instruction pratique qu'S n'en existait alors , en sorte qu'il est plus fiicile d'obtenir des succès sans acheter l'expérience par des fautes.

Je yeux dire nettement ici toute ma pensée sur la part qu'ont eue au succès de Texploitatioa agricole de Royille , les dispositi<MQS et Taptitude personnelle de Thomme qui la dirige , car il me semble qu'il y a encore là un important siget d'instruction : je ne crois pas m'abuser en jugeant que parmi mes dispositions personnelles , celle qui a contribué le plus puissamment à me conduire dans une bonne voie à travers de grandes difficultés , c'est Fesprit d'ordre et de sage administration que j'ai puisé un peu tard, dans une exfiérience dièrement acquise. L'art de choisir, d'organiser et de diriger les subordonnés m'était plus nécessaire qu'à beaucoup d'autres^à cause d'une position qui me forçait à par* tager mon temps et mon attention entre des occupations fort diverses ; mais je remarque qu^en général , l'importance de cet art est si méconnue de la plupart des hommes qui s'adomient à l'agriculture , que je regarde comme une chose utile , de dire que dans quelque position qu'on se trouve , c'est lui qui a presque toujours le plus de part aux succès; et c'est certainement dans les soins que j'ai apportés à cette partie si importante de l'administration d'une ferme, que je dois le principal avantage que j'ai eu peut-être sur im grand nombre de ceux qui auraient pu se trouver dans ma position.

n &ut que je dise aussi que les hommes qui forment des entreprises pour leur propre compte, possèdent un très-grand avantage sur celui qui dirige un établissement sur lequel les regards du public sont fibiés : pour celui-ci, il Êiut réussir vite , et il est fort difficile qu'il se dégage tout à ùàt de l'entraînement qui résulte de cette impatience , qui &it que tout le monde en France veut voir des résultats , sans tenir compte des exigences de Pagriculture , dans laquelle les faits viennent lentement pendant que le temps marche vite. C'est là, certainement, une des plus graves difficultés qui s'opposent aux succès, dans les établissements

S3 fOMPTE UHDV.

agricoles fondés par des souscripteurs , ou qui ont besoin Ae la &veur publique pour se souteiiir. L'établissement de Roville n'a certes pas été exempt de ce genre d'inconvénient, et des &utes quHl entraîne dans la marche des opérations. Cependant , grâce au degré d'indépendance dans laquelle m'avaient placé les statuts , j'ai pu restreindre beaucoup les conséquences filcheuses de dette situation. Quant à ceux qui travaillent pour leur propre compte , ils peuvent, si leur entreprise a été bien combinée, relativement à leurs ressources pécuniaires , prendre tout le temps nécessaire pour arriver progressivement à de bons résultats ; et dans ce cas , il ne &ut en réalité , pour assurer des succès, que les qualités personneUes qui se rencontrent dans un grand nombre d'hommes.

COMPTE EBNPU. iS

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