ENGRAIS PHOSPHATÉS
1* Phosphates seuls ajoutés au fumier.
Dans la parcelle 13 :
Excédent Valeur
de de Bénéfice,
grain. cet excédent.
q. m. fr. c. fr. c.
103 francs de phosphate précipité ont donné : 10 62 223 » 120 05
La dépense est au bénéfice comme 1 esta 1.16. Dans \di parcelle 14 :
Excédent Valeur
de de Bénéfice,
grain. cet excédent.
q. m. fr. c. fr. c.
30 francs de scories du Creusot ont donné : 2 94 61 73 31 75
La dépense est au bénéfice comme 1 est à 1.
Au point de vue économique l'acide phosphorique seul comme complément du fumier, n'a pas été aussi avantageux que le nitrate de soude.
2* Phosphates associés à V azote et à la potasse.
a) Scories et superphosphates :
Dans la parcelle 6, au superphosphate, une fumure minérale valant 114 fr. 55 a donné un produit de 472 fr. 05» un bénéfice de 63 fr. 95, soit de 55.25 p. 100.
Dans la parcelle 8, aux scories du Creusot, une fumure minérale valant 133 fr. 55 a donné un produit de 470 fr. 40, un bénéfice de 43fr. 30, soit de 32 p. 100.
b) Scories et phosphates des Ardennes :
Dans la parcelle 10, une fumure au phosphate naturel valant \ 38 fr. 65 a donné un produit de 543 fr. 25, un bénéfice de 1 H fr. 05, soit de 80 p. 100.
Dans \a. parcelle 11, une fumure aux scories du Creusot valant 136 fr. 90 a donné un produit de 516 fr. 60, et un bénéfice de 86fr. 15, soit de 62 p. 100.
Dans cet essai, le taux du bénéfice obtenu avec les fumures aux scories est moins élevé que celui résultant de l'emploi des superphosphates et des phosphates des Ardennes.
Quant au phosphate précipité, l'adjonction d'une fumure supplémentaire au nitrate de soude ne permet pas, dans la parcelle 9, de le comparer aux autres phosphates.
ËNÛRAIS POTASSIQUES
Dans la. parcelle 7, bien qu'on ait apporté sous les mômes formes une dose plus élevée d'acide phosphoriquc et d*azote que dans la parcelle 6, le rendement a été inférieur à celui de celte dernière ; or, puisque les prix de ces fumures sont sensiblement égaux et que la seule différence de composition réside dans l'absence de potasse dans le n** 7, on ne peut attribuer cette différence de rendement qu'à ce dernier élément.
En outre, les rendements des parcelles 11 et 12 indiquent Télat de combinaison sous lequel cet élément est le plus favorable.
Dans Xaparcelle 11, au chlorure de potassium, une fumure valant 136 fr. 90 a donné un produit de 516 francs et un bénéfice de 85fr. 15, soit de 63 p. 100.
Dans la parcelle 12, au suHate de potasse, une fumure valant
LES ENGRAIS COMPLÉMENTAIRES DANS LA PUiSAYE 271
144 francs a donné un produit de 678 fr. 30 et un bénéfice de 240 fr. 75 soit de 167 p. 100.
Malgré son prix plus élevé, le sulfate de potasse a été plus avantageux que le chlorure de potassium.
1893. — Blé à épi carre cultivé aux engrais minéraux seuls.
Après l'arrachage des betteraves de 1892, nous avons choisi, comme représentant un sol très homogène de constitution et de profondeur, les parcelles où ces betteraves avaient été cultivées sans engrais, parcelles toutes appauvries dans la même mesure.
C'est à proprement parler un essai de culture aux engrais chimiques seuls. Bien que dans les sols de la région ce système ne puisse être adopté sans de graves inconvénients pour l'avenir, il nous a fourni l'occasion de montrer combien la plante se ressent des engrais minéraux, et comment, par son aspect et son développement, elle révèle la présence ou l'insuffisance de tel ou tel élément dans le sol.
Les 16 parcelles consacrées à cette expérience étaient fort intéressantes à examiner pendant la végétation, mais la sécheresse extraordinaire de 1893 a certainement beaucoup contribué à atténuer à la récolte les différences de parcelle à parcelle.
C'est qu'en effet, en suivant les progrès de la végétation, il a été facile de constater que les différences d'aspect et de vigueur très manifestes depuis le moment où le blé avait pris sa quatrième feuille jusqu'en mai, ont perdu graduellement de leur importance jusqu'à la maturité. Il est probable qu'à la suite de la sécheresse une portion du faisceau radiculaire du blé s'est enfoncée dans les parties profondes du sous-sol pour y puiser l'humidité qui faisait défaut dans les régions supérieures. En quittant ainsi ces dernières couches où les matières fertilisantes sont accumulées, les racines de toutes les parcelles se sont trouvées dans un milieu nourricier analogue à celui de la parcelle sans engrais. On conçoit ainsi que la plante, n'ayant pas profité pendant toute son existence des engrais mis à sa disposition, n'a pu donner toute la mesure de leur efficacité. C'est pourquoi les différences que nous observons\lans le rendement sont moins grandes qu'en année normale alors gue le sol conservi» rhumidité nécessaire à la fonction assimilatrice des racines.
Malgré l'époque tardive de la semaille, faite le 19 octobre, le blé SchîrefT a été choisi parce que, possédant un pouvoir assimilateur plus grand que les variétés moins productives en sol riche, il est capable de donner des différences de rendements de parcelles à parcelles plus grandes et plus démonstratives que les variétés ordinaires qui se contentent des sols de fertilité moyenne.
Dans le tableau II nous avons réuni les résultats de la récolte ^
Examen du tableau :
Sur un sol sans fumier, tous les engrais minéraux ont élevé le rendement. Suivant les parcelles, l'écart maximum est de 27 — 12 = 15 quintaux.
Le minimum du produit en grains est de 240 fr., le maximun, 540 fr. — — — en paille — 460 — — 304
Grâce aux fumures minérales, le produit total à Fhectare est allé de 400 francs à 8i4 francs; ce sont là des écarts sensibles. Si on fait abstraction de la valeur de la paille, on voit encore entre les produits totaux en grains une différence de 540 fr. — 240 fr. = 300 francs qui n'est pas moins démonstrative.
Si du produit brut total en argent on défalque le produit brut de la parcelle sans engrais et le prix de la fumure minérale appliquée à chaque parcelle considérée isolément, on obtient un reste appelé improprement bénéfice (attendu qu'il comprend les frais généraux et les frais de culture). Mais puisque ces frais dont nous faisons abstraction sont sensiblement identiques dans toutes les parcelles, les chiffres de ce soi-disant bénéfice possèdent toute leur valeur relative, la seule que nous leur reconnaissions.
Or, en parcourant la colonne bénéfice, il est aisé de voir qu'il est très variable avec la nature de l'engrais et qu'il convient de rechercher ceux qui ont été le plus avantageux :
1* Phosphates seuls. — L'apport exclusif d'acide phosphorique a été efficace, mais les formes solubles dans l'eau et dans les acides faibles ont été inférieures aux formes insolubles telles que les scories et dans les phosphates naturels ;
1. Nous avons tenu compte du grain et de la paille pour l'évaluation du produit brut en argent; dans la culture aux engrais chimiques seuls il faut nécessairement opérer ainsi, car le fermier a la faculté de vendre ses pailles pour acheter des fumures commerciales compensatrices.
Le grain a été évalué 20 francs le quintal et la paille 80 francs les 1,000 kilos diaprés les mercuriales de septembre 1893.
LLS EINGUAIS COMl>LÊMENTÂmES DANS LA PUISAYE
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