‹ Annales agricoles de RovilleChapitre 43 sur 67 · DE L IRRIGATION · texte numérisé non relu

DE L IRRIGATION

seulement nourrit avec ce foin ses chevaux de chasse, mais encore remploie à Tengraissement de ses bestiaux , etc. Puis il continue ainsi :

« Après la fenaison de la première coupe, on » conduit quelquefois de nouveau les eaux sur 3 la prairie pendant un jour eu deux , pour » exciter la végétation du regain. Cette pratique » ne peut être nuisible , lorsque Ton se propose » de faire pâturer ce regain par d^autres bestiaux » que les bêtes à laine ] mais pour ces der« !^ nières , à moins que ce ne soit des moutons » que l'on veuille engraisser pour la boucherie ^ » on doit éviter cette irrigation. En effet, Farrosage » d'été excite une végétation si rapide et Therbe 9 qu'il produit est tellement aqueuse qu'elle ^ communique facilement la pourriture aux bêtes » à laine (i); tandis que l'on n'a jamais observé ^ que l'irrigation d'hiver communiquât cette y propriété malfaisante ni au fourrage de la pre^ > mière coupe ni au regain. "»

(i) C'est ce qui est arrivé , en 1827, clans une prairie arrosée , située à Inverardran , près Tjnedrum. Une forte averse ayant occasioné Tinon dation de cette prairie , immédiatement après la première coupe, cet arrosage naturel produisit sur les moutons le même effet que Tirrigation d'été : ils gagnèrent la pourriture.

i^NottdeVauteur.)

DES t»RAIRlES. 367

M. Stephens observe ensuite que la possessioa d^utie prairie arrosée est très-précieuge pour une ferme de terres labourables, en ce que c'est une i^ource abondante d'engrais pour les champs soutiiis à la charrue : chaque année la totalité de son produit peut être convertie en fumier , tandis que pour produire et même pour s'améliorer considérablement, elle ne demande que d'être ar-^ rosée. Du reste , les avantages que l'on en retirera seront proportionnés à la richesse des eaux employée!^ à l'arrosage , et pour preuve , M. Ste-^ pkens cite les prairies arrosées par les eaux d'Edimbourg. Ces prairies sont fauchées annuelle-* ment cinq à six fois ; l'herbe qu'elles produisent est employée à la nourriture des vaches laitières ^ mais pour en obtenir des coupes aussi nombreuses , on y lâche les eaux pendant un jour ou deux après chaque coupe , et bien que ces eaux soient toujours troubles, le bétail mange le fourrage qu'elles font croître, avec une extrême avidité ^ ce qui contredit formellement l'idée favorite de de M. Smith sur la supériorité des eaux claires des sources pour l'irrigation.

On rencontre bien souvent des opinions erronées en irrigation , mais surtout sur ce qui a rap^ port à la (Jualité des eaux et aux époques où il convieînt de les employer. Quant au premier point , M. Stephens pense que toutes les eaux ,

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«xceptë celles qui tîenoeDt ea dissolution des substances niinérales vénéneuses , quelque claires et limpides qu^elles soient du reste, sont avanta-geuses à la Tégétation : si on les emploie sagement elles produiront indubitablement les herbes propres au sol qu^elles arroseront.

Mais rirrigation, comme beaucoup d'autres opérations , est en giénéral mal con^prise ; et M. Stephens est intimemept convaincu que les non-succès, dans cette partie de Pagriculture, sont plus souvent dus à un aménagement ticieui qu'à une mauvaise qualité des eaux. Si les récoltes de foin ne sont point ce qu'elles devraient être, c'est que l'eau est trpp peu abondante, ou que l'irrigation est intempestive. Les personnes qui ne sQnt point a^ fait des vrais principes de l'irrigation , croient que l'arrosage doit se borner à humecter de temps en temps le sol pour remplacer les eau:( des pluies ; tandis qu'au contraire l'eau doit couler sur la prairie durant tout l'hiver , pendant quelques beaux jours exceptés, où l'on arrête l'eau pour donner de l'air et de la forte aux jeunes pousses de l'herbe, dans les places oii l'eau a cqulé trop rapidement ou trop lentement.

« Au commencement d'octobre, dit M. Stephens^ » on doit nettoyer et mettre en état toutes les » raies d'arrosage et de dessèchement, on doit

DES PRAIRIES. SGp

» réparer les bords des canaux , lorsqu'ils ont été » endommage par le piétinement des bestiaux* » Après cela l'eau étant généralement abondante 'p à cette époque de Tannée , Tirrigatlon doit corn- » mencer. Le premier travail de Tirrigateur con- » siste à détourner Teau dans le canal de conduite , 9 la maîtresse rigole^ ou, si la prairie est divisée » en plusieurs parties distinctes , il faut distribuer

> convenablement Teau dans chaque canal de çon- » duîte ; alors on commence à placer les barrages

> temporaires dans la première raie dMrrigation, et y on y laisse entrer Peau de la maîtresse rigole , en

> augmentant l'ouverture jusqu'à ce que l'eau reflue » sur chaque bord d'une manière uniforme et en

> quantité suffisante, d'une extrémité à l'autre » de la raie; cela fait , on passe à la seconde raie ^ » et ainsi de suite, jusqu'à ce que l'eau soit » lâchée dans toutes. L'irrigateur doit faire sa » ronde pour examiner si l'eau coule bien éga- » lement sur toute la surîace de la prairie ; il » détruira les obstacles qui pourraient en gêner

> le cours, et fera en sorte que partout le gazon » soit recouvert d'un pouce d'eau.. Lorsque tout f est dans l'ordre voulu, on doit laisser couler » les eaux pendant les mois d'octobre, novembre, » décembre et janvier, par périodes de quinze à » vingt jours consécutifs. Entre chaque période, » on doit laisser le sol se ressuyer complètement

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