‹ Annales agronomiques (volume 2)Chapitre 117 sur 253 · ÉTUDES SUR LA VÉGÉTATION DES VIGNES TRAITÉES PAR LA SUBMERSION · texte numérisé non relu

ÉTUDES SUR LA VÉGÉTATION DES VIGNES TRAITÉES PAR LA SUBMERSION

PAR

M. A. MlJiUTZ

Profeiseur à Tlattitut agrooomiqae.

On sait que la submersion des vignes françaises, préconisée en 1868 par M. le D' Seigle, étudiée ensuite par M. Faucon, est un des procédés les plus efficaces pour préserver les vignes des atteintes du phylloxéra. Elle est employée sur une vaste échelle dans les régions du Midi et du Sud-Ouest, là où la nature des terrains et leur disposition topographique, ainsi que la proximité des rivières, permettent de maintenir sous l'eau, pendant une période de trente à soixante jours consécutifs, les terres plantées en vignes. L'eau apportée au début de l'opération n'est pas suffisante; il faut la renouveler ti mesure qu'elle traverse les terrains^ pour conserver constamment une nappe d'eau de O^ySO à 0"*,30 de hauteur à la surface du vignoble.

Dans des terres peu perméables et qui n'ont pas de pente^ 10,000 à 20,000 mètres cubes d'eau par hectare peuvent suffire pour la durée de la submersion. Quand les sols sont plus perméables, ou quand ils ont plus de pente, il faut jusqu'à 60,000 et 90^000 mètres cubes d'eau et lorsque celle-ci est amenée par des pompes, la dépense est notable. Des bourrelets en terre, entourant le vignoble, empêchent l'eau de se déverser au dehors; l'abaissement de la nappe est due à l'infiltration beaucoup plus qu'àl'évaporalion.

La submersion se pratique principalement en hiver; mais, au printemps, on a l'habitude de la renouveler, à l'époque où les gelées sont à craindre. On a constaté qu'aussi longtemps que la terre est recouverte d'eau, les vignes ne gèlent pas. Cette observation a même conduit à établir des vignobles dans des bas-fonds, où la vigne n'aurait pu prospérer à cause des gelées printanières; elle est préservée par la nappe d'eau qui recouvre le sol^

La vigne vit dans ces terres soumises à la submersion dans des conditions tout à fait exceptionnelles; elle est, en effet, de sa

1* Chanzit. Revue de viticulture, 1. 1, p. 92 et 359.

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nature une culture des terrains secs, et Ton doit attendre, de la modification de son genre d'existence, des différences notables dans les conditions de son développement.

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