SUR LES PROCEDES AGRICOLES
yeux d un praticien expérîmenté , celle dont je rends compte ici , présente des résultats bien plus positifs et plus à Tabri de* toute source d'erreur.
Parmi les douze expériences faites avec la terre calcinée, les unes ont été exécutées sur des terres^ qui venaient d'être ensemencées en froment ou en escourgeon , ou qui étaient emplantées en colza 5 dans d'autres, le sol était destiné à recevoir plusieurs labours et à être ensemence enmaïs 5 d'autres enfin ont été faites sur de jeunes luzernières. H est assez inutile que j'entre dans les détails du résultat^ car partout il a été uniforme : il a été impossible de découvrir aucun effet produit par cet engrais.
Les personnes qui connaissent' les effets produits incontestablement par Técobuage , s'étonneront sans doute d*un semblable résultat, el: Pànalogie entre ^opération essayée icf et l'écobuage, est bien en effet le seul fondement sur lequel on puisse faîre reposer Tavantage de la calcination de la terre. Cependant, on doit remarquer que là parité est loin d'être complète entre ces deux opérations : dans Técobuage , on enlève à la surface dti sol , une croûte d'un ow deux pouces d'épaisseur , pénétrée dans toutes ses parties par les radicules dn gazon, qui occupent une portion considérable du volume de la terre y. et qui la divise dans tous tes sens en s'y rami--
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fiant à rinfinij en sorte que lorsqu'on détermine la combustion de ces racines ^ il n'est en quelque sorte aucune molécule de terre qui ne se trouve en contact immédiat avec ces fibrilles dont les principes constituans se dégagent en partie sous forme de gaz pendant la calcination. Il semble irès-probable que dans ces circonstances , la terre , surtout lorsqu'elle est argileuse, peut absorber, et retenir dans un état de condensation , les gaz qui se présentent à elle dans un contact immédiat et à Y état naissant ; c'est du moins ce que Ton peut présumer, lorsque l'on rapproche les résultats pratiques de l'écobuage , des expériences par lesquelles M, Th. de Saussure a montré que les terres ainsi que d'autres corps poreux, peuvent, dans certaines circonstances, absorber une quantité de gaz qui égale plusieurs fois leur propre volume , et que ces gaz y sont retenus dans un état de condensation produit par une affinité réelle. Il est facile de concevoir que les substances qui peuvent servir d'alimens aux végétaux , sont , sous cette forme , dans un état bien plus favorable pour être absorbées par les racines des plantes ^ que lorsqu'elles sont disséminées en petite quan* tité dans l'air qui pénètre le sol ^ et il est possible aussi que les végétaux puissent se les approprier avec plus de facilité sous cette forme ^ que lorsque les racines trouvent les substances
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décomposées à Tétat d^une simple dissolution dans Feau dont la terre est imprégnée. Quoique je ne prétende pas donner comme démontrée cette théorie de Fécobuage , il me parait du moins trèsprobable que c^est ainsi que les choses se passent dans cette opération. Mais dans la calcination de la terre ^ selon la méthode de M. Beatsony les circonstances sont entièrement dififérentes : la terre 5 divisée en fragmens nécessairement un peu gros ^ puisqu^il faut que la flamme et la fumée circulent dans les interstices quils laissent entre eux ^ n'^est exposée aux gaz qui s^échappent de la combustion, que par les surfaces de ces fragmens , dont Fintérieur ne peut pas plus être atteint par ces gaz , que si la terre était calcinée dans un creuset ; la terre ne peut donc absorber les gaz qu^en très-petite quantité, et seulement à la surface des fragmens , tandis que dans Fopération de Fécobuage, elle s^en trouve imprégnée dans toutes ses parties , puisque dans Fintérieur des fragmens , se trouvent disséminées les substances qui produisent les gaz. D^ailleurs , si Fon considère la masse de terre qui est soumise à cette opération dans Fécobuage , et qui comprend un pouce ou deux d^épaisseur sur toute la surface du sol, on reconnaîtra combien doit être insignifiante la quantité de terre employée par M. Beatsoriy que Fon aperçoit à peine sur la surface du sol, lors-
362 EXPERIENCES SUR LESPROCéDlfs AGRICOLES.
qu'elle y est répandue. Je crois bien néanmoins que cette petite quantité de terre , quoique imprégnée d'une faibk proportion de principes fertilîsans, doit enccô-e produire quelque effet comme engrais; mais il faut que cet effet soit bien faible, puisqu'il na pas été rendu sensible à l'observation , dans les expériences dont je viens de rendre compte. Pour donner à cet engrais une efficacité réelle, il faudrait probablement l'employer en quantité tellement considérable, que la dépense l'emporterait beaucoup sur les avantages que Ton pourrait en espérer..
Des bœufs gras. Par M. de Dombasle.
J-j'appréciation du poids de viande d'un animal par Tinspection et k tact, est une chose fort difficile et réservée à un petit nombre d'hommes auxquels une très-lon^e habitude a permis d'arriver, dans cette appréciation, à une approximation assez exacte. Cette circonstance présente, pour tous les hommes qui ne sont pas engraisseurs de profession , une des plus graves difficultés qui les empêche de se livrer à une spéculation qui n'est en général' lucrative que pour les hommes réellement connaisseurs en bestiaux : en effet, les bénéfices de Tcngraisseur dépendent toujours en très-grande proportion de Part avec lequel il sait bien acheter et bien "vendre^ mais celui-là seul peut bien vendre ou bien acheter, qui connaît exactement la valeur de l'objet du marché 5 et si lun des deux contractans la connaît mieux que l'autre, ce dernier est à peu près assuré d'acheter trop cher ,. ou de ne pas retirer de ce qu'il vend, un prix aussi élevé qu'il le pourrait.
564 MESURACE
Il serait donc fort important de découvrir un. procédé au moyen duquel on pût obtenir une appréciation assez exacte du poids de viande d^un animal en vie, et qui pût remplacer ainsi un don qui est le partage d'un très-petit nombre d'individus , et que Ton achète souvent bien chèrement, lorsqu'il faut Facquérir par sa propre expérience.
Une balance à peser les bestiaux en vie présente des données assez exactes sur ce sujet, Iqrsque Ton connaît le rapport ordinaire du poids des quatre quartiers avec celui de Fanimal vivant 5 mais ce rapport varie infiniment, nonseulement entre les diverses races, mais aussi selon le degré d'embonpoint de l'animal. D'ailleurs, une balance semblable est l'objet d'une dépense assez considérable, et elle ne peut être utile à l'engraisseur que pour les animaux qu'il désire vendre , car ses achats se faisant sur les foires, il ne peut y faire usage de sa balance.
Ces considérations ont attiré vivement mon attention sur un procédé dont m'a entretenu, il y a quelques années , un cultivateur flamand trèsexpérimenté, et qui se livre, sur une grande échelle, à l'engraissement des bestiaux. M. /?.... étant venu visiter l'établissement de Roville, dans une tournée qu'il faisait pour l'acquisition de bœufs, me parla d'une méthode de mesurage
qu^il s^étalt faite ^ et qui lui était fort utile dans beaucoup de circonstances , pour rectifier les appréciations que lui'fournissait son expérience dans le commerce des bestiaux. Cette méthode consistait dans remploi d^une ficelle divisée par des nœuds ^ au moyen de laquelle il mesurait le périmètre du thorax de Fanimal. La méthode est fondée^ comme on voit, sur ce principe que le poids de la viande nette est constamnïent dans un certain rapport avec le périmètre du thorax* Cétaît par des moyens purement empiriques^ c'est-à-dire par les résultats de l'expérience , que M» Z?.... avait déterminé les divisions de son échelle, et Ton ne conçoit guère en eflFet, que IW puisse y arriver par aucun autre moyen. Malgré la confiance que m'inspirait personnellement M. Z)...- J'avoue que je me défiais dabord beaucoup de l'exactitude du principe d'où découlait l'utilité de la méthode j et il me semblait fort difficile d'admettre, par exemple, qu'il y aurait toujours ^ du moins approximativement, égalité dans la capacité du thorax , entre un petit bœuf très-gras et un bœuf de grande taille, mais maigre, et donnant à la boucherie le même poids de viande que le premier. Cependant cette méthode m'a paru mériter d'être soumise à quelques recherches^ et comme j'avais alors a5 bœu& à Fen-* grais, j'exécutai aussitôt une mesure d'après la
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méthode de M. /).... ^ et je procédai régulièrement chaque semaine , au mesurage de tous mes bœufs. On tenait exactement note de ces opérations sur un tableau consacré à chaque animal^ et je commençai dès lors à m'apercevoîr que Taugmentation de poids indiquée par la mesure ^ paraissait correspondre ^ pour la plupart des animaux , avec Taugmentation qu^ils devaient naturellement recevoir 5 cependant d'autres restaient en arrière^ et Ton voyait clairement que ceux-ci profitaient peu. Lorsque les bœufs furent vendus, on procéda très-exactement à un dernier mesurage, et j'envoyai une personne de confiance pour constater à Fabattoir de Nancy, le poids de viande nette que produirait chaque animal. Je remarquai avec étonnement Texactitude de la concordance entre le poids indiqué par la mesure, et le poids réel. Depuis cette époque, les bœufs que j'ai engraissés ont toujours été mesurés ainsi, et les résultats n'ont fait que me confirmer dans la persuasion que cette méthode est susceptible d'un degré d'exactitude que je n'avais pas supposé. Il est arrivé deux fois que des élèves de l'établissement , qui connaissaient cette opération par la pratique, se sont rendus à l'abattoir de Nancy, ont mesuré un assez grand nombre de bœufs immédiatement avant l'abattage , et ont annoncé d'avance aux
1)1!:$ ECSUFS OBA55. 36.7
bouchiSTS qui les possédaient , les poids qu'indiquait la mesure. Les résultats ont été tellement exacts que les bouchers ont témoigné une extrême surprise de voir des jeunes gens inexpérimentés obtenir une appréciation au moins aussi exacte qu'ils auraient pu le faire eux-mêmes. En efiFet, il a été fort rare que la différence entre le poids indiqué par la mesure , et ie poids réel de viande nette, dépassât quinze à vingtcinq livres^ et Ton sait bien que le boucher le plus expérimenté ne peut espérer de ne pas rester en dehors de ces limites^ dans le plus grand nombre des cas, la concordance a présenté encore beaucoup plus d'exactitude. Plusieurs élèves qui ont quitté rétablissement, m'ont fait connaître depuis^ qu'ils faisaient usage de cette méthode avec le plus grand succès dans leur pratique agricole.
Ce procédé est cependant encore loin d'avoir atteint le degré de perfection dont il est susceptible 3 depuis plusieurs années , je forme le projet de me livrer à une série d'expériences destinées, en particulier, à étendre les limites de l'échelle connue jusqu'à ce jour, et qui ne s'applique qu'aux bœufs de 35o à 700 livres de viande nette ^ mais des distractions de toute espèce m'en ayant détourné, je prends le parti de publier cette méthode, dans l'espérance que
quelques personnes placées plus favorablement que moi pour procéder au mesurage d'un grand nombre de bœufs au moment de leur abattage ^ s'occuperont de cet objet, et compléteront les données relatives à une méthode qui présente réellement un haut degré d'intérêt pour le commerce des bestiaux et l'art de Tengraîsseur.
La personne qui m'a indiqué cette méthode procédait au mesurage, au moyen d'une ficelle divisée par des nœuds, et j'ai continué de me servir du même moyen, parce que je n'ai pu faire exécuter convenablement une chaîne qui conviendrait beaucoup mieux. Le nœud qui indique la première division de la mesure est fixé à I mètre 82 centimètres de l'extrémité. Cette longueur est celle de la circonférence d'un bœuf de 35o livres de viande nette. Les nœuds suivans sont placés à des distances, qui correspondent à un demi-quintal , ou So livres de viande. Ces distances ont été indiquées ainsi qu'il suit par l'expérience:
Le premier nœud étant placé à. . . . i"*- 820"* La première division, ou la distance entre le premier et lesecondnœud,est de », 073
La deuxième division de. », 072
La troisième — de », 071
A reporter. . . . :i"* oSG"^
D£5 BŒUFS GRAS. 36g
Report..... 2"^ ô36"^
La quatrième division de » , o6g
' La ciaquîèmQ — • de », o65
La sixième — de », 061
Lia septième — de » , o5p
2,'^ 290"^ Ainsi, la mesure dVn bœuf de 35o livres étant de 1 mètre S 2 centimètres, celle d'un bœuf de 700 livres sera de 2 mètres 29 centimètres, et Pécbelle se trouve divisée ainsi qu'il suit, pour la longueur de la mesure , par demi-»quintal de viande
Mesure d'un bœuf de 35o*^ i"* 620"^
— -^ de 400 1 ^ 893
— — de 4^0 * 1 , 965
— — de 5oo ...... 2 , o36
— — de 55o ...... 2 , io5
— — de 600 2 , 170
— — de 65o ... é.. 2 , 23i
— — de 700 2 , 290
Lorsqu'on veut procéder au mesurage d^un
bœuf, celui qui opère se place près de l'épaule gauche de l'animal, et tenant d'une main l'ex-^ trémité non divisée de la mesure sur le garrot du bœuf, il passe l'autre extrémité entre les deux jambes du bœuf , par exemple*, derrière la jambe gauche et en avant de la jambe droite ; un aide ^ placé de l'autre côté du bœuf, prend cette der- S^LiVR. 24
370 MEStJRAGE
nière extrémité de la mesure , en avant de la jambe droite , et la faisant remonter sur le plat de Tépaule droite, la donne au premier, qui réunit les deux extrémités sur le garrot , entre les parties les plus élevées des deux omoplates. Du côté où la mesure passe en arrière d'une des deux jambes, elle doit remonter immédiatement derrière Tépaule, et du côté où elle passe en avant, elle remonte sur le plat de l'épaule. L'opérateur , après avoir rapproché de l'extrémité non divisée de la mesure , le point qui vient s'y joindre en serrant très-modérément , remarque ce point en le serrant entre deux doigts de la main droite, et lâchant l'autre extrémité, il tire à lui la mesure , et compte le nombre de divisions et de fractions de divisions qui forment « la mesure du bœi;f , car chaque division peut très'-facilement se diviser à l'œil , en trois ou quatre parties, et même davantage.
Cette opération donnerait la mesure exacte du bœuf, si l'on était bien assuré que l'animal était parfaitement bien placé, c'est-à-dire qu'une des deux jambes n'était pas plus avancée que l'autre; mais on conçoit bien que dans le cas contraire , la position altérerait beaucoup la mesure, puisque la ficelle passant entre les deux jambes, forme Qn détour plus ou moins grand, selon la position des jambes. Par ce motif, on doit avoir soin de bien faire placer l'animal avant de coo^-
DES BOBUFS GBAS. Syl
mencer Popëration, et Ton doit toujours faire immédiatement la contre-épreuve^ avant même de compter les divisions : à cet effet, la personne qui opère, en tenant entre les deux doigts le point de la ficelle qui indique la première mesure, passe Tautre extrémité entre les jambes du bœuf, en sens inverse de la première fois, c'est-à-dire que si elle avait passé derrière la jambe droite et en avant de la gauche , elle passera la seconde fois en avant de la jambe droite et derrière la gauche, et prenant la mesure comme la première fois, en tenant entre deux doigts de la main gauche, le point où la ficelle se réunit, pendant qu^elle tient encore entre deux doigts de la main droite, la mesure indiquée par la première opération, et pliant la ficelle sur elle-même entre ces deux points, elle regardera le point où se forme le pli , comme la mesure réelle , attendu que c'est le terme moyen entre les résultats des deux opérations.
Toutes les opérations que je viens de décrire beaucoup trop longuement peut-être, n'exigent, dans la pratique , qu'un espace de quelques secondes ', mais il faut avoir grand soin que le bœuf n'ait fait, entre ces deux opérations, aucun mouvement qui ait changé la position de ses jambes^ si cela était arrivé, il faudrait recommencer la première opération, car on conçoit
3j^ MESUKACE
qu^une des deux mesures ne peut servir de correction à Tautre, qu^autant qu'elles ont été prises toutes deux dans^ la même situation des jambes de ranimai. La position de la tête du bœuf exerce aussi une influence très-marquée sur la mesure : il faut que la tête soit placée dans sa situation ordinaire , c^est - à - dire qu'elle soit droite , ni trop basse ni trop élevée.
JTai dit' qu'une chaîne convenablement divisée serait beaucoup préférable à une ficelle j lorsqu'on emploie cette dernière^ il faut la choisir de bonne qualité, pas trop tordue, et de la grosseur que l'on appelle communément ficelle de Strasbourg. Avant de la diviser, il est nécessaire de lui faire prendre toute l'extension dont elle est susceptible , en attachant une de ses extrémités à un point solide , et en tirant l'autre extrémité fortement et pendant long-temps 5 on en frotte ensuite toute la surface avec un morceau de cire, afin de la rendre moins accessible aux variations hygrométriques. On fait, à lune des extrémités, un nœud qui indique le point de départ, et c'est de là que l'on mesure ensuite les divisions^ comme je l'ai indiqué plus haut, en serrant fortement les nœuds qui marquent chaque division. Je me suis assuré qu'au moyen de ces précautions, la ficelle peut offrir un degré d'exactitude suffisant. Cependant il est
prudent âe vérifier de temps à autre la mesure, ea la présentaiit soit sur un mètre, soit sur une règle faite exprès et portant les divisions que j^aî indiquées»
On voit que la différence entre les mesures qui correspondent à un demi-quintal de viande ^ décroSt à mesure que le poids de Fanimal s^élève : en effet, pour les poids de 35o à 400 livres-^ la différence de mesure est de plus de 7 centimètres , tandb qu^elle est de moins de 6 centimètres pour les animaux de 65o à 700 livres* Quoique je n^aie pas d^expériences assez nombreuses pour déterminer la proportion de cette décroissance pour les poids plus élevés, je me suis assuré que la proportion est constamment décroissante, et j^ai cru reconnaître que pour les bœufs de 1,000 à 11,000 livres, le demi-quintal de viande est mesuré par moins de 5 centimètres. J^engage vivement les personnes qui se trouvent à portée de varier ces expériences , à faire connaître les résultats qu^elles auront obtenus-^ et j^ose recommander cet objet aux sociétés qui sont dans l'usage de proposer des sujets de prix pour des expériences qui doivent tourner au profit de Fart agricole. Dans le voisinage de Paris , on pourrait facilement se procurer toutes les données nécessaires pour arriver à la solution du jiroblème ,^ au moyen du grand nombre de boexifs
qui y affluent de presque toutes les régions du royaume, et qui sont abattus pour la consommation de la capitale; la personne qui vouârait consacrer à cette recherche, quelques jours seulement , dans les diverses saisons de Tannée, pourrait obtenir ^ sur cette matière, des documens fort importans : je dis dans diverses saisons de Tannée, parce qu^on sait que chaque région envoie ses bœu& à Paris, à certaines époques qui se succèdent régulièrement. Yoici comment je conçois que Ton pourrait procéder à ce travail. Il serait bon que pour chaque race, les expériences s'étendissent sur une centaine d^animaux au moins, afin que l'on pût en déduire une moyenne très-exacte; deux ou trois jours au plus suffiraient à une personne active , pour faire avec le plus grand soin ces expériences dans les abattoirs, et pour en enregistrer les résultats, pourvu qu'elle fût bien secondée par un aide , et qu'elle établît un grand ordre dans ce travail. Les résultats des expériences pourraient être consignés sur un tableau tracé dans Tordre suivant : b première colonne indiquerait la date de Texpérience; la deuxième le numéro d'ordre sous lequel on inscrirait chaque animal; la troisième Tâge du bœuf; la quatrième la race ; la cinquième le département où Tengraissement a été opéré; b sixième le mode d'engraissement que Ton pou^
fait se contenter de distinguer par herbage ou pouture y la septième l'état de graisse de l'animal , où l'on indiquerait sMl était très-gras , gras ou demi-gras. Les deux colonnes suivantes indiqueraient la mesure métrique de l'animal et le poids de viande nette trouvé à la balance. On pourrait encore introduire quelques autres colonnes dans ce tableau : par exemple , si l'on avait la facilité de faire peser les animaux en vie avant ^'abattage, il serait fort utile et fort intéressant d'indiqiier ce poids dans une colonne particulière. En répétant ce travail cinq ou six fois dans l'année, afin d'opérer sur diverses races, on obtiendrait des matériaux qui permettraient de construire avec une grande exactitude, l'échelle de la mesure des bœufs, et qui fourniraient des renseignemens du plus haut intérêt.
M. D m'a dit avoir appliqué aussi avec
succès la même méthode aux moutons; j'ai fait très-peu, d'expériences sur ce sujet , fixais j'ai vu que l'application de la mesure à cette classe d'animaux, présente une difficulté particulière : on tond toujours les moutons lorsqu'on les met à l'engrais, et la toison croit graduellement pendant l'engraissement ; il en résuite que la mesure de la circonférence du thorax est influencée d'une manière très-sensible par cette circonstance, attendu qu'il est très-difficile , surtout dans les races dont