‹ Annales agricoles de Roville (volume 3)Chapitre 7 sur 72 · SUE. U TABAC · texte numérisé non relu

SUE. U TABAC

beaucoup d'autres plantes. Il en serait inévitablement du tabac comme de la garance , qui a offert pendant quelque temps aux cultivateurs des bénéfices fort importans , mais qui , par Teffet naturel de la concurrence, a fini par payer à peine les frais de sa production, et dont, par ce motif, il a fallu restreindre infiniment la qilture. Il est certain même que cet effet. arriverait beaucoup plus promptement pour le tabac que pour la garance, parce que cette dernière exigeant un sol entièrement spécial, sa culture n'a pu être tentée avec quelque espoir de succès , que dans un très-petit nombre de localités. Le tabac , au contraire, exige bien un sol riche etfortement amendé, mais il se trouve presque partout, en plus ou moins grande quantité, des terrains de cette nature , où Ton peut le cultiver avec succès. Il est bien facile de prévoir que , sous le régime de la libre culture , celle du tabac s'étendrait avec une prodigieuse rapidité, et atteindrait promptement les limites au— delà ^ desquelles elle deviendrait moins lucrative que celle des autres récoltes que Ton peut demander aux terrains de ce genre.

On a fait remarquer que l'étendue de terrain consacrée aujourd'hui en France à la culture du tabac, est de moitié moindre qu'elle ne letait à Tépoque oii cette culture était libre ] et l'on en '

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^ conclu que Tagriculture perdait annuellemept la valeur du produit des 7,000 hectares sur lesquek le taba(fa cessé d'être planté. Mais il y A ici une grave erreur ; le tabac n'est pas une de ces plantes qui puisse se cultiver sur des ter-* rains qui, sans cela, ne seraient pas employés ^haqu^ année à produire un autre genre de récoltes» La terre propre à cette culture, figure dans la première classe de celles qui sont sou^ rmises aux travaux agricoles ; les terrains le^ plus riches et les plus fertiles conviennent seuls à cette plante^ ces terrains qui appartiennent à la culture jardinière plutôt qu'à la culture ru7 raie, ne connaissent pas la jachère, dans quelque pays que ce soit , • et encore bien moins dans les cantons où l'industrie agricole présetite assez d'activité pour que Ton songe à y introduire la culture |du tabac qui est placée au premier rang, parmi celles qui exigent impérieusement de^ soins et des trjivaux multipliés de la part des cultivateurs ^ sur les sols de ce genre , I9 propriétaire n'éprouve que l'embarras du choi^ des récoltes qu'il doit y placer chaque année.j^ car ils sont propres à tout. On peut bien assurer que des 7,000 hectares qui perdent la culture du tabac , il n'en est pas un seul qui ne soij chargé chaque année de riches récoltes 5 et si dans les premiers momens de cette, industrie , Iç

SU& II: TABAC. 4l

lAac âdnnaît réellement lin Bénéfice supérieur à celui qu^on tire aujourd'hui des mêmes ter*^ rains , cet effet serait de très-coupte durée ^ et bi£o peu d'années se passeraient avant que le produit moyen de ces terrains ne redes-^ cendit , sous le régime de la libre concurrence ^ à 5on taux antérieur. En général, on est trop disposé à croire que Fintroduction d'une nou^ velle récolte enrichit toujours Tagriculture : cela n'est vrai que lorsque cette plante fournit un moyen d\itiliser des terrains qui, sans elle^ resteraient improductifs comme c'est le cas pour le sainfoin dans beaucoup de localités , ou lorsque la nouvelle récolte peut occuper dané les rotations de culture, une place qui était abandonnée à la jachère ou qui n'était pas remplie par une autre plante avec autant d'àvan^ tage pour le cultivateur. Il ne me paraît pas que le tabac remplisse aucune de ces conditions^ et dans mon opinion, l'extension de la culture de celte plante ne pourrait pas exercet une grande influence sur la richesse agricole du pays, dès que les profits de cette culture seraient, par l'effet de la libre concurrence, ré-^ duits au niveau de ceux que présentent les cuU tures que l'on peut lui assimiler sous le rapport de la nature du sol, ou des travaux qu'elle^ exigent» D'ailleurs ;i cette étendue même de 7,00^

{x DE l'impôt .

hectares que quelques personnes prétendent per-dus pour la richesse agricofe^ montre combien faible serait . Timportance de Textension de cette culture^ sur la prospérité agricole du pays : il ne faut pas que le territoire d^une commune soit très-étendu pour comprendre 1,000 hectares; ainsi les 7,000 hectares représenteraient la sur--face du territoire de sept communes. Je de^ mande quel poids pourrait apporter dans la masse générale des produits de la surface du royaume, un changement de culture sur une étendue aussi limitée, et qui ne forme guère que la centième partie deja surface d^un de nos départemens de moyenne étendue?

L'extension de la culture du tabac ne pourrait apporter une augmentation de quelque impor--^ tance à la masse des richesses nationales, que dans le cas où il serait possible de produire en France les qualités de feuilles que Ton est forcé de tirer de l'étranger j mais rien ne fait espérer que Ton puisse jamais parvenir à ce résultat. Do toutes^ les propriétés des végétaux, celles qui présentent le moins de prise aux procédés de Fart, et que Ton peut le moins améliorer par les soins et la culture , ce sont celles qui dépendent d'un parfum ou d'un arôme particulier, que les plantes doivent moins à leur espèce, qu'au terroir dans kquel elles croissent^ Si l'on p^grcourt h cerde

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