DOUZIÈME LEÇON
Prsmiârb question, m. Busco. Lorsque» est abondamment fourni de paille, serait-il avantà- ^uz de convertir son regain en mêlée , comme cela se pratique dans divers pays T
Réponse. Cest toujours une excellente méthode de mêler de la paille avec le regain^ au moment où on Tentasse après la récolte ; cela produit deux bpns effets ; i^ celui dç faciliter la dessicalion complète de la masse de regain ^ a^ celui de procurer à la paille que Ton emploie une saveur agréa)>le aux bestiaux, et probablement aussi de lui communiquer quelques pria- .opes nutritifs.
D^ Q. M'. Cratéro. Les effets du fumier répandu de quatre en quatre ans , seraient-ils les mêmes si Ton employait la moitié de ce fumier de deux en deux aiis ?
R. Il est certain que le fumier produira plus d'effet si on Temploie en quantité égale sur une série d'années , mais en doses plus petites et plus fréquemment répétées» Cda est particulièrement utile sur les sols légers et sablonneux.
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3* Q* M. Truffet. Le foin se cofaiseiVe-t-il mieux en meule que dans les granges?
R. L^opinion générale ^en Angleterre est que le foin conservé en meules est de meilleure qualité que celui qui Ta été dans les granges ^ les connaisseurs prétendent même le reconnaître à sa bonne odeur. /
4® Q, M. Busco. Un auteur prétend que c'est un tort de ne pas faire pâturer un pré au printemps, car on perd fa première pousse que les gelées blanches gâtent également. Il dit qu'on peut faire pâturer jusqu^au i5 avril, sans diminuer la coupe de foin. Les mauviaises herbes prinfantères se trouvent ainsi retardées, et lesplantes qui forment le meilleur foin prennent le dessus.
R. Dans nos climats , l'expérience montre qu'il est fort dangereux de faire pâturer un pré non arrosé, plus tard que le 20 ouïe 25 mars 5 car si là sécheresse survient alors , le sol se dessèche ' beaucoup plus promptement, et k récolte du foin peut être perdue..
Quant aux prés arrosés , si l'on prolonge fort tard le pâturage au printemps, on retarde beaucoup PépoqUe de la première coupe , çt par conséquent aussi celle de la seconde, qui pourra en • être beaucoup diminuée, ou tomber dans une saison où la dcssication du regain est extrêmement difficile.
5* Q« M. Busco. Quand faut - il sevrer les agneaux ?
R. Lie sevrage se fait ordinairement vers Page de trois ou quatre mois ^ mais il faut ici avoir plus d^égard à la force des agneaux qu^à Tâge: le moment convenable pour les sevrer est celui où ils commencent à bien manger y et où Tallaitement fatigue les mères.
6® Q» M. Bbode. M. de Domhasle dit^ dans son Calendrier du Bon Cultwateur^ qu'il a faft plusieurs fois faucher en vert, au moment où les épis se montraient , du seigle commun semé à Tautomne^ il a repoussé ensuite, et a donné des récoltes de grain peu inférieures à celles des champs voisins qui niaient pas été coupés. Peut-on toujours mettre cette méthode en pra* tique, et remployer pour nourrir ses vaches au printemps?
JR. Cela ne peut réussir que dans des terrains très-riches, et même si le printemps était fort sec, le seigle repousserait très-faiblement.
7* Q. M. Boode. À combien estime&-vous une fumure faite avec des tourteaux d'huile f
R. Tai remarqué que des tourteaux de colza , répandus à raison de 2,5oo livres par hectare , produisent communément , pourvu que la saison ne soit pas trop sèche, un effet que ïaa peut comparer à une fumure en fumier d^étAle, à
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raison de tiente à quarante milliers par hectare^ mais pour la première année seulement^ les tour* teaux n^élendent guère plus loin leur action.
Au prix ordinaire des tourteaux d'huile, il n^esi guère économique de les employer sur les céréales , à moins que les grains ^ niaient une valeur très-élevée. Mais si Ton a semé une prairie artificielle avec la céréale, la question change entièrement de face ^ car alors les tourteaux contribuent essentiellement aussi à assurer le succès de la prairie artificielle, par la vigueur qu'ils impriment à la végétation pendant la première année, et le succès de la prairie artificielle assure également celui de la céréale qui doit la suivre; ^n sorte que, dans ce cas, les tourteaux augmentent réellement les produits de plusieurs ré^ coites snceessives. La même observation peut a^appliquer à plusieurs autres espèces d'engrais pulvérulens ou liquides dont Taction ne dure' en général qu'une année, et qui peuvent, par cette combinaison , s'employer d'une manière beaurooup plus profitable.
8^ Q. M; Foersten Dans un canton de TAlsace^ à HocJifelden y on a trouvé qu'après un seul labour sur le trèfle, on avait plus de paille, et après trob labours plus de grain.
jS. Je n^ai jamais fait cette observation ; mais il serait important de faire des recherches sur
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ce sajet : au reste , il faudbrait que raligmentatkftn de ^ain fût considérable, pour compenser la dépense de deux labours de plus.
9« Q« M. JBoerster. £n Alsace , on estime les feuilles extérieures des épis du mais comme un fourrage excellent et meilleur pour les vaches que le rei^ain.
R. Toutes les parties du mais forment une excellente nourriture pour les vaches^ il est probable que les enveloppes de Tépi ont encore pour cet usage une qualité supérieure, car on remarque que dans toutes les plantes, les parties qui avoisinent les organes de la fructification sont plus riches en principes nutritif. Au reste, il ne peut être ici question que des enveloppes extérieures ^ car celles qui recouvrent^ immédia^- :tenient Tépi, s'emploient ordinairement à faire ^'excellentes paillasses, et ont, pour cet usage, lune aissea grande. valeur.
»o*. Q. M. Foerster. En Alsace, après un bea« trèfle, on ne donne qu'un labour pour le froment, et deux et même trois lorsque! }etrèBe est maigre et sale, et Ton y répand encore deux charges de fumier par vingt ares. . /
: .jR* Il est certahi que si l'on, veut: mettre' du froment après un trèfle clair et qui à laissé végéter beimconp de plantes nuisiblies, il: est inidJspensablC'de donner plusieurs lafaonrs: et. même d'ajouter de l'engrais si le sol n'est pas très-riche.
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Après wsi trèfle vigoureux bien ganrnr^ ùr seul labour est suffisant ^ et Ton peut être assuré que le sol^ après une semblable récolte de trèfle^ m manquera pas de fertilité pour la récolte suivatitë. ii« Q. M. Paléologue. Combien td^ temfte faut-il laisser Turine fermenter avant de ilHav'^ ployer, et cette fermentation est-elle indkpehsâble^ R. Dans tous les captons où Ton emploie Vn^ xinedeis bestiaux comme engrais, il est d'usage de la laisser fermenter pendant quelques mois ayant sou emploi^ et Ton regarde cette précaution comme fojrt importante. M. H. Davjj dans i sa Chimie agricole y a émi une opinioii entièi^^ ment opposée, et il a cherché à démontrer que l'urine fraîche devait avoir beaucoup plus d'efficacité qu'après la fermentation. C'est encore là un des points sur lesquels nous devons attendre que les théories viennent' se concilier avec la pratique, au moyen de faits décisifs recueillis par des observateurs également exempts de l'esprit de système et des préjugés de la routine.
12** Q. M. Salmon. Le fumier qu'on laisse à la superficie du sol a-t-il un effet aussi durable que celui qu'on enterre?
R. Malgré les indications dé la théorie, l'expérience journalière montre que le fumier étendu sur la suriace du sol, produit des effets aussi énergiques et aussi durables que lorsqu'il est
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aateirë) ponmi quMl ait été étendu Sur un sol SQfifisâmmeiit desséché, afin que les premières pluies n^entrainent pas les sucs hors du champ. Au reste, Femploi du fumier comme coiwer^ ture ) présente , dans la plupart des cas , une grande difficulté, qui est celle de faire arriver les voitures sur place, dans les terrains préparés et ensemence, ou pendant la végétation des plantes , ce qui cause souvent beaucaup de dom-« .mages aux récoltes. Cest cette difficulté qui em« pêche que Ton fasse de la .fumure en couverture, un usage aussi fréquent que cette méthode k mériterait
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