CONCLUSION
De l'ensemble de ces résultats obtenus en deux années sèches, on peut affirmer que l'usage des engrais minéraux complémentaires est avantageux dans les sols de la Puisaye analogues au nôtre.
Mais si on a constaté que tous, azotés, phosphatés et potassiques ont donné de bons résultats, il n'en ressort pas moins qu'il faut entre eux faire un choix :
1** Les engrais azotés et phosphatés employés seuls ont été avantageux;
2*" Parmi les premiers, le nitrate de soude, ajouté au fumier seul, ou aux engrais minéraux seuls a été très rémunérateur à la dose de 150 kilos à l'hectare;
3"* Le sulfate d'ammoniaque pendant des années sèches n'a donné que des mécomptes;
4® Parmi les phosphates, le superphosphate a eu, presque partout, une supériorité sur le phosphate précipité, et seules les scories dans la série des phosphates tribasiques paraissent recommandables;
5* L'usage des engrais complets est à rejeter, parce qu'en général ils apportent une substance, la potasse, qui est à peu près inutile quand on a un sol régulièrement fumé au fumier de ferme, et de plus l'azote ammoniacal qu'ils apportent est le moins efficace de toutes les formes azotées ; enfin, ils élèvent le prix de la fumure à un taux disproportionné avec les résultats qu'on en obtient.
Par conséquent, dans l'état actuel du marché, et étant donné que les tarifs des chemins de fer majorent considérablement le prix de l'unité de substance fertilisante si l'engrais est pris à une
usine éloignée, seuls les engrais à dosage élevé et rapidement assimilables tels que les superphosphates et le nitrate de soude sont à recommander aux petits cultivateurs de la Puisaye, qui exploitent comme fermiers ou métayers. Cette catégorie d'exploitants dispose de très faibles avances, d'un capital d'exploitation insuffisant, et leur crédit est bien précaire pour ne pas dire illusoire. Quand vient Pépoque de la semaille, ils s'aperçoivent seulement de l'insuffisance du fumier dont ils disposent. A ces imprévoyants, le nitrate de soude et les superphosphates conviennent, et, à petite dose, à peu de frais, ces engrais sont très avantageux.
Pour les autres, propriétaires ou fermiers plus riches, il est probable que l'enrichissement du sol en acide phosphorique, par les scories, serait le meilleur mode à conseiller dans ces sols, qui sont pauvres en calcaire et où les marnages, malgré leur prix de revient élevé, sont encore pratiqués avec avantage.
Sur des sols siliceux, pierreux, dérivés des grès ferrugineux, nous avons en ce moment, dans de nouvelles expériences, une végétation aussi belle dans les parcelles à scories que dans celles à superphosphates et à phosphates précipités.
Mais les phosphates de l'Oise, de l'Auxois et des Ardennes n'ont aucunement agi jusqu'à ce jour: la végétation est extrêmement souffreteuse et ne présente pas de différence avec les parcelles témoins sans phosphates.
REYDE DES TRAYAUX PUBLIÉS EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER
Chimie agricole.
DélermlAatioB de» matière» minérales a«slmllables par les plaateS|
par M. Bernard Dyer \ traduit librement de Tanglais, par M. Demoussy. — L^analyse chimique du sol qui avait été considérée autrefois comme devant rendre à l'agriculture les plus signalés services, fut bientôt reconnue comme seulement susceptible de fournir des indications utiles sans pouvoir conduire à des règles absolues. Ainsi le fait qu'un sol contient moins d'acide phosphorique qu'un autre en bon état de culture, indique qu'il est probable que ce sol bénéflciera de remploi des engrais phosphatés, et, en général,
1, Journal of the Chemical Society , vol. LXV, mars 1894.
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ces prévisions sont justifiées par Fexpérience. Inversement, lorsque la proportion d'acide phosphorique ou de potasse est très forte, on ne devra pas hésiter à conclure à la non-efficacité des phosphates ou des sels de potasse sur le sol en question. Mais dans la plupart des cas l'analyse d'une terre est impuissante à nous révéler les quantités de matières utiles aux plantes que cette terre renferme. En réalité nous avons l'analyse élémentaire du sol, la quantité totale des divers éléments contenus, sans indication aucune, quant à la proportion de ces éléments qui se trouve à la disposition des végétaux.
Un nombre considérable d'expériences agricoles montre que les quantités totales d'acide phosphorique, de potasse ou d'azote ne peuvent indiquer le degré exact de fertilité d'un sol sans nous dire ce qui est immédiatement assimilable par les plantes.
L'intérêt qu'il y aurait à trouver une méthode sûre pour déterminer les proportions d'aliments réels est énorme; aussi les expérimentateurs n'ont pas fait défaut; MM. Berlhelot, Dehérain, Lawes et Gilbert, Fresenius, Maercker, Pelermann, Voelcker, Wagner, etc., ont fourni des documents d'une grande importance.
M. B. Dyer a été amené k son tour à diriger ses recherches sur ce sujet par sir H. Gilbert, qui lui a rappelé un travail de H. Liebig sur la terre de Rothamsted en 1872. Liebig avait trouvé que les acides faibles, acide acétique et acide nitrique étendus, enlevaient au sol de diverses parcelles des quantités d'acide phosphorique et de potasse très différentes suivant les engrais que les parcelles avaient reçus, engrais toujours les mêmes depuis près de trente ans.
Lei expériences de M. Dehérain en 1881 < et en 4892' sur les relations entre la fertilité de la terre de Grignon et la proportion d'acide phosphorique soluble dans l'acide acétique, ont été corroborées par celles de Vogel et d'autres expérimentateurs qui ont fait usage de réactifs faibles.
Tout le monde est en effet d'accord aujourd'hui pour reconnaître que l'usage des acides énergiques dans l'analyse des terres ne peut pas indiquer ce que le sol contient de nourriture pour les plantes ; on doit avoir recours à des agents moins énergiques ; la même opinion prévaut également pour les engrais.
En 4884, Stutzer s'est élevé contre l'usage, généralement adopté, d'une solution de citrate d'ammoniaque pour la détermination de l'acide phosphorique assimilable dans les engrais. Stutzer, d'accord avec Tollens, préconisait l'acide citrique en solution à 4 p. 400; les résultats de ces analyses concordent assez bien avec les résultats obtenus au champ d'expérience pai* l'emploi des engrais en question, tandis qu'il y a peu de rapport entre la valeur de l'engrais déterminée pratiquement et celle qu'indiquait le citrate d'ammoniaque.
M. Dyer avait d'abord essayé sur quelques terres l'action de l'eau pure, de l'eau chargée d'acide carbonique, du citrate d*ammoniaque à diverses concentrations, en faisant varier la durée du contact et la proportion de
4. Annales agronomiques^ tome VI, p. 392. 2. Ihid., tome XVII, p. 445.
GUIMIE AGRICOLE
dissolvant; il a été finalement conduit à remploi de solutions diacide citrique à I p. 100, d^abord par la considération des faits donnés par ToUens et par Stutzer, puis par ses recherches sur Tacidité du suc des raciues.
lï a déterminé pour un grand nombre de plantes, plus de cent, Facidité des racines et Tacidité de leur suc, c'est-à-dire la quantité d'acide p. 100 de racines fraîches et la quantité d'acide p. 100 d'eau dans les racines. Cette acidité est exprimée en acide citrique, ce corps ayant été rencontré dans beaucoup de racines par différents auteurs, et ayant été employé comme agent dissolvant pour les terres et les engrais par divers agronomes. On peut regretter que M. Dyer n'ait pas poussé son travail plus loin et n'ait pas recherché la nature des acides des racines; peut être y aurait-il là des indications précieuses. Quoi qu'il en soit, les résultats obtenus sont d'un extrême intérêt, et, sans donner tous les chiffres de l'auteur, nous reproduirons les moyennes obtenues pour chaque famille.
Acidité du sue des racines.
Rosacées
Plombaginées. . .
Onagrariées . . .
RenoDculacées . .
Boraginées. . . .
Caryophyllées . .
Arialacées ....
Légumineuses . .
Crucifères ....
Scrophnlariées . .
Primulacées . . .
Ombellifères . . .
Composées. . . .
Campanulacées. .
Graminées ....
Tropéolées ....
Chénopodiacéc^. .
Dipsacées ....
Liliacées
Solanées