I. — Influence: de la submersion sur lb système radiculâirë
Le premier point sur lequel mon attention a été appelée, c'est la respiration des racines. Ces organes, en effet, comme tous ceux des êtres vivants, ne peuvent exercer leur fonction vitale qu'à la condition de trouver de l'oxygène, autrement elles meurent par asphyxie. Les racines des plantes respirent à la manière des animaux supérieurs, en prenant Toxygène libre de l'air et en émettant de l'acide carbonique*. Elles trouvent, dans l'atmosphère confinée des terres ordinaires, des quantités d'oxygène assez grandes pour satisfaire à ces besoins. Mais dans les terres compactes, où se sont accumulées des eaux stagnantes, la culture devient impossible, car Toxygène qui a disparu du sol ne peut pas se renouveler.
Ce fait de la disparition de l'oxygène du sol, lorsque celui-ci est complètement imprégné d'eau, au point que tous les gaz qui remplissaient ses interstices ont été déplacés^ est tout à fait général et Ton voit apparaître des phénomènes réducteurs, dus à rintervention des organismes inférieurs, qui vivent aux dépens de la matière organique de la terre.
Comment se fait-il que les racines de la vigne peuvent résister pendant si longtemps, dans des terres submergées, où l'oxygène libre préexistant dans le sol ou amené par le renouvellement de l'eau aérée se trouve rapidement absorbé? Gomment ces racines ne meurent-elles pas par asphyxie?
J'ai institué des expériences pour résoudre cette question au laboratoire.
Le système radiculaire de vignes bien vivantes était introduit dans des flacons dans lesquels on mettait ensuite de la terre. On achevait de remplir entièrement avec de l'eau et on bouchait her-' métiquement. Les parties aériennes de la vigne traversaient le bouchon et se développaient à l'air libre.
1. Annales agronomiques^ t. II, p. 512. Sur la respiration des racines, par MM. Dehérain et Veique.