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2^ Les phosphates associés au nitrate de soude ont donné des rendements supérieurs aux phosphates seuls ;
3* Si on compare le n* 6 au n^ H , on ne constate pas, comme en 1892, une action heureuse due aux engrais potassiques.
Pour les engrais azotés, les résultats de 1893 confirment ceux de 1892, c'est-à-dire la supériorité du nitrate de soude sur le sulfate d'ammoniaque. Ce n'est que dans un cas, parcelle 12, où l'acide phosphorique a été apporté sous la forme de scories, que le rendement a été sensiblement égal à celui du n^ 11 où l'azote a été apporté par du sulfate d'ammoniaque; mais si on considère les prix de ces deux fumures, la supériorité est encore acquise à l'azote nitrique.
Le même fait se confirme dans les autres parcelles. Ainsi :
No 12, la fumure coot. 42 k. azote ammon. et val. 162 fr.80 a donné produit de 712 fr. N»13, — — 32 k. azote nitrique — 143fr.60 — — — 796 fr.
Dans les n"" 14 et 15, une fumure minérale complète, azote, acide phosphorique et potasse, a été appliquée en automne; au printemps, le n® 14 a reçu un supplément de fumure azotée sous la forme de nitrate de soude. Or, si cette addition a élevé le prix de la fumure de 48 francs, le produit s'est élevé de 844 fr. — 744 fr. = 100 fr. et le bénéfice a été de 238 fr. — 186 fr. SO = 41 fr. 50.
Ainsi donc, dans les expériences poursuivies pendant ces deux annéeS) la supériorité du nitrate de soude sur le sulfate d'ammoniaque est incontestable. Avec une dépense moindre en nitrate de soude on a obtenu un meilleur résultat qu'avec le sulfate d'ammoniaque.
En ce qui concerne la date d'emploi du nitrate de soude nous avions voulu montrer l'inconvénient de l'épandage d'automne en établissant les parcelles 6 et 7.
Dans le n^ 6, épandage en mars, on a obtenu pnfduit de 696 fr.
— n^ 7, épandage avant semaille, on a obtenn produit de . 680 fr.
Bien que la différence soit en faveur de l'application prinlanière, elle est très inférieure à ce qu'elle eût été en année normale où la hauteur d'eau tombée tant en hiver qu'au printemps est de beaucoup supérieure à celle de 1893. Cette constatation appuie ce que nous disions plus haut relativement à l'action de la sécheresse sur l'évolution du système radiculaire des plantes. Le nitrate répandu avant l'hiver a été un peu déplacé par les pluies, mais il n'a pas
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été hors la portée dos racines si celles-ci se sont enfoncées plus profondément ; d'autre part, celui du printemps n'a pas reçu suffisamment d'eau de pluie pour se diffuser également dans toute l'épaisseur du sol et à un certain moment les racines actives du blé se sont trouvées en dessous de la zone nitratée.
Ainsi le blé n'aurait pas profité intégralement du nitrate de printemps, et c'est ce qui expliquerait le faible écart constaté entre ces deux épandages.
Phosphates associés à l'azote et à tapotasse, — Si on compare le u"" 40 au n^ 12, le n"" 11 au n"" 13, on constate que la fumure phosphatée aux scories, bien que d'un prix supérieur à celui de la fumure au phosphate précipité, a donné un produit brut moins élevé. Ainsi :
Prodait Bénébrut. fice.
fr. c. fr. c. fr. c.
No 10. Fumures aux scories valant 232 » a donné 651 60 25 »
— 42. -^ au phosphate précipité. — 162 80 — 712 » 149 i»
— 11. — aux scories — 161 » — 712 » 151 »
— 13. — au phosphate précipité. — 143 60 — 796 80 253 30
D'autre part, si on compare 10 à 15, 11 à 16, on voit :
No 13. Fumure au superphosphate, valant. • • 157 50 a donné 744 » 186 50
D'après cela, les scorieis ont été inférieures au superphosphate et le phosphate précipité parait être aussi moins efficace que le précédent.
Fumure minérale complète à haute dose. — Dans le but de montrer que le produit des récoltes n'est pas proportionnel au stock de matières fertilisantes enfouies directement sous la forme de fumures, la parcelle 9 a reçu un engrais complet renfermant :
360 kilos d'acide phosphorique insoluble dans Teau. 160 — d*azote ammoniacal.
292 — de potasse.
quantités bien supérieures à celles qu'une récolte de 40 hectolitres enlève au sol. Or, cette fumure valant 464 francs n'a pas donné plus de résultat que celle au superphosphate seul valant 45 francs, et vis-à-vis de la parcelle témoin l'excédent de produit n'a pu rembourser les frais énormes de fumure: il y a eu perte de 359 francs.
Peut-on attribuer ce faible rendement à la grande quantité de sulfate de potasse apportée? ou bien à Tinsuffisance de Tazote dont Ja source ammoniacale s'est montrée dans toutes le» expériences que nous avons faites jusqu'ici à Saint-Sauveur comme mauvaise pourvoyeuse de la plante? Il y a là une cause que nous ne voyons pas apparaître nettement.
Quoi qu'il en soit, ceci montre bien que la fertilité du sol ne s'improvise pasy qu'elle n'est pas seulement dépendante des fumures directes et qu'au contraire elle est la résultante de plusieurs actions combinées. Les façons mécaniques qui divisent le sol ou le bouleversent, répartissent les matières fertilisantes dans toute son épaisseur^ en sorte que chaque particule terreuse a sensiblement la même composition que sa voisine et peut livrera la plante une même somme de matières nutritives.
Il ne suffit donc pas d'enfouir une grande masse d'engrais, un grand capital dans un sol pour le rendre productif, il faut aussi du travail et du temps pour le mettre en œuvre et le faire fructifier. Aussi, dans la voie de la fertilisation, il faut aller modérément en sols pauvres; là surtout, l'art agricole consiste à donner à chaque facteur de cette fertilité la part qui lui revient, à maintenir entre eux un rapport convenable de façon à ce que chacun d'eux agisse au maximum. C'est par la méconnaissance de ce principe primordial que le cultivateur, en accordant à l'un de ces facteurs une prépondérance qui n^est pas justifiée par la puissance des autres, aboutit à des résultats désastreux.
Ainsi^dans notre exemple, il est probable que si cette masse de substances fertilisantes eût été répartie uniformément dans le sol par des défoncements, des labours répétés, comme cela a lieu dans les jardins, le résultat eût été différent.
En résumé, sur le blé d'automne, pendant ces deux années 1892-1893, les engrais minéraux azotés et phosphatés principalement ont été très avantageusement employés. Comme complément du fumier, le nitrate de soude a été le plus efficace, puis viennent les phosphates associés au nitrate et, parmi eux, les phosphates ayant subi des transformations chimiques paraissent préférables. Enfin les engrais potassiques, dont le prix est assez élevé, sont ceux dont on a tiré le moindre profil.
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Effets des engrais minéraux complémentaires appliqués aux plantes fourragères.
Dans la Puîsaye, où les bonnes prairies naturelles sont rares, les plantes fourragères sarclées ont une grande importance; elles constituent une ressource alimentaire d'autant plus précieuse que Tapprovisionnement en fourrage sec est souvent insuffisant pour former à lui seul la ration d'entretien du nombreux bétail entretenu pendant Thiver dans les étables. Aussi ces cultures sont bien faites généralement; toutefois nos expériences vont montrer clairement que remploi des engrais complémentaires sur les plantes fourragères peut être aussi avantageux que pour les cultures de céréales.
1* Betteraves fourragères. — 1892.
Ces betteraves succédaient à une année de jachère nue, mal labourée; en 4892, après plusieurs labours et façons de nettoyage, le sol a été fumé et, avant la formation des rayons, nous avons appliqué les engrais phosphatés et potassiques.
Les betteraves ont été semées en place le 5 mai, et la levée a été assez régulière. Nos essais ont été établis en vue de comparer :
l"" L'action d'une fumure au fumier de ferme à haute dose à celle d'une fumure moyenne complétée par des engrais phosphatés;
2*" L'action du nitrate de soude appliqué sur un sol non fumé et ensuite, comme supplément, à une haute dose de fumier;
3*" L'influence des sels potassiques associés aux phosphates et au fumier.
Le nitrate de soude a été répandu à la volée, au moment où les betteraves prenaient leur sixième feuille, et par rayons isolés. On avait ainsi autant d'essais que de rangs. Les lots témoins étaient multipliés. Toute cause d'erreur venant du défaut d'homogénéité du sol était donc éliminée et la démonstration était plus saisissante.
Pendant la végétation, il y avait, entre les séries de rayons ayant reçu des engrais différents, un contraste frappant. La série au superphosphate a toujours été la plus vigoureuse, le phosphate précipité le suivait de près; puis venait la série au fumier à haute dose ; les rangs nitrates, très vigoureux à côté de leur voisins^
étaient extrêmement démonstratifs. La série aux scories est demeurée longtemps languissante, analogue à la série sans engrais et fumier seul; ce n'est qu'en août qu'elle reprit quelque vigueur, mais jamais elle n'a pu être avantageusement comparée aux autres séries phosphatées.
A l'arrachage nous avons pesé directement toutes les racines des lots et les résultats, ramenés à l'hectare, sont réunis dans le tableau III.
Bien que la sécheresse n'ait pas permis d'atteindre les hauts rendements qu'on était en droit d'espérer dans quelques parcelles, on constate néanmoins l'heureuse influence des engrais minéraux azotés, phosphatés et potassiques, puisque, sous leur action, les rendements extrêmes présentent un écart de :