D£ CA COMMISSION
lors({a^une circonstance telle qu^une sécheresse extraordinaire vient' frapper la généralité des ré^ I coites, alors il n^est pas possible quMl n'en résulte une grande perte sur Tensemble , et en 1827, elles^'est portée à un si haut degré ^ qu^à fexceptipn d^un petit nombre de récoltes pri-« ^ilégiées ^ comme le lin , les betteraves portegraines, le colza , la perte a envahi presque tous les genres de culture. Le blé néanmoins présente encore un faible bénéfice de 4 fi** ^4 ^^^^ 7 ^^ une récolte dont le produit brut s'est élevé à une valeur de 13,179 fr. ag cent.
L'examen de tous les autres comptes nous a également fait reconnaître que celui de bergerie qui se balançait constamment en bénéfice les années précédentes , présente cette année la perte de 2,494 fi** 6^ c^>^^* ^* ^^ Dombasle attribue en grande partie cette différence énorme à la perte faite sur la vente des laines des tontes des années 1826 et 1827 , qui existaient encore en magasin au premier juillet 1827 , et dont la qualité paraît avoir été singulièrement dépréciée aux yeux des fabricans, par suite d'une méthode puisée à l'étranger et qui consistait à laver les toisons à dos. La vente des laines n'a donc produit qu'une somme de 7^95o fir. 85 cent., en sorte qu'il eu résulte un déficit de 2,111 fr. 65 cent.; mais votre commission a l^honneur de vous faire re-
l8o RAPPORT
marquer i* que ce déficit a été supporté entièrement par le compte de bergerie de 1838^ quoiqu'il fût le résultat des tontes antérieures; 5^ et que le bénéfice de i^oSy fr. sur la tonte de i8a8, obtenu depuis l'époque de Tinventaire, ae pourra figurer qu'au compte de bergerie de Tan prochain. Nous n'avons pas cru devoir étendre davantage nos observations à ce sujet, attendu que M. de Domhasle doit les retracer avec tout le détail et la clarté désirables dans son rapport , comme aussi donner toutes les ex* plications nécessaires sur la perte de i^yoS fr. $1 cent, qui provient de. la cessation des ope— rittions de la distillerie.
C'est la première fois, Messieurs, que nous avons à vous entretenir d'un échec arrivé à l'établissement de Roville^ mais il était ïacile de 5e convaincre qu'il était inévitable par Timpos-^ sibilité de lutter contre une sécheresse désolante et surtout sur un sol aussi brûlant que celui de floville. Il fallait même toute l'habileté de M. de Domhasle pour affranchir cet établissement de plus grandes pertes. Pleine de confiance dans sa direction aussi sage qu'éclairée , et justement encouragée par la protection que Sa Majesté daigne accorder à cette ferme modèle , votre commission passe sur la perte éprouvée cette année pour ne songer qu'à un avenir qui per^
DE IiA œDIMISSION. l8l
met d'entrevoir les plus belles espëranqes. En effet^ Messieurs ^ nous pouvons vous en donner^ par anticipation, un léger aperçu. Vous avez remarqué plus haut que les laines de 1 828 étaient vendues et que le bénéfice résultant de cette vente s'était élevé à i^oSy fr.; ajoutons à ce premier avantage là récolte du colza qui, déduction faite des frais, garantit également un bénéfice de 3,ooo fr. . environ. Si Pon. considère que les pommes de terre ont été très-rabdn— dantes et les fourrages en double quantité des années précédentes , ce qui donne de grandes £iciUtés pour la multiplication du bétail et d^ engrais, voi^ verrez, Messieurs^ que ce n'est pas sans fondement que votre commission vous fait tntreyoir deis^ temps meilleurs. ISous devons tous d'autant plus y compter, que leç terres de Ra- ;dlle ayant reçu les façons nécessaires au docte assolement auquel M. de Dombasle voulait les soumettre, il semble que, sans événement ex*traordinaires , elles ne peuvent se montrer ingrates envers un homme qui consacre sa vie à les améliorer et à les embellir.
'Jl réassemblée générale de MM^ les action^ noires de rétablissement de Rouille y le a5 avril 1839, de la situation financière de cet établissement à P époque du i*' juillet idaS, par M. DK DoMBASLE) directeur de Vétc^ blissem^ni. ^.
J^IessieurS) je Tiens, pour }a dnquième ibis, TOUS présenter le compte annuel de la situation ile rétablissement que tous aTes confié à mes soins. Je dépose sur le bureau le bilan et VinTentaire Pressés au x^^ juillet dernier. Pour la première fois, le compte financier de cette année nous présente de la perte , et même une porte relati-* Tement très-considérable^ car, comme Tient déjà de TOUS le dire la commission permanente, elle se monte , pour la cinquième année d^exercice close le 1^ juillet 1 828, à la somme de 7,o83 fr. o5 cent.^ en sorte que le capital de rétablissement porté primitivement à la somme de 60,000 fr. par Pé-* mission de 120 actions, et qui, au i*' juillet 1827, se trouvait porté, par les bénéfices des exercices précédens, a celle de 73,878 fr. ôg cent., se
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PAR M. DS DOMBASLE. l83
trouve aujourd'hui réduit à celle de 66,790 fr« o4 cent.
D'après rinventaire fait à cette dernière époque, des valeurs mobilières appartenant à Fétablisse- Bient, ces valeurs se portent à une somme de 75,786 fr. 54 cent»
Dans le courant de Tannée , je sentais déyk biea quUl Dictait pas possible que ce compte ne se balançât en perte, parce que les saisons de sécheresse qui avaient déjà influé défavorablement sur les récoltes des deux années précédentes , avaient été suivies en 1827, par une sécheresse plus désastreuse encore, qui avait diminué le produit de presque toutes les récoltes^ dans une énorme proportion. Les pommes de terre, par exemple, qui, en 1825 et 1826, avaient encore assez bien ^iusté à la sécheresse , n^ont donné en j8;i7, qxCmÊ récolte de moins de moitié d^une année moyenne. Quoi quUl en soit , mon premier soin, lorsque j'ai eu connaissance du résultat du bilan général , a été de chercher dans les élémens que me pressentait une comptabilité très— détaillée, la connaissance des sources d^où découlait cette perte , afin de reconnaître si Ton deva'it uniquement Tattribuer à Tintempérie des saisom, et je regarde comme un devoir, Mes-^ rieurs , ie vous présenter ici avec quelques dé* tails , les résultats de cet examen.
l84 COMPTE UEUDU.
' M^ recherches ont dû se porter d^abord sur les comptes de dépenses générales, afin de re*connaître si elles n^auraient pas excédé dans cette année, le taux des années précédentes. On se rappellera peut-être que je suis dans Tusage de fondre à la fin de chaque exercice, dans un compte portant le titre dé Frais géiiéraux^ toutes les dépenses qui ne sont pas faites pour une récolte en particulier , mais qui doivent être Supportées par Tensemble de l'exploitation : ces dépenses sont les dépenses de ménage^ lesjrais d^ administration , comme salaire de commis , frais de bureau , ports de lettres, etc. 5 les intérêts des capitaux^ M entretien du mobilier de la ferme en instrumensy machines et ustensiles | V entretien des hdtimens^ etc. 5 enfin le dixième Ats dépenses faites jusque-là pour cfÊMliorations Joncières , comme marnage , épîèrremens extràordipaires , constructions , etc. C'est bien sur ces dépenses générales qu'il est nécessaire de veiller avec assiduité 5 car pour les frais spéciaux de culture qu'exige chaque récolte , ils ûe sont pas par leur nature sujets à beaucoup de variations , et l'on peut jusqu'à un certain point les déterminer d'avarice. L'important est de voir sî les dépenses générales n'absorberaient pas le» bénéfices que Ton peut attendre des diverses récoltes ou des diverses espèces de bestiaux.
PAH M. DE BOMBASLE. l85
Je vais présenter ici les soldes compAratife dtt divers comptes de dépenses générales pour les de\ï% derniers exercices i8!36« 18274 .
Dépenses de ménage. 35164*14^ 2,798^08*^
Frais d'administratîon, 892 79 991 49
Intérêts des capitaux. • 3,4^^ 7^ 3,421 pg
Entretien du mobilier
de la ferme 3,8i4 49 25395 82
Entretien des bâtimens. 49 80 78 55
. Id. des chemins. . ... 86 5o 226 65
Id* des fossés. ....... 84 94 89 81
Dixième du compte'
d'améliorations foncières. 4^8 ^7 571 21
Total.-... 11,947^29® 11,567? 70*^ Nous trouvons donc que dans k dernier exer^ cice, les d^ehses giénéralés ont été moindres que dans Texèrcice précédent, et en répartissant, selon Tubage que j'ai adopté , la masse dès frais gêné— raux sur toutes les terres de Fexploitation , la somme s^est portée cette aniiée à i4 fr^. i5 cent par Jour ât terre, ou cinquième d'hectare^ tandis que dans Tannée précédente elle avait été de 1 5 ir. o5 cent. Ce n'est donc pas dans i|ne augmentation des dépenses générales, que nous iievoû; chercher la cause de la perte que présente ^tte année. Il y aurait encore ici une autre qv^^tion à eiuniner^ c^est de savoir si
lB6 GOMPTE REIIDU
ces dépenses ne sont pas en général trop élevées à RoYÎUe, soit dans une année, soit dans Tautre : je présenterai à cet égard de courtes observations.
Personne, je le pense, ne sera disposé à croire que les dépenses de ménage pourraient être réduites au-dessous de ce qu^elles sont ici , s> Ton considère qu elles comprennent toute la consommation , pour nourriture , chauffage , éclairage , etc., dWe population moyenne de ii à 12 individus (1), y compris toutes les dépenses qui s'y rapportent, comme toutes les denrées quelconques que 1« ferme fournit pour Fentretien du ménage , tous les frais qu^entraîne le jardin , pour Joyer du terrain, gages du jardinier, etc. , la nourriture et Pentretien des vaches et des volailles , tous ces objets étant fondus dans le compte des dépenses de -ménage, où Ton porte directement les dépenses qu^ils occasionnent, La diminution de dépenses que Ton remarque ^sel i8a8 relativement à 1837, malgré Faugmentation du prix du pain qui forme toujours un des articles les plus considérables des dépenses de ce compte, est due presque en totalité à une circonstance
(i) Le nombre total de journées de nourriture p>"r l'année , a ëtc de 4^197 1 ^^ <I^ porte la journée d'extretien de chaque individu à 66 cept. et démit
PAR M. DE DOMBASIE. 1^
bien douloureuse pour moi^ la diminution numérique de ma famille, par Tabsence de mes enfans c^ui ont formé un établissement agricole pour leur propre^ compte dans Touest de la France. Les frais d^administration sont probablement Far* tide que quelques personnes seraient le plus dis-* posées à regarder comme trop élevés. Cependant, ea faisant abstraction de Tidée trop généralement répandue que Pagriculture n^a rien à démêler avec des frais d^administration ^ et en considérant purement la ferme comme un établisisement in-* dustriel ou une manufacture qui crée annuellement des produits pour une somme d^environ 4o,ooo fr. , je crois que Ton ne peut guère espérer d'y établit avec une dépense moins considérable, up système régulier de comptabilité et dVdre intérieur, surtout lorsque^ par la nature des relations de cet établissement avec les bail^ leurs de fonds et avec le public, il est indis— pensable qne cette comptabilité soit tenue avec une très-grande exactitude dans tous ses détails. J'ajouterai seulement que c'est uniquement à l'application des dépenses de ce chapitre, que je dois de pouvoir me livrer ici à l'investigation des causes qui peuvent avoir exercé de l'influence sur les pertes du dernier exercice.
Les intérêts n'ont pas éprouvé de variations sensibles,^ non plus que l'entretien des fossés^
l88 COMPTE RENDU
Ventretten du mobilier de la ferme a un peu diminué^ mais Farticle qui a éprouvé le plus d'augmentation^ c^est celui de Ventretien des chemins t toute cette dépense |X)nsiste en travaux exécutés^ prévue toujours pendant Phi— ver ^ par leâ attelages de la ferme ^ pour la réparation des chemins de la commune ^ dont une partie est encore aujourd'hui en très -mauvais état. Comme Fexpérience m'a démontré que les travaux exécutés en commun par les hahitans, sous la dénomination de prestation en nature, n'atteignent presque jamais leur but, parce qu'ils sont mal dirigés, je me suis vu forcé de n'y presque plus compter ; et de faire mettre moimême en état, du moins les chemins les plus Utiles à l'exploitation. J'ai provoqué , en fournissant une partie des fonds, une souscription entre les habitans de la commune , pour la construction ^'un pont terminé depuis quelques mois , sur le canal de Roville, dans une position où il était réellement indispensable* J'ai fait entièrement les frais des travaux nécessaires pour faciliter aux voitures les abords d'un autre pont qui formait un passage très-difficile , et qui m'a occasionné certainement chaque année en augmentation de frais de charroi , une dépense plus forte que xelle que j'ai faite pour le mettre en bon état pour toujours. Au reste , la somme de toutes ces
PAR M. DE DOMBASLE. l$^
dépenses n^est pas très-considérable , puisqu'elle ne s^élève pour toute Paoné^ qu'à la somme de 22G fr. 65 cent.
On se rappelle que j^ai établi comme base d^a-* mortissement du compte ^améliorations Jbn^ cières ^ de faire supporter cbaque année ^ au compte de frais généraux ^ le dixième du solde du compte d^ améliorations. On peut voir que cette année, ce dixième est plus fort qu'il ne Pétait Tannée dernière , ce qui montre que la compte ^améliorations foncières s'est accru depuis cette époque; il se portait au premier juillet dernier a 5,712 fr. 10 cent. Si cela durait ainsi , il est clair que mon système d'amortisse^ ment serait mauvais; mais on doit considérer qu^un fermier peut , seulement pendant les pre*^ mières années d'un bail long , se livrer écono-^ iniquement à des dépenses de cette espèce; et passée Tannée où nous sommes, je suis bien déterminé à couper court au débit de ce compte ^ en sorte que Tamôrtissement produira annuelle-* ment son effet. Les principales dépenses qui figurent au débit de ce compte, consistent en des marnages, épierremens, saignées couvertes, et en quelques clôtures indispensables ou au moins d'une très-grande utilité, dans les dépendances de la maison d'exploitation.
Lorsque l'on considère en masse cette somme annuelle de frais généraux , on est naturellement
igo COMPTE HENDU
disposé à les trouver énormes, pour une explow tation rurale comme celle-ci; cependant en les examinant en détail, on s^aperçolt bientôt que des dépenses de même nature sont, pour une partie considérable, à la charge de toutes les fer— socs, même les plus mal tenues, quoiqu^il n^y existe pas d'^écritures qui les fassent ressortir comme nous les voyons ici ; Tarticle des intérêts y serait certainement beaucoup moindre , puisqu^on n^y emploie qu^un modique capital; Tentretien du mobilier de la ferme n^ serait peut-être que de moitié, parce qu^on y emploie des instrumens moins nombreux et moins parfaits; les frais d'administration y seraient supprimés presque en totalité, parce que Ton vlJ calcule rien; mais les dépenses de ménage y seraient proportionnelle-* ment à peu près les mêmes. Au total, je pré^ $ume qu^en comparant les dépenses de ce genre, telles qu elles sont à Roville , avec celles des fermes ordinaires du pays , ces dernières en économisent à peu près la moitié, ou, en d'autres termes, le jour de terre qui se trouve chargé à Roville, pour Farticle àes frais généraux d'une somme de il^ïv. i5 cent., ne supporte en général qu'enviroi» 7 fr. dans les fermes ordinaires de notre pays. La question se réduit donc à savoir, si, à Faide d^un capital plus considérable, d'ins^* trumens plus non^breux et plus parfaits , de che-
PAR M. DE DOMÈÀSLE. igi
mins et de fossés mieux entretenus, si enfin, à l'aide de Tordre qu'il est possible d'établir dans toutes les branches du service au moyen d'une bonne comptabilité, et des lumières qu'elle fournit sur les résultats pécuniaires de chaque genre de cuittîre en particulier, il est possible d'obte-* nir une augmentation de produit d'environ 7 &• par jour de terres C'est bien ainsi que la ques« tion doit être posée , et dans l'augmentation de produits , il faut faire entrer aussi la diminution des dépenses de culture, qui est le réstiltiat de l'emploi des instrumens qui ont pour but de diminuer les frais de main-d'œuvre, autant que d'accroître les produits au moyen d'une culture plus parfaite. Je ne présume pas qu^aucun cul-<tivateur expérimenté puisse hésiter à résoudre cette question, et je suis convaincu que la solution laisse encore un avantage très-cOnsidé^ rable à la culture perfectionnée.
Aujourd'hui que plusieurs années d'expérience m^ont mis à portée d'apprécier d'une manière assez exacte les dépenses de culture qu'entraîne chaque récolte en particulier, je crois devoir ajouter à l'exposé que je viens de vous présenter le tableau de ces dépenses pour les plus importantes de ces récoltes dans la plaine.. Nous pourrons mieux les comparer aux produits probables^ je choisirai pour exemple le froment et les pommes de terre.
Je compterai d'abord comme dépenses fixes, celles qui sont les mêmes pour toutes les récoltes^ c'est-à-dire le lojrer dçs terres ^ la quote part des Jrais généraux , et le fumier ; pour ce dernier article , comme dans Fassolement que j'ai adopté 9 on fume légèrement tous les deux ^QS^ je crois convenable de faire supporter à chacune des deux récoltes , la moitié des frais de cette fumure, et je dois dire ici que les écritures de plusieurs années successives m'ayant montré le compte de fumier constamment en perte, j'ai acquis ainsi la preuve que je n'avais pas assigné à la voiture de fumier, une valeur assez élevée, et qu'elle coûte au cultivateur plus cher que je ne l'avais estimée. Eu conséquence, a dater de cette année, j'en ai fixé la valeur a 5 fr. 5o cent , y compris la conduite et la mainr d'œuvre pour le répandre. Ma JTumure ordinaire est de 6 voitures à un cheval de 6 à 700 kilog. par jour de terre. Les dépenses fixes sMtablis- $ent comme il suit par jour de 20 ares.
Loyer , , 8^ »*
Quote part des frais généraux 14 i5
Moitié des frais d^ fumure iÇ 5o
Total..... 38^ 65^ T^ous avons maintenant pour les dépenses particulières au. froment cultivé après une récolte sartlée :
PAR M, DE DOMBASLE^ ' 1 gS
Report 38^ 65^
Un labour». '. 2 5o
Semence , deux doubles décalitres à
i5 fr. rhect 6 »
Hersage de la semence et salaire du
semeur, i 3^
Binage et sarclage 3 »
Faucillage 2 »
Enjavelage, conduite des gerbes et
main-d^œuvre à la grange. 1 5o
Battage à la machine. . ., 1 20
Conduite au marché 3 »
Total général 58^ 85*^
C'est bien à cette somme de 58 à Sg fr.^ que Ton doit évaluer la totalité des dépenses qu'exige la culture d'un jour de terre en froment dans la culture de la ferme de Roville, ce qui fait par hectare 290 à 3oo fr.
Si nous voulons maintenant comparer cette dépense avec ce qu'elle est réellement dans la culture ordinaire des fermiers de notre pays, nous trouverons des bases assez certaines pour établir cette comparaison ^ je vais la présenter avec détails.
Je dois dire d'abord que comme le froment se sème toujours sur la jachère, il doit supporter âèux années de loyer. Je Supposerai qu'au lieu de 5* Liva. i3
194 COMFTS KÊJSBXS
moitiiS àt$ frais généraua: établis à Royille, la ferme ordinaire n^en supporte ^ qu^un tiers , ce qui est certainement au-dessous de la réalité \ le froment devra en supporter aussi deux années, puisque cet espace de temps est occupé à le produire,, et qu'il faut bien que chaque année paie les dépenses de ménage , Tentretîen du mobilier de la ferme ) Tintérét du capital, etc. Quant au fumier, je supposerai que le froment supporte également la moitié des frais de fumure , puisque si Fassolement dure trois ans , il ne présente également que deux récoltes. Je suppose d'ailleurs le fermier travaillant avec les instrumens et les méthodes usités dans le pays. Le compte s'établira comme il suit :
Loyer de deux années.. i6^ »
Frais généraux à S f. par an pour 2 ans. lo »
Fumier, moitié de la fumure...... 16 5o
Trois labours avec une charrue conduite par 4 ou 6 chevaux et deux hommes , à 4 fi*« P*'^ jonr de terre pour
chaque labour. • • • • 12 »
Semence, semaille et hersage, comme
ci-dessus.. ■. y »
Echardonnage ^ . . . » 5o
Faucillage, comme ci-dessus 2 »
A reporter 64^ »•
PAR M. DE DOMBASLE. IqS
Report. 64^ " »«
Enjavelâge , conduite des gerbes et travail pour engranger, comme cî-dessus.. i 5o.
Battage au fléau , au moins 2 »
Conduite au marché 3 »
Total 70 5o
En sorte que la culture dispendieuse établie à Roville présente en effet, sur les dépenses delà récolte de froment, un avantage de 12 fr. par jour ou 60 fr. par hectare , sur la culture économique des fermiers du pays , pour lesquels néanmoins il faut remarquer que le froment est tout^ car tout est sacrifié à cette récolte dans Tassolement triennal.
Si nous cherchons ici comment ces dépenses peuvent être couvertes, nous trouverons qu'il faut en déduire d'abord 10 fr. pour la valeur de 5ôo kilog. de paille, produit approximatif d'un jour de terre 5 il restera donc à Roville une somme de 48 fr. 85 cent. , qui doit être couverte par la valeur du grain.' En supposant que le prix moyen du froment sur le marché d'Épînal est de i5 fr. rhectolitre, ce que je crois assez exact, il faudrait un produit moyen de 3 hect. 1/5 par jour, ou 16 hect. par hectare, pour que le compte se balançât sans bénéfice ni perte j je puis certaiaement compter sur un produit
igS COMPTE RENDU
moyen supérieur à celui-ci, et des saisons aussi défavorables que ces deux dernières, peuvent seules le laisser au-dessous -de ce terme.
Je vais maintenant établir les dépenses d^un jour de pommes de terre.
Dépenses fixes pour loyer, frais généraux et fumier , comme ci-dessus . . . 38^ 65**
Trois labours à 2 fr. 5o cent, chacun. 7 5o
Semence, 7 quintaux à 1 fr 7 »
Main-d'œuvre pour la plantation à la charrue 1 ' 1 5
Un binage à la houe à cheval , et deux buttages à la charrue 2 25
Main-d'œuvre pour Farrachage et Temmagasinage 1 4 »
Charroi. •.. 2 5o
Total 78^ o5*=
Celte dépense de 78 fr. o5 cent, par jour de terre, ou 365 fr. 25 cent, par hectare, forme à peu près le maximun des frais de culture à Roville, si j'en excepte quelques récoltes qui ne se cultivent que sur de très-petits espaces de terrain , tandis que la récolle de blé en présente à peu près le minimum; en sorte que les dépenses de cullure varient dans les terres de la plaine entre 58 et 78 fr. par jour de terre.
Si le produit des pommes de terre est en
moyenne de 100 quîntaux par jour^ comme jç le présume, il faudrait donner au quintal une Taleur de 78 cent, pour que le compte se balançât sans perte ni bénéfice 5 maïs je pense «qu^on pourra^ toujours trouver moyen de tirer parti des pommes de terre à un prix supérieur, et à environ 1 fr, le quintal , ce qui présentera un bénéfice raisonnable sur ce compte. Ne pouvant plus les employer à la distillerie, je m^occupe depuis Tannée dernière à les convertir en fécule, en employant les résidus à la nourriture des bestiaux. Il n^est plus douteux pour moi que cet emploi des pommes de terre ne soit fort avantageux lorsque Ton aura trouvé des dé— bouchés pour la fécule, qui est aujourd'hui l'objet d'un commerce fort étendu dans les environs de Paris et dans plusieurs parties du royaume; mais j'ai éprouvé jusqu'ici beaucoup de difficultés pour le placement de mes produits, et je crains fort d'être forcé de les envoyer à Paris, quoique les prix y soient fort élevés en ce moment, parce que les frais du transport absorberaient environ un cinquième de la valeur du produit. Cependant^ à cette condition même , je crois que la fabrication serait encore^ avantageuse.
D'après ce que je viens de dire , il est facile de concevoir que chaque jour de terre devant
donner, pour couvrir les dépenses de eulture^ un produit brùt qui varîe entre 58 et yS fr,., une diminution même peu considérâbte sur ce produit , par PefiFet d'une saison défavorable ^ peut facilement entraîner une perte importante , de même qu'un bénéfice assez considérable sur l'ensemble peut résulter d une élévation accidentelle des produils bruts de chaque jour de terre audessus du terme moyen : en effet ^ il n'est pas rare en agriculture , que les intempéries d'une saison ^ réduisent à un tiers ou un quart au-dessous du terme moyen le produit d'une récolte 5 alors le compte de cette récolte entraînera inévitablement une perte considérable. Dans le plus grand nombre des cas, le succès d'une récolte com— jpense le déficit laissé par unéaatre, parce que la saison est rarement défavorable pour toutes les récoltes; mais lorsqu'une circonstance telle qu^une sécheresse extraordinaire, sur un sol brûlant comme celui de Roville, vient frapper la généralité des récoltes , albrs il n'est pas possible qu'il n'en résulte pas une grande perte sur l'ensemble. Malgré les sécheresses de 1825 et 1826, plusieurs comptes de récoltes avaient en^ core présenté du bénéfice; mais en 1827^ l'eflFet a été tel que la perte s'étend sur tous les genres de culture, si j'en excepte un petit nombre de récolles privilégiées , très-lucratives par leur na--
PAR M. BS BOMBASU» I99
ture^ comme le lîa^ les betteraves porte-graine ^ le colza ^ presque tous les comptes de culture se balancent en perte. Le blé néanmoins, présente encore un chétif bénéfice de 49 fi*-^ ^4 ^^^t* sur une récolte dont le produit brut s^est porté à une valeur de 13,179 fr. 29 cent.
Je dois dire quelques mots du compte de ber^ gerie, qui, balançant constamment les années pré^ cédentes en bénéfices, présente cette année la perte énorme de 2,494 ^^* ^^ ^^^^* « <^1^ ^^ dû, pour la plus grande partie, à la perte faite sur la vente des laines des tontes des années 1826 et 1827, qui existaient encore en maga-* sin au 1^' juillet 1827, et qui, évaluées au prix que j^en avais refusé, avaient été portées sur l'inventaire au débit de la bergerie pour une somme totale de 10,062 fr. 5o cent.; mais la vente en a été très-difficile , parce que j^avais fait laver les toisons à dos selon là méthode usitée en Saxe , et quoique cette opération eût été par-^ faitement bien exécutée, elle a déprécié ces laines dune manière à peine croyable, aux yeux des fabricans de Paris où je les avais envoyées , et la vente n^a produit qu^une somme de 7,95o fr. 85 cent. , en sorte qu^il en est résulté un déficit de 2,1 1 1 fr. 65 cent, qui a dû être supporté par le compte de bergerie de 1828, quoiqu^il fût le résultat des tontes antérieures. DW autre côté, le
200 COMPTE AENBU
produit en suint de la tonte de 1828, qui figure à rinventaire de cette année pour une somme de 4,2o3 fr, , a été vendu depuis à Sedan pour une somme de 5,24o fr. ce qui présente un bénéfice de i)037 fir. ^ mais ce bénéfice ne figurera au compte de bergerie que Tan prochain, puisqu^il a été fiaiit depuis l'époque de Tinventaire. Il r&ulte de ces deux différences en sens inverse , que le compte de bergerie en 1828 a été chargé d'une perte de plus de 2,000 fr. qui lui était réellement étrangère, et qu'il est privé d'un bénéfice de 1,000 fn qui lui appartient bien 5 son actif se trouve donc diminué de plus de 3,ooo fr., ce qui a entraîné la balance à son préjudice. La régularité mêmq des écritures entraîne nécessairement des chances de ce genre , et il n'en résulte aucune erreur , puisque les comptes des années suivantes vien-^ nent nécessairement les rectifier.
D'autres causes ont encore concouru avec celles que je viens de signaler, pour occasionner la perte que nous présente le bilan de cette année : la cessation des opérations de la distillerie a exigé la suppression de plusieurs des objets qui en formaient le àiobilier, et une liquidation de ce genre entraîne toujours des pertes , parce qu'il y a nécessairement diminution de valeur des machines et ustensiles ) lorsqu'on les vend , ou qu'on les applique à une autre destination ^ aussi la perte sur le
compte du mobilier de la distillerie s'est portée à la somme de i^yoS fr. 81 cent. Les ustensiles de cuivre existent encore en nature, mais je me déterminerai probablement à les vendre. J'ai profité du haut prix qu'avaient les futailles cette année, pour vendre une grande partie de celles qui étaient employées par la distillerie ^ cette vente a eu lieu depuis le 1^^ juillet , et avec bénéfice sur la valeur pour laquelle elles figurent à Tinventaîre. Il y a également eu de la perte sur les produits de la distillerie qui restaient encore en magasin à l'inventaire de 1827, par la suite de la baisse constante dans le prix des eaux-de-vie. Il n'en reste plus aujourd'hui.
lia fabrication de la fécule a également entraîné une perte de .i,65o &. 80 cent., d'abord parce que l'établissement d'une fabrication de ce genre entraînant nécessairement des tâtonnemens coû^ leux^ il est fort difficile d'en espérer du bénéfice dès le principe , et ensuite parce que j'ai dû compter les pommes de terre au débit de la fécule, au prix très-élevé qu elles avaient dans l'automne de i'837, et auquel j'aurais pu réellement les Tendre immédiatement après la récolte. Ce prix était de 1 fr. 5o cent, le tandelin pesant 4^ l^îl*^ et il est très-difficile que la fabrication de la fécule présente du bénéfice, en évaluant les pommes, de terre à ce prix. Cette a^née je ne les compte
aoa COMPTE BENDU
qu^à 75 cent. , parce qu'elles n^ont généralement que cette valeur.
Llnstitut agricole, ou le compte d'élèves n'a présenté qu'un modique bénéfice de 277 fr. 66 c. J'ai déjà dit Tannée dernière que je m'attendais que les frais seraient à peine couverts, à cause de l'augmentation de dépensés qu'entraînaient les dis-* positions que j'avais cru devoir faire , en attachant a l'institut des professeurs des diverses branches de connaissances accessoires à l'agriculture. Maïs cette amélioration dans l'enseignement a eu cette année pour effet l'augmentation du nombre des élèves , qui sont en ce moment (janvier 1829) au nombre de 18, tandis qu'ils n'étaient pendant l'hiver dernier que de 4 à 5 ^ en sorte que le compte se balancera mieux l'an prochain.
La fabrique d'instrumens aratoires perfectionnés a soutenu et même augmenté ses succès et son bénéfice ^ ce dernier s'est porté à la sommé de 45O07 fr. 73 cent.
Si nous voulons, comme je l'ai fait dans les années précédentes, distinguer dans la comptabilité générale, les comptes étrangers à l'agriculture proprement dite, afin de rechercher quel a été le résultat pécuniaire de l'exploitation de la ferme dans son ensemble , nous trouverons les comptes suivans étrangers à l'agriculture comme ayant présenté de la perte»
PAR M. DE BOMBASLE. 2o3
Réunion. Frais occasionnés pour I» réunion
agricole du 2 juin • . • . 1 34^ 74*^
Bbîs de service i83 76
Fécule • i,65o 80
Distillerie 673 09
Mobilier de la distillerie ^^y^^ ^<
Total.... 4^346^ 20^ Les comptes suivans étrangers à la ferme se sont balancés en bénéfice.
Apprentis.. . ; 101^ 82°
Élèves 277 66
Fabrique 4^007 73
Total 4^287^ 21^
Il résulte de ce calcul que la perte ou les bénéfices produits par lés comptes étrangers à Fagriculture, se sont presque exactement balancés^ puisque la différence en bénéfice n^est que de 4i fr» 01 cent. 5 en sorte que nous pouvons considérer la perte de plus de 7,000 fr. comme ayant été produite par l'exploitation agricole, ce qui, ré* parti sur toutes les terres de Texploitation , présenterait une perte moyenne d'environ 7 fr. par jour de terre , ou 35 fr. par hectare. Cette perte serait néanmoins réduite à un peu plus de moitié, si nous voulions en distraire la somme de 3,i48 fr« 65 cent. , dont le compte de bergerie a été chargé en excédant des dépenses réelles de Tannée, ainsi que \t Fai expliqué plus haut*
Tels sont^ Messieurs^ les résultats de la comptabilité pour Texercice clos le i^^ juillet dernier. J^ai cru devoir entrer sur ce sujet dans des détails d'autant plus étendus , que le résultat a été défavorable au-delà de toutes mes prévisions. Il me reste à vous dire quelque chose sur les récoltes faîtes pendant Pété dernier , dont le compte sera dressé le i*^*" juillet prochain, ainsi que sur Tétat des cultures qui occupent actuellement le sol , et dont les récoltes ne seront effectuées que dans Tété de cette année.
L'été de 1828 s'est distingué par une humidité aussi excessive que lavait été la sécheresse pendant les années précédentes. Il en est résulté dans notre pays , de même que dans le plus . grand nombre des dépaiiemens de la France, de très — grands enlbarras pour la rentrée des récoltes 5 cependant cela n'a entraîné à Roville aucune perte considérable, et presque toutes les récoltés ont été serrées en bon état. Au total, les années pluvieuses sont beaucoup plus favorables que la sécheresse, dans le sol de la plaine de Roville, et quoique, cette année, la durée des pluies ait été excessive, presque toutes les récoltes ont été fort abondantes. Je dois en excepter k froment, qui, comme partout dans nos pays, a considérablement souffert de l'humidité : le nombre de gerbes a été considérable, et, même
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dans les sols naturellement très-pauvres ^ la paille était haute et les épis nombreux ^ mais la rouille qui a envahi la récolte au moment où lé grain se formait , en a considérablement diminué la quantité. En 1825 et 1826, le cent de gerbes de blé blanzé a rendu constamment à Roville 6 à 7 hectolitres de grain, et cette année, la même quantité ne rend guère plus de deux hectolitres et demi. En janvier, je n'en ai pas encore venduj mais je présume qu'il faudra que le prix dépasse 25 fr. rhectolitre pour que ce compte se balance en bénéfice. Depuis deux ans je crois avoir remarqué que le blé blanzé qui est d'une qualité qui atteint yn prix très-élevé sur les marchés, et dont j'avais adopté exclusivement la culture, est cependant plus délicat ou plus sujet à souffrir des intempéries, que le blé rôuge qui se cultive généralement dans ce pays 5 ce motif m'a <Jéterminé à ensemencer cette année une partie des terres en blé rouge , en conservant environ la moitié de mes cultures en blé blanzé.
L'escourgeon ou orge d'hiver de Flandre a donné une très -belle récolte. Je regarde cette espèce comme très -précieuse, et comme une excellente acquisition pour notre pays , où un grand nombre de cultivateurs en adoptent la culture.
Le grand lin de rîga a donné aussi une très-
ao6 COMPTE RENDU
abondante récolte tant en filasse qu^en graine« La culture de cette espèce prend chaque année un accroissement prodigieux dans un grand nombre de communes autour de Roville, où on la cul* tive aujourd'hui exclusivement.
Le colza a produit également une copieuse ré-« ' coite ^ la vente de la graine produite par 70 jours de terre ou i4 hectares, a donné 6,882 fr. ao cent., ce qui fait par jour 98 fr. 3o cent.
La récolte des pommes de terre a été trèsabondante, ainsi que celle des fourrages : j'ai rentré cette année 245 milliers de foin, tant des luzernes que des prairies naturelles, tandis que Tannée dernière je n'en avais rentré que 1 03.
Les récoltes semées d'automne dernier, c'està-dire le froment, le seigle, l'escourgeon et le colza se préparent très-biçn et donnent autant d'espérance que l'on peut en concevoir des cultures hivernales dans cette, saison. Presque toutes les terres sont maintenant entrées dans le nouvel assolement^ i'égouttement du sol est complet , en sorte que les eaux qui causaient pendant l'hiver et le printemps des dommages considérables sur de grandes étendues de terrain , ne peuvent plus occasionna aucun préjudice. Les terres commencent aussi à être dans un état de propreté très-satisfaisant.
La laine de la tonte de 182JB du troupeau de
PAR M* DK BQMBASLE. HO^
Roville à été vendue à Sedan ^ à raison de 3 fr^ 80 cent, le kilogramme en suint ^ ce qui indique uae grande amélioration dans la finesse; car je pense que cette année, le prix ordinaire de la laine mérinos, n^a pas dépassé 2 fr. 5o cent, le kilogramme : en effet, l'augmentation de finesse est ei^trémement sensible à chaque génération^ et je suis maintenant assuré que dans peu d^années , le troupeau de Roville pourra rivaliser avec les troupeaux les plus renommés pour la haute finesse de leurs toisons.
Sa Majesté a daigné faire don Tannée .dernière à rétablissement de deux béliers d^un trèshaut prix.
Dans Fêté dernier, j'ai placé à cheptel, chez mon fils et mon gendre , au Yerneuil , dans le département de Maine-et-Loiré , un lot de 20a bétes provenant du croît du troupeau de rétablissement : la durée du cheptel a été fixée à 6 années, après lesquelles les preneurs devront rendre le même nombre de bêtes ; et pendant cet intervalle, la redevance annuelle a été fixée à 2 livres de laine par tête des animaux laissés ; cette redevance sera donc annuellement de 4oo livres en suint. Dans la comptabilité ^ j'attribue aux animaux formant le croît du troupeau , une valeur de 3o fr. par tête , en sorte que si Poa évaluait la laine au prij^ de 2 fr. 5o centw le
aoS COMPTE lŒNBU
kilogramme, cela formerait un intérêt annuel de 7 et demi pour ®/o. Le troupeau de rétablissement se compose aujourd'hui d'environ 600 têtes j après l'agnelage qui va commencer, il atteindra environ 900, le tout sans compter les bêtes qui composent le cheptel du Verneuil.
Dans votre dernière réunion , vous aviez autorisé , Messieurs , l'émission de nouvelles actions jusqu'à la concurrence de 20,000 fr., pour parer à l'insuffisance parfaitement reconnue du capital de rétablissement. Je n'ai pas demandé à la commission l'émission de ces actions, parce qu^une personnne qui désire rester inconnue , m'a offert, aussitôt qu'elle a eu connaissance de ce fait? de prêter à l'établissement, sur mon billet, une somme de i5,ooo fr. portant intérêt à 5 pour Vo- J'ai cru devoir accepter cette offre, et cette somme a remplacé en presque totalité, le crédit Jjui m'avait été ouvert chez le banquier de l'établissement , et qui, comme j'ai eu l'honneur de vous le dire dans mon dernier compte rendu, roulait habituellement entre 1 5 et 20,000 fr. 5 en sorte que le compte de l'établissement, chez son banquier, a été constamment nivelé depuis , à 3 ou 4^000 fr. près; en ce moment , cette balance ne dépasse pas 2,000 fr. , et ce crédit limité ainsi , ne présente plus d'inconvéniens graves.
Si nous jetons un coup d^œil sur ce que je
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pttîs appeler la partie morale de rétablissement ^ vous trouverez, je Tespère, Messieurs, qu'il était difficile d'espérer plus de succès que nous n'en avons obtenus, et il m^est permis aujourd'hui de dire que l'établissement de Roville a déjà exercé sur l'agriculture française une influence immense. De tous les points du royaume , les regards des propriétaires . et des cultivateurs éclairés , sont li
dirigés sur nos opérations, et je suis déjà forcé de faire réimprimer les premières livraisons des jin^ nales agricoles qui sont destinées à en faire connaître les détails aux personnes qui s'occupent de cette branche de connaissance 5 la première édirtion de cet ouvrage a été épuisée avec une rapidité très -rare pour les ouvrages d'agriculture. Dans diverses parties du royaume, un assez grand nombre de propriétaires tiennent déjà la comptabilité de leurs exploitations ?igricoles en parties doubles , d'après la méthode qui a été adoptée à Roville 5 et comme on compte dans ce nombre plusieurs hommes dont les connaissances et les lumières inspirent à juste titre une grande confiance ^ il n est plus douteux que l'on ne voie se généraliser rapidement cette méthode que l'on peut regarder comme une des bases les plus solides de l'amélioration 4e notre agriculture, parce ^'elLe permet d'y consacrer avec sécurité des c^itasix dont on voit .clairement l'emploi , et par 5* LIVK. 14
aïO COMFTE BENDU
la facilité qu'elle donne d'établir Tordre dans Ie& dépenses^ d'apprécier exactement la balance entre les frais et les produits.
Les instrumens usités à Roville^ sont aujourd'hui naturalisés sur tous les points du royaume ; et dans plusieurs départemens trop éloignés pour pouvoir les tirer d'ici avec économie , il s'est élevé des fabriques où l'on en a établi la construction ^ sur le modèle de ceux que l'on a demandés à Roville , et presque partout , les cultivateurs ont trouvé dans l'emploi de cet instrumens une trèfirgrande amélioration^ tant sous le rapport de l'économie que sous celui de la perfection des travaux de culture.
Le nombre des élèves de l'institut s'accroît d'une manière très-remarquable , et plusieurs de ceux qui ont achevé leur temps d'instruction sont déjà placés à la tête des exploitations agricoles qu'ils doivent diriger. Ces succès sont principalement dus à la nature des doctrines agricoles que l'on professe à Roville, où l'on peut dire que le caractère le plus tranché de Pécole est que les doctrines y sont exemptes de tout esprit de système : les idées systématiques naissent facilement dans le cabinet , ftiais ellçs s'évanouissent promptement devant l'observation des faits et au milieu des travaux de la pratique^ à Roville presque jamab on n'approuve ni l'on ne condamne une
PAR M% BS DOMBASLE. fill
mëtbode, tin assolement, ou une pratique quel* conque ] on se contente d^en indiquer les avantages et les^ inconvéniens , en déterminant bien les circonstances dans lesquelles on peut les appliquer , utilement^ On enseigne par la pratique ^ autant qult est possible, les différentes manières de falre.^ et Ton s^efforce de mettre les élèves en état de raisonner et de calculer leurs opérations, selou les circonstances dans lesquelles ils peuvent se trouver. Si Ton a adopté dans la ferme telle pratique^ on leur explique pourquoi on eût agi différemment, si Ton eût été placé dans la commune voisine, où la nature des terres, le prix de la main*d^œuvre , etc. , ne sont plus les mêmes» Cette méthode ne conduit pas au scepticisme , puisque sans exclure les principes , elle tend seulement à montrer combien Tapplication doit en être variable, et c^était la seule qui pût former des agriculteurs capables de diriger leurs opérations dans toutes les localités et dans toutes les circonstances^ on peut même ajouter que c^était la seule qui fût en rapport avec la disposition générale des esprits à notre époque, et qui pût faire de Fagriculture une science intéressante pour des hommes éclairés auxquels la pratique ne tarderait pas de révéler Fimpuissance de Part^ si Ton voulait le borner à une imitation servile de méthodes qui ne sont presque jamais bonnes
en elles-mêmes, mais qui ne le deviennent que par leur rapport avec les circonstances dans les-^ quelles on les applique.
' En effet, ce qui distingue particulièrement au femps où nous vivons, la tendance des esprits dans les diverses branches de connaissances, c^est cette disposition à repousser des théories hasardées pour s^attacher à des connaissances positives qui découlent naturellement de Tobsèrvation des faits, et à se défier même des analogies qui égarent souvent lorsqu^on veut trop en étendre le ceircle* Cest surtout à Fagriculture que cette marche convient , parce qu^il existe une si immense variété dans les circonstances sous Tinfluence des-* quelles on peut appliquer les principes , que les théories deviennent le guide le plus trompeur pour celui qui ne sait pas appeler à son secours l'observation des faits.
Chaque jour me donne Foccasion de remarquer combien cette marche , ou plutôt cette ma-* nière d'envisager Fagriculture , plaît à tous les hommes doués dW jugement sain et de quelque précision dans Tesprit ; et il n'est pas douteux que c'est là que nous devons chercher le secret de la faveur si marquée dont l'opinion publique ea— toure nos travaux , dans les classes les plus éclai-* rées de la société. D'un autre côté^ cette marche a aussi inspiré à la classe des cultivateurs, un
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degré de confiance auquel il était à peine permis de s^attendre^ et qui attire à nos réunions agricoles, une affluence d'habitans des campagnes qui s^accroît chaque année de la manière la plus remarquable. Les cultivateurs ne trouvent à Ro— ville rien qui annonce pour la pratique , et je dirai même pour la routine , ce dédain qui , à juste titre, prévient si mal contre les nouveau^ tés , les hommes dont les procédés guidés par rexpérience , vallent quelquefois mieux que ceux quW voudrait leur faire adopter sans discernement A Roville, on ne déclame jamais contre la routine, et si ce mot est quelquefois prononcé, on peut être assuré que c'est par un nouveau venu , qui ne s'est pas encore identifié avec l'esprit qui dirige l'école ^ chacun y sait bien que dans ce que l'on appelle routine, il y a d'excellentes choses, et qu'en consultant les routines de tous les pays et de tous les cantons on peut en composer l'agriculture la mieux rai« sonnée 5 4es élèves y savent apprécier les difficultés et les obstacles qui forment souvent pour les cultivateurs ordinaires , une impossibilité réelle à Padoption des pratiques qu'on leur recommande; et si l'ignorance figure aussi comme un de ces obstacles , personne n'est tenté d'en faire un sujet de reproche, à des hommes pour les-* quels elle a été inévitable. Aussi tous les élèves
dl4 CQBIPTE RENDU
de Tëcole de Roville s^entretieonent avec intérêt et avec profit, avec tous les cultivateurs du voi** sinage, et il arrive souvent qu'ils se portent spontanément en masse vers telle ou telle corn-* mune afin d'y observer une méthode particulière de culture qui s^y est établie et qui y est restée comme cantonnée. Il résulte de là, entre tous les hommes qui sont attachés à rétablissement de Roville et les babitaàs des campagnes, une confiance réciproque qui admet sans doute des exceptions chez un petit nombre de cultivateurs^ mais qui est beaucoup plus générale quMl n^é-^ lait permis de Tespérer, et qui est extrême^ ment utile aux uns comme aux autres. Parmi les cultivateurs du voisinage,. on n^en trouverait qu^uQ très-rpetit nombre qui ne rendît pas une justice complète à ce qui s^est fait de réellement utile pour Famélioration des terres de la ferme, et aux procédés de culture que Ton y pratique» Çest ainsi que rétablissement s^est en quelque sorte constitué comme un point commun de réunion , ou plutôt comme un centre de contrôle réciproque entre les doctrines écrites et les tra-> Taux de la pratique ] il m'a toujours semblé que c'était là que Von devait placer le principal but dVtilité d'un établisseme^t de ce genre, car si le pr-aticien concentré dans ses opérations, est e^ général trop disposé k resserrer s.e$ yuesj
et à n^admettre comme vrai que ce qu^il voit, et comme bon que ce qu^il fait , Fesprit systématique serait Técueil presquMnévitable d^un enseignement isolé d'une exploitation rurale et où les théories ne seraient pas continuelleiùent ramenées au positif par les observations de la pratique ; Texpérienee de six années m^a confirmé dans cette pensée, et m'a prouvé qu'elle avait été très-bien comprise par le public de toutes les classes»
Vous partagerez sans doute avec moi, Mes— ^eurs, la douce satisfaction que j'ai éprouvée cette année, en voyant le gouvernement et Tadministration applaudir à nos succès et encolPrager nos efforts. M. le comte d^Allonvillej préfet du département, n'a cessé de témoigner Fintérêt le plus éclairé pour rétablissement de Roville, et Son Excellence le ministre de Fintérieur, en visitant cet établissement au mois de septembre dernier , y a laissé le témoignage de sa satisfaction. Le voyage de la famille royale en Lorraine , qui a laissé dans ce pays des souvenirs si profonds et si durables, a été une belle époque pour Roville : Fauguste épouse d'un prince qui, dès la fondation de Fétablissement , Fa honoré de sa protection , a daigné , dans une visite fort détaillée de toutes les parties de Fétablissement | témoigner un intérêt très-marqué pour