‹ Annales agricoles de Roville (volume 3)Chapitre 51 sur 72 · DU RAY-GRASS D'ITALIE · texte numérisé non relu

DU RAY-GRASS D'ITALIE

Par M. DE DOMBASLE^

JL/AP^s la dernière livraison de ces Annales^ f ai annoncé les espérances que me faisaient concevoir mes premiers essais sur la culture de cette plante comme prairie artificielle à faucher. Dans une seconde année d'expérience elles ont été I complètement réalisées. La première année , B^ayant à ma disposition qu'une très-petite quantité de semence, je Tavais placée dans un terrain argileujL très-riche^ mais Tannée dernière , l'en ai ensemencé environ deux hectares d un sol médiocre de la plaine de Roville , consistant dans quelques parties en gravier très-infertile. La semaille a été faite à la fin d'août 18:28, sur un seul labour, après une récolte de colza fumé. La terre , après le labour y a reçu un hersage énergique ; on a semé sur ce hersâge à raison de 4^ kilogrammes de semence par hectare , et l'on a recouvert par un nouveau trait de herse. Dès le mois d'octobre , on aurait pu faucher toute la pièce, où le ray-grass très-touffu, à feuilles larges et succulentes , avait en général une hau-

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teur de douze à dix-huit pouces^ mais je n^ai pas Toulu le faire, afin de lui assurer plus de force au printemps suivant , dans Tîntention oii j^étais de le récolter à grakie^ et aussi afin qu'il flit mieux préservé des rigueure de Thiver. Quoique cette saison ait été extrêmement rude dans notre pays, le ray-grass n^a paru nullement en souffrir , la végétation s^est manifestée avec vigueur dès les premiers jours du printemps; elle a constamment devancé celle de la luzerne, et le 3 mai, le ray-grass^qui ne montrait pas encore ses épis , avait généralement une hauteur de trente à trente-six pouces , tandis que les plus belles luzernes n^en avaient que vingt à vingtquatre. Il est indubitable qu^à cette époque, le ray-grass aurait donné en foin -sec , une récolte égale à la coupe de la plus belle prairie. Dans un petit carré que je fis faucher afin de m'en assurer , le produit en foin sec fut dans la proportion de 5,000 kilogrammes par hectare.

Une sécheresse assez vive qui survint vers la fin de mai , fit dépérir le ray — grass sur un sixième environ de la pièce , dont le sol se composait d'un gravier très-brùlant; mais les premières pluies le rétablirent promptement , et au total il souffrit moins de cette sécheresse que les luzernes placées dans les sols analogues. Ce ray-grass fut coupé pour graine, dans les pre-

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miers jours de juillet; Il avait alo^s une hauteur de trois à quatre pieds, La graine ^tait fort abondante, mais j^en ai perdu une partie par PefFet des pluies continuelles qui ont régné pendant toute la première quinzaine; de ce mois , et c^est avec beaucoup de peine que Ton a pu sauver le reste en faisant sécher la graine sur des toiles à la maison. Avec une saison semblable, il est bien certain que si le ray^grass eût été fauché pour vert ou pour foin au commencement de mai, on en obtiendrait encore aujourd'hui (20 juillet) une coupe aussi abondante, et probablement encore une troisième à l'automne, à moins d^une sécheresse excessive. Je ne connais aucune plante dont on puisse espérer une récolte de fourrage aussi abondante sur un sol de ce genre, et je persiste à croire que dans un terrain fertile et frais , on pourrait toujours compter sur quatre bonnes coupes de cette plante.

JusquMci , j'ai toujours semé le ray - grass dltalie seul et à Fautomne; et je suis porté à croire que ce procédé est le plus convenable, parce que lorsqu^on a observé la vigueur excessive avec laquelle cette plante végète , on conçoit que Ton devrait craindre qu'elle étoufiât la récolte de céréales dans laquelle on la sèmerait. Si Ton voulait. le tenter, on devrait du moins semer le

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ray-*grass fort tard, torsque la céréale a dëjà tallé^ et qu'elle est prête à développer ses tuyaux ] on enterrerait aloi:^ la graine de ray-grass , soit par un très^léger binage ou hersage , soit par un eoup de rouleau ; et si le sol est meuble et te temps disposé à la pluie, le ray-grass lèverait probable^ ment très-4xien sans aucune de ces opérations qui ne sont pas sans inconvénient pour la céréale, lorsqu^on les pratique trop tard, c'Iest-àidire lorsqu'elle commence à pousser ses tuyaux.. Il n'est pas douteux que le ray-grass semé ainsi ne donne déjà une bonne coupe de fourrage à Tautomne de la même année. Si on le sème seul et à Fautomne, il me par^t mieux placé après une récolte sarclée et fumée, si le sol n'est pas très-riche , qu'après une vécolte de céréales» On peut très-bien aussi le semer seul en mars ^ et l'on obtiendra certainement deux ou trois, coupes dans la même année, selon la fertilité du terrain et la température de la saison^

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