IV. De V aménagement des eaux
Nous voici arrivés à la partie la plus importante de Tart des irrigations. Jusqu'à présent nous avons suivi M. Stephens pour ainsi dire pas à pas^ mais dans ce «hapitre nous serons encore plus scrupuleux de présenter en entier toutes ses opinions sur l'important sujet qui s'y trouve traité.
« La conduite des eaux sur une surface enher- » bée, dans le but d'en améliorer la récolte, » est une opération délicate qui exige une parfaite » connaissance des niveaux et de la marche de y la végétation des herbes. On ne doit jamais la » confier à un homnie inexpérimenté. Si les eaux » dont on peut disposer sont assez abondantes » pour arroser à Ta tbis la totalité ou la moitié » de la prairie , Faménagement en devient assez 9 facile^ car alors il suffit de régler la hauteur
> des écluses de manière à fournir la quantité y d'eau nécessaire pour un arrosage de 2 , 6 , » 10 ou 1 5 jours consécutifs, suivant la saison » et l'état de la température ] et alors l'eau , à » moins qu'elle ne charie des herbes ou autres
> débris qui pourraient engorger les canaux , cou-
:^~ lera saHs înterruptioti pendant tout le temps » voulu, sans que Tob ait d'autres soins à donner » peildantrarrosage.... Mais lorsque le cours d'eau » est peu considérable, et grossissant ou diminuant y à chaque ondée , la conduite des eaux devient » plus difficile et exige delà part deTirrigateur^ » foute Tattention possible pour surveiller la mar-* » che des eaux et les conduire tantôt sur une partie » de la prairie , tantôt sur Pautre, suivant qu'elles
> sont abondantes du rares. Les prairies de cette i espèce sont généralement mal aménagées , » bien qu'avec une demi-heure de travail par » jour , on puissse les tenir dans le meilleur
> état. Et lôrs même que les travaux préalables » d'irrigation auraient été parfaitement exécutés i et que l'eau viendrait toujours en quantité
> suffisante et égale /il ne serait pas moins in-
> dispensable que l'irrigaleur fît tous les * trois » ou quatre jours une tournée générale , pour
> s^assurer si des herbes et autres obstacles n'obs- » truent pas les cours d'eau, si quelques bar-^ » rages temporaires ne sont point dérangés, » déplacés et ne ^opposent pas à une . égale » distribution des eaux, en inondant trop for- 9 tement certaines parties et en en laissant d'au-
> très à sèc ou à peu près , ce qui est fort » nuisible ^ car là où il y a trop d'eau, les herbes
> souffrei^t, sont détériorées par la production
36a DE l'irrigation
» de récame , taodis que le manque d'eau dl- 9 minue considérablement le produit.
> Les petits cours d'eau sont bien plus com-
> muns que les grands ; on peut en tirer grand
> parti ^ mais si le cultivateur veut les employer » a arrc^er une étendue disproportionnée de » terrain^ il arrivera qu'une partie aura trop
> d'eau ^ tandis que l'autre n^en recevra pas If suffisamment Non-seulement la qualité^ mais
> encore la quantité de la récolte dépendent de la » précision et de l'^ale proportion avec lesquel- % les les eaux sont réparties.
» Un des plus grands défauts ^ dans l'amé-
» nagement des prairies arrosées, consiste dans
» l'inattention à débarrasser le sol des eaux
> stagnantes ou souterraines ^ car l'expérience dé-t » montre que , soit qu'il y ait trop d'humidité » dans le sous-sol , soit que l'eau séjourne trop » long-temps à la surface , l'herbe devient gros- 1» sière et rare. Une autre grande faute que l'oa » commet généralement, est de trop prolonger » chaque arrosage sans se donner la peine de » dessécher convenablement la prairie. Je con-
> nais telle prairie qui, depuis l'automne, époque » à laquelle on lâche les eaux , jusqu^à huit ou » dix jours avant la fenaison , n'est jamais dessein chée upe seule fois. Il en résulte que la prairie t ne produit plus qu'une herbe extrêmement
> grossière 5 qu'elle est devenue tellement maré- 3 cageuse , que pour faire sécher le foin , on est » obligé de Fenlever du sol qui Ta ()roduit
> pour le faner ailleurs. Une autre mauvaise » pratique, très - fréquente dans la Grande- » Bretagne , est de laisser le foin trop long-temps V sur pied, de le faucher trop tard : il arrive » alors que l'on n'obtient qu'un foin dur, mal- !► fait et souvent à moitié pourri avant qu'il soit » fané; et en outre, le regain n'ayant plus le » temps de croître , cette récolte est entièrement » perdue ; en sorte que le cultivateur ne retire 3 de sa prairie que la moitié du produit qu'il y eût pu en obtenir avee une conduite judi^r
» cieuse Les plantes , ainsi que les animaux,
» exigent que les alimeas leur soient distribués
y à des époques réglées, et si une prairie est
»' arroséee d'une manière irrégulière, la récolte
» en souffrira nécessairement. C'est pour cela
» qu'une terré sèche , poreuse, souffre plus qu'un
» sol naturellement humide, d'une répartition
> inégale des eaux , d'un mauvais aménagement » dans l'arrosage. ... *
» On a déjà longuement discuté sur les bonnes
» ou mauvaises qualités des eaux employées à
9 l'irrigation, et, si l'on en croit MM. Smith et
> Davis , l'eau claire des sources est aussi efficaee » que celle qui a traversé un pays riche et fertile,
364 ^^ l'irbioation
» ou quî s'est chargée des ëgoûts d'une grande vîlle.
» Ceux qui partagent cette opinion n'ont qu^à ob-
> server les prairies arrosées par les eaux enrichies » des immondices d'Edimbourg^ et après cela, ils
> seront, je n'en doute pas, convaincus de lasupe* » riorité des eaux bourbeuses sur celles des sources.
» Toute prairie, convenablement disposée pour » l'irrigation , doit pouvoir recevoir aisément les
> premières inondations de l'automne. Il est » de principe dans le Wiltshire et le Gloces- » tershire, ainsi que chez les plus habiles irri- » gateurs des autres contrées, d'employer le » plus possible les eaux pendant tout le cours » de l'hiver, non-<eulement parce que ces eaux
> protègent les herbes contre la rigueur de l'hiver, » mais encore parce qu'elles laissent sur le sol j^ une quantité considérable de dépôt fertilisant » Par ce moyen , la végétation n'est point en- » tîèrement interrompue pendant les gelées, et au » printemps, elle se développe avec la plus grande » énergie, tandis que les terres environnantes sem- » blent encore engourdies par l'hiver ou même » couvertes par les dernières neiges. Quelques pery sonnes attribuent ce fait à la température plus » élevée des eaux ^ d'autres l'expliquent par la dé- » composition qui s'opère alors dans le sol , ou > par l'action du sédiment; mais quelle qu'en 9 soit la cause, il est certain que, si l'on néglige
DES PRAIBIES. 365
p celte importante précaution , la récolte en sera » diminuée d^autant. Quelles que soient les opi-
> nions théoriques sur ce point intéressant^ je » pense que toutes les expériences tendent à » prouver ceci , que pour obtenir une végétation m. hâtive et vigoureuse , il faut se hâter dVroser » à rapproche de Thiver. Ce fait pratique est » bien plus important du reste que toutes les » explications que Ton pourrait en donner.
^ » On a souvent observé, ou allégué, que le » foin des prairies arrosées était inférieur aux
> autres fourrages^ mais les personnes qui sont y au fait de |a manière de faner les foins des » prés soumis à Tirrigation , savent combien, la )» bonne ou mauvaise qualité de ces foins dépend » de la manière d^exécuter la fenaison. Je soup- » çonne fort [que dans les localités où Ton est » fondé à se plaindre du fojn des prairies » arrosées, Ton a la mauvaise habitude de lai^er
> trop long-temps Therbe sur pied , ce qui la » rend aussi peu / nutritive que la paille', ou y bien que la fenaison est mal exécutée dans » quelques-unes de ses parties. »
Ici M. Stephens, cite l'exemple des comtés de Dumfries et de Peeble, où Ton engraisse les boeufs et les moutons avec du foin de prairies arrosées, aussi promptement qu'avec le meilleur trèfle, et celui de sir G. Montgomerj^ qui noh-