TREIZIÈME LEÇON
PiiEMiiBE QtJÊSTiô». M^ E. Launois. Après combien d'années peut-on faire revenir la luzerne sur le même terrain?
. Réponse. On calcuk généralement sur le même nombre d'années que le sol a été occupé par la luzerne^ ainsi ^ si là luzerne a duré six ans, on devrait tenir le sol en culture pendant le même espace de temps, avant d'y ramener cette récolte* . 3® Q. M. Cratéro. Les lignes pour la plantation de pommes de terre doivent — elles être aussi espacées dans un sol riche que dans un sol médiocre T
R. L'espace qu'on laisse entre les lignes étant destiné à permettre de donner avec les instrumens conduits par les chevaux , une bonne cultpre dans ces intervalles , on doit les espacer autan1^ dans les sols riches que dans les sols pauvres» Si l'espace était moindre de vîng-quatre ou ving^sept pouces, on ne pourrait plus donner avec la charrue à deux versoirs, le buttage énergique et fortement relevé, qui contribue si puissam<«ment à la réussite de la récolte*
3* Q. M. Cratéro. Le bœuf tirant plus uni-
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4g8 QUESTIONS AaRICOUS*
formément que le cheval^ ne serait-il pas plus avantageux de remployer à la houe à cheval pour les binages des fèves dans les terres où le sol est très- pierreux?
R. Le bœuf convient très-bien pour le service de la houe à cheval ; il n^y offre que Tin*convénient d^être disposé à baisser sans cesse la tête à droite et à gauche pour mordre aux lignes de plantes , ce qui nuit à la régularité de la marche.
4® Q. M. Foersier. En Alsace et dans le Palatioat, Fépeautre ne réussit pas immédiatement après le chanvre fumé, mais bien^ si après le chanvre on met du colza repiqué. Quelle pçut en être la cause? Ce ne peut être la semaille plus tardive après le chanvre qu^après le colza | puisque Fépeautre ne craint nullement d^être semé tard.
R. Ce fait a été publié^ il parait assez singulier pour démander d^être confirmé par de nou«velles expériences, car Fépeautre est un froment^ et Fon sait que le froment réussit très-bien après le chanvre , à moins que le sol ne soit assez riche pour faire verser la récolte, ce qui est beaucoup moins dangereux avec Fépeautre.
5* Q. M. Foerster. Est*il vrai que les feuilles de betteraves sont une mauvaise nourriture pour les vaches laitières, mais une bonne pour le
bétail à Tengrais, et que leut usage pour les chevaux est plus avantageux que pour les vaches?
R. Les feuilles de betteraves sont une nourriture très-peu substantielles pour toute espèce de bétail^ les porcs sont encore ceux qui paraissent s^en accommoder le mieux. Il m^est im-* possible de concevoir que Ton songe à les donner^ même pour une partie de la nourriture^ soit à des chevaux y soit à des bœufs à Tengrais.
6*Q. M. Fàerster. L'orge de printemps, comme Porge d'automne ) demande-t-elle d'être semée sur un terrain sec , ou peut-elle l'être dans une terre meuble, mais très-humide ^ comme l'indique un auteur.
J?. Tous tes cultivateurs ont remarqué que Forge demande d'être semée dans un sol bien ressuyé^ ils disent proverbialement qu'il faut le semer dans la poussière. M*. Sckwerz a cependant annoncé que dans un canton de l'Alsace , on a remarqué que Forge réussit d'autant mieux ^ qu'elle est semée knrsque le sol est plus humide; mais ce fait est tellement eontraire à l'expérience générale, qu'on doit sup[M!>ser qu'il tient à des circonstances particulières et qui se rencontrent très^rarement.
7* Q. M. Foerster. Que pensez-vous du mélange de Forge et des vesces, donné aux chevaux en place d'avoine f
5o« QUESTIONS AGRICOLES.
jR* Un mélange de vesces et d'orge forme certainement une excellente nourriture pour les chevaux ; mais on sème plus communément Tavoine que Torge en mélange avec les vesces , parce que ces dernières aiment une semaille hâtive dont ne s'accommode pas Torge.
8® Q. M. Foerster. En Alsace , on dit avoir remarqué quelques bons effets du plâtre sur des champs d'orge maigres et souffrans. Avez-vous déjà fait les mêmes remarques 1"
jR. Le résultat uniforme des expériences faites sur remploi du plâtre ^ est qu'il ne développe aucune action sur les céréales. On a cité quelques faits isolés contraires à cette opinion ^ mais il est douteux qu'ils soient fondés : dans lés expériences que j^ai faites sur ce point , l'effet du plâtre a été entièrement nul.
9® Q. M. Foerster. Le chanvre vient-il mieux après le trèfle qu'après une récolte sarclée^ et mieux après un trèfle de deux ans qu'après celui d'un an, comme le dit un auteur^ et lorsqu'il suit un trèfle , faut^il rompre celui-ci avant l'hiver, et labourer encore au printemps?
R. Le chanvre réussit fort bien après le trèfle^ mais il exige plusieurs labours afin d'ameublir parfaitement le sol : c'est par ce motif qu'on préfère généralement faire suivre le trèfle par du froment, qui y réussit bien au moyen d'un seul
QtJISTIONS AGRICOXES. 5oi
labour. Lorsqu^ôn veut y placer du chanvre^ un labour profond avant Pbiver est fort utîle^ et Ton en donne encore au moins deux au printemps. Il est nécessaire^ dans ce cas, d'ajouter du fumier, à moins que le sol ne soit excessivement riche.
lo* Q. M. Truffet. Après le faticillage ou le fauchage de Favoine, doit-on attendre une pluie avant de Famasser^ comme on le fait communément?
; R. Il est utile que Favoîne, après lefaucîllage, reçoive un peu de pluie avant d'être enjavelée. Cependant il ne faut pas pousser eette méthode à Fexcès, en laissant Favoine pendant fort longtemps sur le terrain, comme on le ' fait trop communément^ et il vaudrait encore mieux la rentrer immédiatement après le faucillagè , que de laisser la paille se détériorer par un long séjour sur la terre.
ii« Q. M, Truffet. Est-il ^tile de plâtrer les fèves ?
R. L'analogie doit faire croire que le plâtrage est utile sur les fèves , de même que sur les autres plantes de la même famille ; cependant cette opération n'est pas généralement usitée pour cette récolte, et je l'ai essayée plusieurs fois sans succès.
1 2® Q. M. Busco. Les cultivateurs du Yorks^ hire prétendent que dans certains terrains (par
5oa QUESTIONS AGKICOIESà
exemple^ les luts sablonneux et gras)) plus on sème ravoine ^aisse^ plus on en retire.
JR. On peut dire en général que c^est un bon principe de semer Tavoine très*épaisse.
i3^ Q. M. Busco. Dans un dés cantons SYorkshire^ Topinion générale est, qu'en mêlant un peu de seigle avec le. froment, on a la certitude de préserver celui-ci de la rouille* Pensez- vous gue si ce fait était vrai , il y aurait avantage à faire usage de cette méthode P
JR. Plusieurs observations faites dans différens pays, donnent en efiirt lieu de croire qu^un mélange de seigle avec le froment garantit ce dernier de la rouille ^ de sorte que le froment contenu dans le méteil n^est jamais attaqué de cette maladie. Il serait intéressant de rechercher jusqu'à quel point un mélange de seigle en pe« tite proportion pourrait produire cet eflfet.