‹ Annales agricoles de RovilleChapitre 48 sur 67 · DE L'EMPLOI · texte numérisé non relu

DE L'EMPLOI

Des os pilésj comme engraiSy dans la Grande^ Bretagne^ par J.-C. Fawtier.

XJA propriété fertilisante des os et des substances animales analogues est connue depuis long*temp$ des cultivateurs et surtout des jardiniers^ mais ce n'est que depuis peu d'années que Ton a tenté d'en tirer parti dans la grande culture. L'emploi des os piles ou de la poudre d'os comme engrais^ est presqu'une découverte de nos jours , elle ne date que du commencement de ce siècle, ou tout au plus de la fin du siècle précédent^ et bien que la Grande-Bretagne paraisse , sous ce rapport , avoir devancé les états du - continent , ce n'est cependant point à elle que l'on doit attribuer le mérite de l'invention revendiquée par les Allemands» Si l'on en croit Friederich Ebner (Dos Knochen^Mehl ^ ctc*, Weilbronn, 1826), un habitant de Sollingen, M. Friederich Kropp^ tenta le premier, et dès l'année 1802, de substituer les os piles aux engrais ordinairement employés pour fumer les terres. « Le succès , dit Ebner ^

!& couronna si bien ces essais que toute la contrée 9 en admira les résultats extraordinaires. C^pen- » dant une découverte aussi précieuse , faute . » d'être propagée, publiée avec Ténergie néces- » saire , ne se répandit point ^ et rAUemagne qui » Tavait vue naître, la vit aussi, pour ainsi i> dire , s'engourdir dans son berceau,

» L'industrieuse Angleterre sut bien mieux » apprécier cette découverte de TAUemagne, et: y en tirer parti ^ car aussitôt qu'elle eut con^

> naissance des essais qui avaient été faits avec » ce nouvel engrais , et dès que les effets ex-

> traordinaires en furent constatés, on vit s'élever » à HuU (comté d'York) et dans les environs » de Londres , plusieurs moulins à broyer les

> os , dont chacun préparait journellement plus » de vingt mille kil. (vingt tons) de poudre d*os* 9 Pour alimenter ces nouvelles manufactures , de 9 nombreuses cargaisoins d'ossemens partirent des 9 côtes de rAUemagne et furent transportées dans » la Grande-Bretagne , et même jusqu'aux Indes 9 orientales , pour y être réduits en poudre ; et » dans la seule année de 1822, l'Angleterre tira 9 de l'Allemagne plus de trente millions de kiL » d'ossemens recueillis en partie sur les cbaipps

> de batailles de la dernière guerre. 9 Depuis. qu'Ebner écrivit ces lignes , les journaux du nord de l'Europe nous apprirent que.

378 DE l'emploi

dans Tannée 1825 , il a été expédié^ du seul port de Rostock (duché de Mecklembourg), plus de deux millions (d'autres disent cinq millions) d'os de bœufs et autres animaux pour les manufactures de Hulk

L'Angleterre tire actuellement des os de tous les points de l'Europe , et même de la Norwège et de la Russie, et nous voyons dans un des cahiers (le premier,'] e crois) du Télégraphe, publié à Copenhague , que le commerce des os peut rapporter au Danemarck et aux duchés danois un revenu annuel de eent cinquante à deux cent mille rixdalers (environ^ un million de francs.)

L'on peut, d'après ces faits, juger des senimes énormes que déjà l'agriculture anglaise consacre à ce nouvel engrais dont l'emploi s'accroît avec une rapidité remarquable , et cela seul ,' ce me semble , suffit pour en démontrer les avantages et prouver que les expériences négatives de MM. Korte y fFrede-et de Dombasle tendent seulement à prouver que , dans certains cas , les os piles sont inefficaces , sans contredire leur utilité dans d'autres circonstances. L'iefficacité de cet engrais est en outre démontrée par l'usage fréquent et général qu'en font les cultivateurs dans quelques parties du Palatinat, du duché de Bade et du Wurtemberg.

La France aussi n'est point étrangère à cette

Digfeed by VjOOQlC

DIS OS PiLlêS. 379

pratique 5 ses peuples de TAlsace Tonl depuis quelques années empruntée à leurs voisins de TAllemagne. Déjà quelques moulins à broyer les os ont été établis dans le Bas-Rhin , et pendant que Ton faisait à Roville quelques essais sur ce nouvel engrais, MM. Bergouhniouoc^ Darcet et Molard jeune nous apprenaient que , depuis un temps immémorial , on employait la poudre d'os comme engrais dans les environs de Thiers et dans quelques autres localités du Puy-de- Dôme , ce qui , soit dit en passant , nous donnerait des droits à la priorité , si cela méritait Timportance que quelques personnes ont attribuée à de pareils avantages imaginaires. . « •

Mais la Grande-Bretagne, TÉcosse surtout^ est encore le pays de l'Europe où Femploi des os piles a le plus attiré Tattention et suscité les expériences des cultivateurs, probablement aussi parce que la classe agricole; y étant généralement plus éclairée, saisit plus promptement le côté utile des choses. En conséquence , nous avons cru qu'une revue rapide des essais et des opinions de nos voisins d'outre-mer sur ce sujet , dans les deux dernières années, serait de quelque utilité pour nos lecteurs français. Afin de procéder avec plus de clarté dans cet examen, nous allons * présenter ce que nous avons à dire sur les os piles dans Vordre suivant: i® du mode d'actioa

3So DE l'emploi

des os piUs sur le sol et la vëgâatîon y a^ de la nature des sols sur lesquels il convient ou il ne convient pas de les appliquer^ 3® des récoltes pour lesquelles il convient d'employer les os piles ^ 4^ de la quantité à employer par hectare; 5^ de la durée d'action de cet engrais , et de sa valeur comparativement aux autres engrais animaux^ 6* enfin, des machines employées à le préparer*. . Nous avouons que sur plusieurs de ces sujets nous ne pourrons présenter que des opinions assez incomplètes et assez vagues; mais nous les relatons telles que nous les avons reçues de la Grande-Bretagne, sans rien assumer sous notre responsabilité. Nous nous bornerons, selon les circonsfances, à hasarder timidement quelques observations, en présentant en regard les opinions des agriculteurs du contineat.,

1* Du mode d^ action des os piles sur le sol et la végétation.

L'énoncé seul de cette proposition suffit pour faire sentir combien la solution en est délicate et ardue. Combien , en efFet, n'a-t-on pas écrit sur le mode et les élémens de la nutrition des plantes f Et malgré cela , combien ne nous reste-t-il pas encore à apprendre sur ces points importans et non éclaircis de la science agronomique f Voyons si l'on a été plus heureux et

plus clair dans ce qui a rapport aux os piles considérés comme principes nutritifs des végétaux. Ce qu€ Ton va lire à ce sujet est une traduction d'un article inséré dans le i*^"^ numéro du Quar^ terljr Journal of agriculture (page 43) , sous le titre de Remarques sur les engrais et sur Vaction de la poudre d^os sur les plantes et le sol (i).

€ Rien n'est mieux prouvé en agriculture. » dh Fauteur anonyme de cet article , que la né- » cessité d'une grande quantité d'engrais lorsque » Ton veut produire de belles récoltes. Quelques » soins que l'on donne aux cultures d'une terre, » elle ne donnera que des récoltes chétives et » incapables de payer les frais, si elle est dé* » pourvue des engrais nécessaires. On ne saurait » trop répéter que les caractères spécifiques des ^ plantes^ leur manière de se comporter dans :» la vie végétale , sont héréditaires dans toute la » force du mot, et que, sous tous les rapports,, » les plantes tendent naturellement à revenir » à l'état dans lequel elles existaient lorsque » leur multiplication était abandonnée aux seuls » soins de la nature. De plus, il est de fait

(i) Nous croyons que M. Watson de Keilor est Fauteur de ce mémoire \ mais nous n^en sommes pas sûrs.

38i DE L'EMPtOf

» bien connii que les Tégétaux souniis à la

9 culture , acquièrent des dimensions plus con-

> sidérables que ceux de même espèce qui » croissent spontanément^ Les plantes cultivées » tendent donc naturellement à la décroissance » et au dépérissement , et Taspect chétif que pré- » sentent quelquefois les récoltes lorsque^ dans

^» leur culture^ on a omis de leur donner la

» quantité d^engrais nécessaire ou quelqu'un des

» autres soins qu^elles exigent en bonne agri-<-

» culture, ne résulte pas tout-à-fait, comme on

» le croit trop souvent , d^un état maladif produit

» par le manque de nourriture^ le froid ou

» rhumidité, mais bien de cette tendance positive

» que les plantes ont naturellement à revenir à

» Fétat primitif. En conséquence , Fagriculture

» a un double but à atteindre, elle doit en même

» temps amener les plantes à ce luxe non naturel

» de végétation, et ensuite les maintenir dans cet

> état qui seul peut remplir les vues du cultî- » vateur. On y parvient en préparant le sol par » des cultures, de manière à le rendre assez

> poreux pour le mettre en contact avec Pair, » la cbaleur et Thumidité, en en mélangeant les 9 diverses parties terreuses avec certaines molé-

> cules alcalines ou avec des substances animales » ou végétales décomposées. Ce sont ces subs-^ 9 tances qui servent à la nutrition des plantes ,

» lorsqu'elles sont sufiisamment divisées ou dé- » composées pour être dissoutes dans Peau aidée

> probablement par Faction vitale des racines (i)« » Les espèces et les quantités relatives des subs-*

9 tances terreuses et alcalines qu'une plante peut » absorber, peuvent être déterminées par Fexa- » men des mêmes espèces végétales croissant

> spontanément sur le sol qui leur est propre^ y Quant à la matière organique soluble, soa » abondance dans le sol produit en grande par* ^ tie la beauté et le poids des récoltes y » car c'est la matière organique qui forme les » principaux élémens de cette charpente végé-- Sf taie dans les cellules de laquelle sont dépo-

> sées les molécules terreuses et alcalines. £a

(i) Plusieurs naturalistes pensent que les parties terreuses: et alcalines que l'on rencontre dans les végétaux ont été àbsoriyées accidentellement par les plantes ; mais cette opinion est loin d^étre fondée. Ces molécules sont déposées dans des cellules préparées pour elles , lorsquVlles ont été Êiçonnées par Faction vitale en crystaux à formes trèsdélicates , et leur absorbtion est probablement due à quelqu'une des hautes fonctions vitales de la plante. Dans de pareilles circonstances , il est plus raisonnable de conclure que la présence de ces molécules est essentielle au développement du végétal , et il serait facile de signaler les nombreux inconvéniens qui résulteraient de leur absence pouc les plantes. (.^ole de Vauteur.)

384 DE L^EMPLOÏ

» conséquence, il est évident que si Ton enlève » d'un champ les produits végétaux qui y ont » crû^ et si par-là on s'oppose à ce que ces pro- » duits se mélangent au sol^ la récolte suivante 9 doit être indemnisée par une addition de subs- » tances nutritives pour réparer la perte , Tab- » sorbtion opérée par la végétation précédente, » si Ton veut que la récolte égale la produc- » tion naturelle : et si en outre nous considérons p que les efforts du cultivateur ont pour but de » produire des récoltes plus fortes que ne pôur- » rait le faire la nature livrée à ses propres :p ressources , nous sentirons encore plus la né- 9 cessité de l'emploi d'une forte quantité d'enflé grais. En effet, c'est à l'absorbtion des engrais » nouvellement confiés au sol ou y existant de- 9 puis long-temps, que nous devons la majeure » partie de la matière solide des récoltes sui-- » vantes. Cette assertion peut paraître peu fondée 9 et même , au premier aperçu , en contradiction » avec les faits; mais quoiqu'il ait été prouvé que » dans certaines circonstances les plantes ont la 9 propriété de décomposer l'air et l'eau et d'en 9 extraire les principes propres à former les par- 9 lies solides que contient leur tissu végétal , on 9 ignore encore jusqu'à quel point cela a lieu , 9 sur une grande échelle et lorsque les plantes 9 sont en plein champ livrées à elles-mêmes.

DK OS PILES. 385

s> Nous savons que les végétaux jouissent à un

> degré très-prononcé de la propriété de s^accom- 9 moder aux circonstances dans lesquelles ils ff se trouvent placés, nous savons aussi que

> leurs fonctions sont très-variées ^ mais nous ne » pouvons pas raisonnablement conclure de ce » que les plantes ont pu vivre pendant quelque

> ^emps d^eau pure sans aliment terreux , qu'elles » n'absorbent que de Teau lorsqu'elles croissent » sur un sol riche ^ Jtt nous ne pouvons pas non » plus, de ce qu^une plante renfermée soiis une '» cloche de verre avec une petite provision d'air » y vive long-temps , en changeant constam— s> ment la composition de sa petite atmosphère ^

> affirmer que les choses se passent exactement » ainsi à Pair lilure et eontiauellement re-

> nouvelé par les vents. Un bœuf peut vivre » en ae mangeant que des herbes marines;

> un saule peut végéter lors mèote que ses » branches sont roiversées et enterrées dans

> le soi, tandis que ses racine prennent la place ' » quVccupaient les branches ^ mais bien que

» Tordis interverti de ces fonctions prouve la

> ténacité de la vie chez les individus, il ne » doit pas être confondu avec ta marche natu- » relie , l'état ordinaire des choses. Quant à la

> question de l'action même des engrais sur » le sol et la végétation , nous allons maintenant

6* UVR. 35

386 DE l'emploi

» hasarder quelques observations sur ce sujet ^

» dans Tespérance d^attirer Tattention des culti-

» valeurs sur ce fait intéressant plutôt que par

» conviction de l'exactitude de nos remarques. » Si nous observons d^abord le fumier d^étable,

» dont une longue expérience nous a mis à

» même de déterminer avec plus de précision la

» quantité qu^il convient d^employer, nous trou-

» verons, en règle générale, que le poids du

» fumier à Tétat sec employé sur un sol est à

> peu près le même que celui de la matière

> végétale sèche que Ton retire de ce sol après la

> fumure. Nous supposerons que Ton applique » par acre vingt tons de fumier d'étable ( cinquante » mille kil. par hectare) pour un assolement de ^ quatre ares (turneps, orge, trèfle, blé), en sup- » posant que le sol , à la fin de cet assolement, se » trouve dans le même état d'épuisement qu'au

> commencement de la rotation. Vingt tons (cin- » quante mille kil. par hectare , en quatre ans)

> équivalent à cinq tons (douze mille cinq cents kil » par hectare) par an ; nous devons^n déduire plus » de la moitié du poids pour Feau pure retenue » dans la substance spongieuse de la masse , et qui 9^ ne sera utile à la végétation que relativement » à la quantité d'humidité naturelle du sol. Ainsi » le poids réel du fumier appliqué dans ces cir- » constances , sera réduit à environ deux ou trois

DÈS OS PîLÉS. 387

» tons par acre (cinq à sept mille cinq cents kil.

> par hectare) pour chaque année; et alors p nous trouverons que très-rarement le poids » de la matière végétale sèche d'une récolte 9 excède cette évaluation. Une récolte verte de » céréales contient à peu près 70 pour % de

> son poids dVau, dans sa paille et dans ses

> grains ; et lorsque cette même récolte est ar- » rivée à maturité, Phumidité qu^elle contient

> encore n'excède guère 10 pour % du poids f total. En conséqaence, si nous supposons que » la moyenne du poids d'une récolte de céréales » soit de deux tons et demi par acre (six mille » sept cent cinquante kil. par hectare) , nous pou-- » vons en déduire environ cinq quintaux (six » cent vingt-cinq kiL par hectare) pour le poids

> de Peau , et près de deux quintaux ( deux cent » cinquante kil. par hectare) pour le poids des y parties terreuses et alcalines entrées dans la » composition de la paille et du grain; en sorte

> que le poids total de la matière végétale sèche » égalant probablement quatre quarters de » froment par acre (environ vingt-huit hecto- » litres par hectare ) , n'excédera guère deux tons » (cinq mille kil. par hectare.) Si maintenant

> nous établissons la comparaison avec des ré-^ » coites vertes , les résultats seront encore plus % frappans. En effet, puisqu'il est admis que

Digitiz'ed by VjOOQIÇ

388 DE l'emploi ,

» l'on tire une récolte verte du poids de vîngt-

> cinq à trente tons par acre (de soixante-sept à » soixante -quinze mille kil. par hectare) d'un » champ dans lequel (bien qu'à cette époque » de l'assolement la fumure soit entièrement et » récemment af^pliqiiée) dans lequel, dis- je, nous

> avons supposé qu'il n'y avait que deux à trois

> tons de consommé par acre (cinq à sept mille » cinq cents kil. par hect. ) , il semblerait d'abord » évident que l'opinion qui admettrait que celte » récolte devrait au fumier consommé la majeure » partie de la matière végétale qu'elle contient, 9 serait toul-à-fait erronée. Cependant l'expé-

> rience apprend que les gros turneps sphéroïdes

> ( large globe turnip ) ne contiennent guère » que 7 pour % de matière végétale sèche, que les » turneps jaunes {jçllow turnip) n'en contien<*

> nent qu'environ i o pour %, et les navets de Suède

> guère au-delà de i4 pour •/o 5 ^ndis que la » fane, les feuilles de ces plantes, forme le dixième ^ du poids total de la récolte. En conséquence, a> des vingt-cinq tons (soixante-sept mille kilo- » grammes par hectare) de turneps sphéroïdes y que nous tirons du sol, on doit déduire pour

> l'eau environ vingt-trois tons (cinquante-^ept » mille cinq cents kilogrammes par hectare.) La » pomme de terre est une racine moins aqueuse ,

> et , suivant sir John Sinclair^ dont les aperçus

» sur sa composition sont très - modérés , elle » contient * environ 25 pour®/^ de matière solide,

> en sorte que d'une récolte moyenne de huit -9 tons par acre (vingt mille kilogrammes par » hectare) , si l'on en déduit le poids de Teau

> de végétation qu'elle contient, il ne restera » encore que deux tons (cinq mille kilogrammes

* par hectare) àt matière végétale sèche. De » même, si nous opérions sur le produit moyen » d^ autres récoltes de nos assolemens, nous » aurions prohablemenl des résultats qui nous con- » duirâient à cette règle générale, que (dans cers^ taines limites et les autres cîrtonstances élànt

* égales d'ailleurs) le poids de leur matière végétale » sèche estproportionel'à la quantité des engrais ^ employés et presque égal à cette quantité, si nous y supposons que l'on maintienne toujours le sol y au même degré de fertilité.

y De tout ce que nous venons de dire, il

> résulte évidemment que l'augmentation de la ï^ masse des engrais et l'application raisonnée de

* ces engrais sont les moyens les plus efficaces que » l'on puisse employer pour l'amélioration de » l'agriculture. C'est par-là que l'on pourra » accroître le produit d'une ferme et parconsé* » quent le bien-être du pays.

» On a quelquefois divisé les engrais en deux » classes fondées sur la nature supposée de leur

390 DE L^£MPL0I

9 action; car presque toutes les substances que » Ton applique à un terrain pour en augmenter » la fertilité , reçoivent le nom d'engrais. Mais » bien qu^il fût à désirer qu'une pareille classi- » fication fût bien fondée, dans^ l'état actuel et » peu avancé de nos connaissances en statique

> végétale , on doit la rejeter. Il est assez prouvé »• aujourd'hui que certaines substances sont » absorbées par les plantes , et leur servent de » nourriture , que d'autres agissent sur la végé- » tation en plaçant les engrais existans dans le » sol à l'état inerte , dans les conditions néces- » saires pour qu'ils puissent être absorbés par » les végétaux, et que d'autres enfin agissent 2^ surtout en améliorant la texture du sol ; mais » lorsque nous nous bornons à parler d'une » classe d'engrais destinée exclusivement à sti- :► muler la végétation , et d'une autre classe dont :^ l'action consiste plus spécialement à servir de

> stimulant au sol, nous employons dans les :» deux cas un langage obscur. Nous pouvons

> bien nous faire une idée asse% claire de ce » que l'on entend par stimulation des plantes, » parce que nous savons que les plantes

> montrent plusieurs symptômes d'irritabilité; » mais nous attachons assurément un sens tout i différent au mot stimulation, lorsque nous » parlons d'une matière aussi inerte que le sol.

DES OS paÉs. 391

» On peut hien^ en effet, appliquer à un ter^ » rain une substance qui , bien qu^incapable elle* » même de servir d^aliment aux plantes, peut 9 néanmoins, en se combinant avec d^autresprin- » cipes, augmenter la fertilité du sol et le ren« » dre capable de fournir plus de nourriture aux » végétaux qu^iln^eût pu en fournir sans cette com*-

> binaison; Hais on doit distinguer avec soin » une action chimique du genre de celle-ci, de celle » qui résulte des stimulans dont l'action se porte » exclusivement et directement sur les corps or- » ganisés...*

» Une autre circonstance sur laquelle il est ». brès-important de porter notre attention, est » celle de la quantité d'eau non combinée qui » existe dans les engrais. Plusieurs des subs- » tances les pjus estimées parmi celles qui reçoi*- % vent le nom d'engrais, les unes sont sèches ^

> et d'autres sont asses; humides pour que l'eau » constitue la majeure partie de leur poids.

> Lors donc que le sol contient naturellement » assez, d'humidité pour dissoudre ses parties » solides , et n'est pas assez consistant et compact

> pour nécessiter l'action mécanique d'une grande

> masse d'engrais pour son ameublissement, nous » pouvons espérer, d'une moindre quantité d'en^

> graissée^ un effet plus grand pour la nutrition » des plantes que celui qui réciterait de l'emploi

392 * BE l'emploi

» d^une ijiinxtité plus tx>nsidérable d'engrais hu- » mide^ et en cela nous sommes parfaitement » d'accord avec les faits.

» Les avantages qui résultent de pareils en- V grais^ lorsque le pris n^en est pas assez élevé » pour en interdii^ Pusage^ sont très-nombreux. » On les transporte facilement au loin : ils sont y> généralement exempts de graines de mauvaises > herbes; on peut les conserver fort long-temps » sans altération , pourvu qu'on les tienne dans

> un lieu sec ^ oa bien on peut les «mployer :» immédiatement : on peut aisément les incorpo- 11^ rer au sol : en lan mot, on peut en faire Une » application &cile sans éprouver de déchet on » de perte*

p Après avoir hasardé ces observations sur les « engrais en général, nous allons présenter quel-

> quea remarques sur la nature et l'action des m os employés comme engrais , dont l'avantage ^

> été complètement démontré par la pratique

> et l'expérience sur tons les sols , à l'exception » seulement des terrains calcaires ou très-com- » pacts ; ce fait peut être récusé par des hy^- » thèses chimiques, et il i'à déjà été; mais il ne 9 reste pas moins pour toujours incontestable.

> Pour nous mettre à même de comprendre le ^ mode d'action des os sur le sol, il est, je

1>£S ÛS VTLtS. 393

» crois , nétessaire d^exposer prëalablement leur » histoire naturelle et chiaique.

» Lorsque nous examinons un animal qui

> vient d'être formé ^ nous trouvons au lieu du » squelette, du système osseux, une série de » petites cavités pleines de gelée, et occupant; ^ la place des os dont elles affectent un peu la j^ formée A mesure que Tanimal approche de ^ Tépoquç où il doit nattre, cette substance -9 analogue à la gelée se durcit , se transforme en » cartilage dàn^ certaines parties duquel des » particules terreuses commencent à se déposer* » Après la naissance , les choses suivent le même

> eourS ^ le cartilage , entouré par le périoste, » croît en fnême proportion que Tanimal , et » alors les particules terreuses continuent à se » d^>oserdans les cellules qui leur sont destinées, » jusqu^à ce que la totalité, à Texception eepen- » dantdes parties destinées à fonctionner dans le y jeu des articulations, se soit transformée en cette » matière à laquelle nous donnons le nofti d'os. » Dès que Tanimal a atteint son développement p complet, la charpente osseuse cesse aussi de i> se développer et de croître ; mais la substance y terreuse continue encore à s'accumuler, avec # rage, dans les cellules^ en sorte qu'elle est » en bien plus grande quantité chez les vieux » que chez les jeunes animaux. C'est ainsi que

394 ^^ l'emploi

> les os des agneaux et des veaux ptayeat étra » coupa au couteau ^ tandis que ceux des an»^

> maux âgés 9 en conséquence de raccumulation » des particules terreuses ^ sont au contraire » très--durs et très-cassans.^

> On peut considérer les os eomme composa » des trois substances suivantes r i^ d'une ma-

> tière alcaline et terreuse^ a^ de cartilage et » de gélatine; 3^ de grabse. Ces substances se

> rencontrent dans les os dans des proportions tel*- » lement variables qu'il n'est guère possible d'en 3^ déterminer les quantités relatives» Nous venons » de voir que la proportion de la matière terreuse

> variait suivant l'âge de l'animal; de même la » quantité de la matière grasse varie suivant » l'état d'embonpoint de l'animal. Dans les os

> considérés comme les meilleurs pour engrais^ » c'est-à-dire, dans les os des 'animaux jeunes » et gras, on trouvera à peu près les quantités » relatives suivantes., sur cent parties d'os;.

Matière alcaline et terreuse l^o

Cartilage et gélatine 4^

Graisse ••.«...•• ^ • » «. • 20

» Nous allons rechercher maintenant jusqu'à

» quel point ces substances sont efficaces pour

» la nutrition des plantes ; et en premier lieu,

BES 05 PILES. 3g5

» sans même nous livrer à des récherches sur » leur composition, nous pourrions en exclure » les parties qui semblent devoir rester totalement y insolubles pendant un certain nombre d^années. » Cependant en examinant ces dernières , nous » arrivons d^abord à la substance terreuse qat 9 nous trouvons composée de chaux unie à » deux acides. L^un de ces composés terreux, » le plus abondant des deux, est le phosphate » de chaux, substance tellement indestructible y que des os dont Tancienneté est reculée par > quelques personnes jusqu^à une époque antéj» rieure au déluge , conservent encore toute leur » texture terreuse... Uautre composé terreux qui » paraît former de la vingt-cinquième à la » dixième partie de toute la substance terreuse y contenue dans les os, est du carbonate de chaux. y Nous pouvons négliger le premier , c'est-à-dire, » le phosphate de chaux , parce qu^étant indes- » tmctible, insoluble , il ne peut servir d'engraîs, » lors même qu'il se trouverait place dans un » sol humide et dans te voisinage immédiat des » racines des plantes, c'est-à-dire, dans une » combinaison de circonstance douée d'une puis- 9 sance analytique plus grande que tous les » procédés de la chimie inorganique^ quant au » second composé terreux, le carbonate de chaux , y dont la composition chimique est la même que

3g6 DE l'emploi

» celle de la pierre à chaux commune, bien » que dans les circonstances où on le trouve » dans les os , il ne se dissolve que lentement, » il mériterait cependant plus d'attention s'il » nVxistait pas déjà dans tous les sols fertiles et

> si surtout il se trouvait en plus grande quan- » tité dans les os ^ mais comme il y est très-peu » abondant, nous pouvons aussi le négliger, » vu son peu d'influence*

» Ainsi, en recherchant les effets des os piles » sur les plantes et le sol, nous pouvons presque » nous borner à examiner Faction de leurs

> autres principes constituans et ne considérer

> ceux dont nous venons de parler que comme y des vases terreux destinés à contenir les » substances vraiment agissantes. Les parties

> molles ou solubles des os dont la totalité

> forme , ainsi que nous Favons admis , les six ^ dixièmes et en moyenne la moitié du poids j^ des os, sont composées de gelée ou gélatine, » de matière grasse et de cartilage. Ces parties 9 contiennent les mêmes principes que les vé- ^ gétaux et toutes , tôt ou tard , et probablement » dans Tordre où nous venons de les nommer,

> sont rendues solubles et sont absorbées par » les racines des plantes. En effet, le cartilage » se dissout avec une extrême difficulté, lorsque » les os ont été enterrés daqs un lieu sec^ en

» pareil cas il se conserve intact pendant des » siècles; mais lorsqu^il esf exposé à Taclioiicle » Tair , de Teau et de la végétation , nous pou-» » voDS croire qu^il se convertit en gélatine et » qu'il se dissout ou se décompose probablement % à une époque où la gélatine et la graisse sont » déjà coinplètement absorbées, parce que leur dé- 9 composition commence presqu'immédiatemént. > Nous n'obtiendrons nécessairement que des > résultats imparfaits lorsque nous voudrons » chercher à préciser avec exactitude les quantités » relatives âes difFérens élémens qui constituent 9 ks parties solubles des os, parte que lama- » tière grasse diffère beaucoup dans sa compo* » sition des autres ingrédieBS solubles et parce » qu'elle est en quantité variable dans les dif-- 9 férens os et qu'elle est plus ou moins altéréey » diminuée^ suivant les circonstances où les os » se sont trouvés après la mort de PanimaL » Cependant nous pouvons admettre comme très-^ » probable que 100 parties solubles d'os con** » tiennent :

Carbone 55

Oxygène a5

Hydrogène. 10

Azote 10

SgS • DE l'emploi

» Si maintenant nous recherchons quelle est » la composition des végétaux, déduction faite » des parties terreuses et alcalines ^ dont la quan- » tité varie de i à 2 pour % dans les plantes » vertes, nous trouverons que 100 parties sont » composées de la manière suivante :

Carhone • . /. 5o

Oxygène • 4i

Hydrogène • . • • ; 6

Peu ou point d'azote >

» D'après ces calculs et ces analyses il ré- >^ suite que probablement la moitié du poids

> total des os que nous répandons sur nos champs » est totalement absorbée par les plantes comme » élémens de nutrition , tandis que la chaux , qui » compose l'autre moitié, ne sera absorbée que » plus tard, à la longue et graduellement^ car » la chaux existe toujours, en plus ou moins » grande quantité , dans les produits végétaux.

9 Toutefois , bien que Ton puisse assurer que

> la composition des os est effectivement calculée

> ainsi pour la nourriture des plantes , on peut » cependant admettre aussi que le degré positif de y leur action comme engrais n'est point encore

> déterminé avec précision. La quantité d'os piles que l'on emploie ordinairement par acren^excède

Dfe$ OS PILEâ» 39g

> généralement pas dix à quinze quintaux (vingt- » cinq à trente-sept quintaux par hectare) dont il » n^y a guère que la moitié qui opère comme en-^ y grais direct : or, ce poids n^égale qu^une fraction » assez petite de celui que nous obtenons du sol » en produits végétaux. Dès lors il faut nécessaire- » ment, ou que nous laissions la question irré-

> solue, ou que nous recourions, pour sa solution,

> à une explication hypothétique que con£rme«->

> ront ou renverseront les ohsej*vations futures* » Nous préférons choisir le second point de » Talternative^ car nous croyons par-là ouvrir

> mieux. la voie à la découverte de la vérité.

> Nous supposons donc que les os forment une 9 nourriture particulièrement propre aux végé-

> taux (ce fait est depuis long-temps connu au

> jardin de Kew, où les os sont habituellement » placés au fond des pots à fleurs, comme très- » propres à activer la végétation ) , et qu^ils

> fournissent des sucs nutritifs à la plante im« » médiatement après qu'elle a commencé à tirer » sa nourriture du sol, pour ne cesser ensuite

> de Talimenter de la manière la plus conve-

> nable pendant tout le cours de sa végétation. » En conséquence de cela, le sol produit de » jeunes plantes pleines de vigueur et par-là » même en état de tirer du sol qui les entoure p des principes nutritifs que n'eussent pu en

^00 m; l'emploi

» tirer des plantes dont la première v^gAatîon n serait chétive et languissante ; tandis qu'ensuite » ces mêtoes os fournissant encore contînuelle- > ment aux végétaux une nourriture parfaitement » adaptée à leurs organes, les mettent de plus X en plus à même d'extraire du sol les autres M principes fertilisans auxquels surtout nous » croyons devoir attribuer le poids de i^os ré- % coites (i). En ceci, du reste, nous hasardons

(i) Plusieurs faits me donnent lieu de croire que l'opinion qu'émet ici Pauteur , n'est pas dénuée de fondement : je citerai «n particulier Pobservalîon très-remarquaUe qui m'a été cammuniqnëe par une personne qui avait employé presque excluâvemen^t comme engrais , pendant plusieurs annéea, successives, le noir animal , composé, comme on le sait , d'albumine desséchée et de charbon animal. Cette matière ne s'emploie qu'en trèspetite quantité , et elle procure ordinairement à la végétation une étonnante activité. Cette persontie m'a assuré ^'elle avait fini, au imk^jen de ce traîtemeDl , pat épuiser si cofnplètement aoa sol qu'il devint impvoductir Les faitsi de ce geAre tenderaient à fair? CKiîre que certains engrais tirés du rhgaç organique , et qui fournissent en conséquence une nourriture réelle aux plantes, peuvent posséder en outre la faculté de s.timuler leur végétation de manière à les forcer de tirer du sol lui-même des principas nutritîfè qu'elles n'auraient pu s'approprier sans qeile action. Ces substances pourraient dbnc mériter le nom à'^mgrais épuisans ; et il e»t probable que l'on

# une simple conjecture sans prétendre donner

> une solution positive , et s^il est vrai que Ton » ait pu obtenir des récoltes sur des sables^ » des craies ^ ou sur tout autre terrain dépourvu » de matières organiques, seulement par les » moyens de Tappilcation de vingt«cinq à trente 9 busbels d^os piles par acre (de vingt-deux et demi 9 à vingt-sept hectolitres par hectare), ou, si encore » il est vrai que dans ce cas ces récoltes niaient » nullement diminué la quantité de matière or<-

> ganique contenue d'ailleurs dans le sol , notre

> explication doit être rejetée comme fausse^

> et en outre il restera probable que les obser- 9 valions que nous avons faites au commence-

> ment de cet article (sur Inaction des os^ etç.)^

> relativement à la consommation des engrais

devrait ranger dans cette classe tous ceux qui produisent des effets très-énergiques sous un petit volume , par exenriple ]a coîombine^ etc. Il me^emble voir dans ces idées le germe de connaissances entièrement neuves en agronomie, et d'application de la plus haute importance , par le nouveau point de vue sous lequel elles feront peut-être considérer les engrais. En général , toutes les idées émises ici par l'hauteur anglais , quoiqu 'énoncées sous formes dubitatives , et peut-être parce qu'elles sont énoncées ainsi, me semblent présenter le caractère d'un jugement très-droit et d'un esprit d'observation trèsremarquable. (Note de M- d* Dombî^le.)

6* LiVR. * iS

402 DE l'emploi

« en général, par les récoltes^ sont dénuées de » fondement. Si ce que nous venons d avancer ^ peut contribuer à faire découvrir la vérité, 3> nous serons heureux d^avoir suscité cette re- » cherché par nos erreurs.

» Dans Texamen auquel nous venons de nous » livrer, nous avons fait apercevoir le secours » que la chimie pouvait nous offrir pour nous » mettre à même de découvrir l'action des en- 9 grais et les phénomènes du règne végétal 5 mais » il n'est malheureusement que trop vrai que » jamais cette science brillante ne montre plus » de faiblesse et d'impuissance que lots qu'elle ^ entreprend de nous révéler la composition des > corps organisés et les rapports de leurs prîup cipes constituans. Cependant, même aujour- 9 d'hui , on peut souvent l'appeler comme auxi- 9 liaire pQur nous guider dans nos expériences , » bien que rarement elle nous mette à même 9 d'en prévoir avec certitude les résultats. Mais 9 un temps viendra où , par suite d'une connais- » sance plus approfondie de la chimie organî-^ 9 que , Tagriculture pourra arriver à des résul- 9 tats peut-être tellement extraordinaires qu'il 9 serait imprudent de vouloir en donner aujour- 9 d'hui un aperçu.

9 Quant à l'action mécanique des os piles » sw le sol, les quantités de cet engrais que

^ DES OS PILES. 4o3

» Ton emploie communément sont si petites que > Ton ne peut guère en tenir, compte. Aussi » sont-ils mieux calcula pour ces sols qui se » trouvent dans le meilleur état de division et 9 ^ d'ameubiissement ; et c^est ce que semble prou- V ver le grand effet des os piles sur les sols à 9 turneps et sur ces racines. Mais il reste en- » . core beaucoup à découvrir sur ce qui a rapport y à leur action sur les autres récoltes et les » autres espèces de sols. »

Ici finissent les observations de Tagriculteur écossais. Sans nous arrêter aux principes de statique agricole, qui forment la première partie de ce mémoire, nous pouvons résumer le travail de l'auteur, en disant qu^il considère les os comme n'agissant presque sur la végétation que comme stimulant, et en mettant les plantes à même d'employer des organes plus vigoureux pour puiser dans le sol une nourriture supplé-^ mentaire à celle qui leur est fournie par les os, insuffisans du reste pour produire seuls tous les élémens de nutrition^ mais déjà, comme le prévoit Tauteur lui-même , les faits viennent contredire sa théorie , à moins <que Ton ne veuille faire intervenir d'une manière plus puissante qu'on ne l'a encore fait , l'action nutritive des élémens atmosphériques. On pourrait, sous ce dernier point de vue , poursuivre et* chercher à justifier

4o4 I)K L'eMPLOÎ

la doctrine de Pagriculteur écossais; mais nous avouons que nous n^osons entreprendre le développemeot de cette nouvelle hypothèse. Quant à l'action mécanique^ Faction de ces stimulans indirects que nous nommons amendemens , notre auteur la considère comme nulle de la part des os. Nous verrons , en nous occupant des sols sur lesquels les os font le plus d'effet, si cette dernière opinion est contredite ou confirmée par la nature même de ces terrains.

a^ De la nature des sols sur lesquels il conscient ou il ne convient pas d/ appliquer les os piles.

L'homme applique au sol qu'il cultive différentes substances pour activer la végétation. Ces substances ont été divisées en deux grandes classes, 1® les engrais formés de débris végétaux ou animaux ; 2^ les amendemens formés de matières terreuses de diverses espèces. Les engrais servent de nourriture aux plantes et agissent immédiatement sur la végétation. Les amendemens n'agissent que médiatement en rendant les engrais plus propres à la nourriture des végétaux , c'est-à-dire, comme stimulans, ou en donnant au 60I un degré plus convenable de porosité ou de consistance. Les engrais , de quelque espèce (^a'ilfi soient , sont' efficaces sur tous les sols ^

jmS os PILES. 4<^^

seulement avec plus ou moins de promt>tîtude ou pjus ou moins dMntensité^ les amendemens ne peuvent pas tous être employés îndifTérem— ment sur toute espèce de terrain. Tels sont^ }e crois, les caractères généraux que jusqu^à ce jour Ton a donnés aux engrais et aux amendemens. Si nous les admettons, nous pouvons demander dans laquelle de ces deux grandes classes Ton doit ranger les os pilés. SUIs agissaient comme amendement, ce ne serait, diaprés les idées reçues , que par le carbonate et le phosphate de chaux quUls contiennent ] mais ces substances sont en trop petite quantité dans la dose d'os pilés , généralement employée, pour qu'elles puissent produire un effet aussi notable que celui que Ton signale en pareil cas, et d'autant plus que la proportion de chaux employée , même en minimum pour le chaulage des terres, est toujours vingt fois plus forte que celle qui est contenue dans les os piles.. Nous sommes donc autorisés à conclure que ces derniers n'agissent pas comme amfendemens. Cela étant , les os pilés doivent agir comme engrais, toujours en raisonnant d'après les idées généralement admises. Mais-, d une part, M. Kocte et ceux qui partagent ses opinions à ce sujet, observent que la gélatine, la seule partie qui puisse faire considérer les os pilés comme propres à fournir de l'engrais, tsi

4o6 DE l'emploi

en trop petite quantité, et du reste se sépare trop diflîcilement du carbonate et du phosphate de chaux , avec lesquels elle est en contact , pour que Ton puisse attendre de la poudre d'os un moyen d'engrais aussi puissant qu'on l'a prétendu jusqu'à présent. D'un autre côté, s'il est vrai , comme on le croit généralement , que tous les engrais , c'est-à-dire , les débris végétaux ou animaux , produisent un effet sensible sur toutes les espèces de sols, du reste en bon état de culture, comment se fait-il que dans certaines terres Içs os piles ne produisent aucun effet comme engrais?... Ces difficultés seraient sans doute intéressantes à résoudre sous 4e point de vue de la science; mais malheureusement on n'a pu jusqu'à présent en donner la solution. En attendant que cela ait lieu, voyons ce que l'observation purement empirique nous apprend sur la nature des sols sur lesquels les os agissent ou n'agissent pas comme principes fertilisans.

M. Masclety dans sa lettre à M, de Dom^ hasle sur l'emploi des os broyés et pulvérisés comme amendement des terres (Annales d'agri-^ culture française, 2® série, tome 33, novembre 1825), nous apprend qu'en Ecosse on s'est assuré par de nombreux essais que les os conviennent généralement à tous les terrains où réussissent les turneps (terres légères) 5 mais surtout à ceux

qui sont de nature sèche, friable, douce et légère 5 qu'ils ne réussissent pa^s sur une terre argileuse, .compacte, humide, calcaire y et déjà pâturée de substances organiques et alcalines. Il est depuis long-temps reconnu en ce pays qu'un fonds , quelle que soit sa nature, s'il a été depuis long-temps soumis à une culture soignée et successivement çnrichi d'engrais animaux, végétaux ou d'amendemens minéraux , n'éprouvera aucun effet apparent des os broyés ou en poudre. Peu avant et peu après . la publication de la lettre de M. Masclet y on publiait dans la Grande- Bretagne et sur le continent , des opinions opposées à celles que nous venons de voir. Sir John Sinclair {Code of agriculture) avançait, contradictoiremeut à ce que dit M. Masclet^ que les os produisent d'excellens effets comme engrais , surtout dans les terres calcaires ; et , en 1826, Fr. Ehner^ dans le Wurtemberg, assurait {Das Knocken^Mehl , etc. ) que la poudre d'os convient surtout aux terres consistantes, argileuses, froides, etc. j mais que cet engrais est, trop brûlant, trop actif et par cela même nuisible, sur les terres légères. Dans la même année, à. Grunsbourg sur le Danube, M. Rebay ( Ûber die Eigenschaften und Amvendung des Knocken-Mehls ^ etc.) annonçait aussi que l'observation avait prouvé que c'est

4o8 ' Dï l'emploi

surtout dans les terrains argileux , limoneux et pierreux que la farine d'os déploie toute son efficacité^ «et, ajoute-t-il, quoiqu'elle soit d'un » très- bon usage pour amender certaines terres » sablonneuses , en général , elle n'est pas d'un

> grand effet dans la terre légère. »

Nous voyons ici une divergence presque complète entre les opinions de M. Masclet et celles de MM. /. Sinclair , Ebner et Rebaj. Les opinions avancées depuis sur le point qui nous occupe actuellement ne sont guères plus d'accord entre elles.

M. Masclet^ dans une nouvelle publication sur les os piles, nous a précisé davantage l'espèce de sol qui , selon les informations quMl a recueillies en Ecosse , convient le mieux pour l'emploi de cet engrais. « Pour que les os pro-

> duisent de l'effet, il faut, dit-il, les appliquer » sur une terre dont le sol et le sous-sol soient » de nature sablonneuse et >qui dans ces deux

> couches ne contienne point de principes caly caires. )► Il paraît cependant que celte opinion est loin d'être générale dans la Grande-Bretagne^ cardans le n^^XI (mai 1829) du British Farmer^s Magazine^ etc., nous voyons une lettre d'un cultivateur du comté d'York, qui nous' apprend « qu'il semble généralement admis que la poudre » d'os n est pas d'un emploi avantageux sur les

B^ OS VîlM. ^Ù^

^ sols humides et imperméables ; parce quHme

» humidité permanente s'oppose à la décompo-

» sition ] mais que , sur toutes les espèces de

» sols secs le succès est immanquable. Notre

» j^atys (l'East Riding of Yorkshire) , a)oute-Ml ^

» présente de nombreuses collines, formées d^ua

^ sol particulièrement léger et pauvre et re-

» posant sur un sous-sol de craie onde pierre

y à chaux y et cependant, grâce à Temploi de

» la poudre d^os, nos récoltes de turneps sont

» aussi belles que partout ailleurs , et nos ré-

> coites d'orge sont excellentes et ont un grain » plus sucré que celles du Norfolk. »

En outre, nous lisons dans le Rapport du comité de la Socité d'agriculture de Don-^ castre sur les avantages des os piles ^ etc. (Londres 1829), que « Texpérience a démontré

> que sur les sables secs, les terrains cal^

> caires^ crayeux ^ les loams légers, la tourbe » et les os piles , forment un engrais extrê- » mement efûcace. Sur les loams consistans et 3 les argiles , les essais n'ont pas été heureux. 9 On en a conclu que les os piles conviennent » moins aux sols humides qu'aux terrains secs. y Sur les terres tourbeuses sèches ou bien sai- 9 gnées^ les os piles se sont montrés supérieurs

> au fumier d'étable et même à un compost de

> chaux et de colombîne. UefTicacité des os sur

4iO X>E L^EMPIOl

> les sob graveleux a paru douteuse ; cependant

> ^Ue était plus évidente sur les graviers secs

> que sur les graviers placés dans une situalioa y fraîche ou humide. »

Enfin, sans poursuivre davantage le rapprochement des opipions diverses , nous terminerons cet article en disant que diaprés les dernières publications faites dans la Grande-Bretagne sur le sujet qui nous occupe , il parait que Ton s^ac-* corde généralement à dire que les os piles sont dW emploi très -avantageux sur tous les sols secs et légers.

3* Des récoltes pour lesquelles il convient d^ employer les os piles.

Nous présentons encore dans cet article les diverses opinions avancées dans les années antérieures à 1828 et 18^9, pour leur opposer ensuite celles qui ont été publiées dans la Grande* Bretagne dans ces deux dernières années.

M. Masclet^ dans sa première lettre sur les os piles (18a 5), nous apprenait qu^alors, dans la Grande-Bretagne, les os piles étaient prèsqu'exclusivement appliqués à la récolte des turneps , récolte qui forme la basç des assolemens et de là culture anglaise; mais il ajoute que quelques cultivateurs avaient obtenu de trèsbeaux résultats en les employant pour des récoltes

de froment Arthur Young {Essay on Manuresy avait trouvé leur effet merveilleux dans la culture des pommes . de terre ^ mais un cultivateur écossais^ M, Dudgeon^ dont M. Mas^ clet cite les expériences^ ne partage pas sur ce point Topinion à! Arthur Young. « J'ai es- » sayé, dit-il, et vu< employer par d'autres^ » les os broyés dans la culture des pommes > de terre. Les tiges et les fanes ont poussé avec * une grande vigueur, la récolte a été tres- » abondante, mais les tubercules se sont trouves :!> aqueux et de mauvais goût » Quant à nous ^ nous avouons que nous sommes loin de voir là un résultat contraire à ce qu^avance Arthur Young ^ et ce que raconte M. Dudgeon nous paraît encore confirmer Tassertion du célèbre agronome aùglais, d^autant plus que Finconvénient même de la propriété aqueuse des tubercules serait le même avec tout autre fumure que cello des os piles, et que cet effet prouve au contraire Tactivité de Tengrais.

M. Fr. Ebner assurait, en 1826, que Texpérience avait démontré , dans le Wurtemberg et la Bavière, que les os piles développaient une végétation extraordinaire sur toutes les plantes pour lesquelles on les employait, et bâtaient la maturation de deux à trois semaines 5 qu ils donnaient aux céréales des tiges plus fortes et des grains

4l3 DK l'emploi

plus gros et mieux nourris qu^arec ta fumure ordinaire^ qu^ils agissaient spécialement sur le froment , Torge , le maïs , les choux , le colza et la navette , le lin , les betteraves et presque toutes les récoltes sarclées et jardinières. « Pour » Torge, dit-il , on s'est assuré à Markgroeningen 9 qu'un acre de Wurtemberg fumé avec de la » poudre d'os produisait deux scheffels de plus » qu'avec du fumier ordinaire (près de six hectol. » de plus par hectare.) Le maïs fumé avec des os pi* » lésdonne des épis d'une longueur extraordinaire; » et quant aux betteraves, un cultivateur, M. I^Y.

> «SbAi^// , de Markgroeningen récolta, en 1828, » onze voitures de ces racines dans un champ dey, 9 d'acre, fumé avec quatre-vingt-deux livres de

> poudre d'os, tandis que son voisin sur la même » étendue parquée , n'en récolta que quatre voilu- » res. Les os piles forment une excellente fumure » pour la vigne, les arbres fruitiers, les plantes » d'orangerie, ete. 5 ils sont très-efficaces sur les » prairies naturelles et le trèfle. Des prairies » naturellement humides , après avoir été des- 9 séchées convenablement et fumées avec de la » poudre d'os, donnent, dès la seconde année, » des trèfles et autres bonnes herbes au lieu du » mauvais fourrage qu'elles produisaient anté- » rieurement. »

Les os broyés employés comme engrais soat

BÏS OS PILES. 4l3

encore, dit-on, très-profitables au tabac dont ils augmentent le rapport de 7,07 et dont ils améliorent tellement la qualité qu'on le paie , dans le commerce, le double de celui pour la culture duquel on a employé les engrais ordinaires. (Journal d'agriculture des Pays-Bas, janvier i827,) En 1828, M. PFatson de Keillor écrivait ce qui suit, sur le sujet qui nous occupe, dans le Quarterlf Journal of agriculture (n* 1 , mai 1828)... € Mon attention fut dirigée pour la » première fois sur les os comme engrais, en » 1821, lorsque je me trouvais à Holkham, au » meeting annuel pour la tonte des bétes à

> laine. JTy rencontrai plusieurs cultivateurs in-

> telligens du comté de Lincoln, lesquels em^

> ployaient avec le plus grand succès les os » piles sur leurs terres , depuis une quarantaine » d'années. Malgré leur réserve à me communia- » quer ce qu^ils savaient sur l'emploi de cet engrais^

> ils m'en apprirent cependant assez pour qu'à

> mon retour par Hull, je me déterminasse à » acheter la quantité nécessaire d'os pilés pour » fumer fortement deux acres de terrain. J'em- » ployai cet engrais à la semaille de turneps » qui suivit sur deux acres d'une terre noire ^ » mais peu fertile, et je fumai deux autres acres » voisins et de même nature de terre, à raison de » vingt-cinq chariots de fumier d'étable, bien con-

jjl4 Dïl l'emploi

» somrhé, par acre (environ cinquante voitures » par hectare.) La tenipérature , à Tépoque de la » semaîlle, était un peu humide et peu favorable y à la première végétation des turneps. Dans » la partie fumée avec dfes' os, les turneps se » montrèrent hors de terre au bout de trois » jours 9 avec des feuilles séminales larges et y d'un yert foncé ^ au dixième jour ils avaient » tous leur troisième feuille ou feuille velue. » J'examinai alors Tétat dans lequel se trouvaient » les os piles enterrés avec la semence et je les » trouvai couvertes d'une masse de vers; mais » deux jours après ces vers étaient tous morts, » et le temp& se trouvant alors au sec, mes turneps » développèrent la végétation la plus active que » j'aie encore observée, au point qu'au quinzième » jour après la semaille ils étaient assez forts pour

> être éclaircis. Comme je craignais qu'en éclair-

> cissant à la houe à main on ne déranges^

> les^ os piles semés dans les lignes de turneps, » immédiatement au-dessous des plantes, je fis ^ éclaircir à la main par des femmes ^ mais » l'expérience m'a appris depuis que la houe

> à main dont on se sert ordinairement pour

> cette opération , pouvait être employée sans » inconvénient , si on le faisait avec précaution.

> Les turneps semés sur la partie fumée avec » du fuinier d'étable ne levèrent qu'au bout de

BKS OS PIIÉS. 4l5

y cinq joure et ne furent en état â'élte éclaircîs » que vingt jours après la scmaiile. A celte

> époque, les tumepssùr os piles étaient en pleine

> feuillaison 9 et dès lors ils continuèrent à

> conserver leur première supériorité jusqu^ait

> mois de septembre^ qui fut un peu sec. Je

> présumai alors que Tengrais des os devait i être absorbé et qu'il y aurait une pause » dans la végétation ^ mais il n^en fut pas ainsi ^ y car tandis que les turneps sur fumier cotn«- * mencèrent à se flétrir et à s'arrêter, ceux qui » avaient été fuma avec des os continuèrent à » croître avec vigueur. Vers le milieu d'octobre, » lorsque j'examinai les deux récoltes à l'époque » de la maturité, je fis peser exactement les » produits , et il en résulta que les turneps sur » os piles me rendirent six tons de plus par acre » d'Ecosse (environ douze mille kiL de plus par » hectare)^ leur produit ayant été de vingt-huit tons » de turneps jaunes par acre (environ cinquantey six mille kiL par hectare) , et celui des turneps » sur fumier , de vingt-deux tons seulement par y acre (environ quarante-quatre mille kil. par » hectare.)

» Depuis^ cet essai et par suite des informa-^

> tions détaillées sur l'emploi des os , que je re^ » çus d'un de mes amis, cultivateur dans le » Lincolnshire , j'îtendis considérablement sur

4i6 DE l'emploi

y ma ferme Tusage des os piles ^ avec lesquels » je fume annuelljement soixante - dix à .cent » acres de turneps (trente — cinq à cinquante t hectares) ^ dont la récolte me procure une masse » énorme d^engrais pour mes autres champs. y Mes voisins ont bientôt reconnu les avantages y de cette nouvelle espèce de fumure, et pour » satisfaire à leur demande, fai pris le parti, 1^ en 1823 , de construire une usine pour le ^ broiement des os , et dès la première année » je leur ai vendu pour i5oo louis d'os piles.... ,

> En 1828, on a employé dans mon district

> (comté d'Angus et Perth ) , pour ^Soooo fr, » d'os piles tirés en majeure partie des fabriques » de Hull...*

- » Plusieurs cultivateurs entreprenans, de mes » environs, ont fait des essais pour connaître Tef-

> ficacité des os piles appliqués aux céréales; •» les résultats qu'ils ont obtenus ont été plus *> ou moins satisfaisans , suivant que la saison 11 a été plus ou moins favorable. Tous s'accor-

> dent à dire que cet engrais n'est pas aussi ef- » ficace pour les autres récoltes que pour les

> turneps, et je pense aussi que l'on ne peut pas

> l'employer avec autant d'avantages ailleurs que

> sur les turneps* L'époque de l'année à laquelle ^ on les dépose dans le sol et la nature même de

> la plante (le turneps) sont des motifs puissans

> en faveur de cette opinion. >

Nous terminerons cet article en résumant les opinions recueillies par la Société d^agriculture de Doncastre en 1829. Nous voyons, dans le; rapport du comité de cette Société , que Ton peut employer les os piles avec succès sur les prairîcis et pâturages, où leur effet est très-remarqttable, en ce qu'ils augmentent la qualité et la quantité du fourrage pendant nombre d^années; que sur les terres arables on peut les employer sur les turneps ou sur chacune des autres récoltes de Tassolement^ mais qja!un grand nombre de cultivateurs habiles préfèrent les employer sur la récolte sarclée , et réservent leur fumier d'étable pour fumer le trèfle ou le froment, pratique au moyen de laquelle des terres médiocres ont été bientôt portées à ua haut degré de fertilité ; qu'enfin, c'est presque tou« jours pour les turneps qu'on emploie les os piles.

4® De la quantité d^os à employer sur une étendue de terrain donnée*

Dans sa première lettre à M. de Domhasle sur les os piles. M* Masclet annonçait que la quantité moyenne de poudre d'os employée en Ecosse était d'un ton par acre (environ deux mille kil. par hect.) Fried. Ebner publiait, en 1826, que dans le Wurtemberg on répandait, suivant la nature du sol et des récoltes , de trois ^ quatre, à cinq quintaux de poudre d'os pure par acre de Wurtemberg (de neuf, & LIVR. 27

4i8 M l'emploi

dous^e ^ à quinze quintaux par hectare) , et qu^en Angleterre la dose appliquée communément était de soixante-dix bushels de poudre d^os pure par acre (soixante-trois hectoL par hectare) ; mais que lorsque Ton mélangeait des os piles avec des cendres^ les premiers n'entraient dans le mé^ lange qu'à raison Ae trente bushels par acre (environ vingt-sept hectoL par hectares). Nous nous occuperons^ dans l'article suivant, des divers mélanges dans lesquels on fait entrer la poudre d'os ^ dans celui-ci nous nous bornerons à présenter simplement les quantités d'os piles conseillées par la pratique des diverses localités Selon

Rehay^ dans le Grand-Duché de Bade et dans le Wurtemberg, on en emploie ordinairement cinq cents livres par arpent (environ quinze <]uintaux par hectare.) M. Masclet nous apprend encore que dans le comté de Lincoln on emploie les os comme engrais dans la proportion de trente à quarante bushels par acre (de vingt-sept à trente-quatre bectol. par hectare.) Nous avons vu , dans les remarques d'un cultivateur écossais sur les engrais et sur l'action des os , etc. , dont nous avons donné la traduction dans le premier article de cette notice que la quantité ordinairement employée était, en Ecosse, de dix à quinze quintaux par acre d'Ecosse (de vingt à trente quintaux par hectare) 5 le même écrivain parle ensuite de vingt-cinq à trente bushels par acre (de dix-huit à

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