‹ Annales agronomiques (volume 2)Chapitre 121 sur 253 · ÉTUDE SLH LA VÉGÉTATION DES VIGNES TRAITÉES PAR U SUBMERSION · texte numérisé non relu

ÉTUDE SLH LA VÉGÉTATION DES VIGNES TRAITÉES PAR U SUBMERSION

en proportion minime, comme Test d'ailleurs l'exigence de la vigne à Tégard de cet élément.

On donne beaucoup moins de potasse que la vigne n'en absorbe dans le cours de sa végétation annuelle. Il est vrai que le sol en contient des quantités assez importantes pour fournir aux besoins de la plante. Il n y a pas, d'ailleurs, pour la potasse comme pour Tazote, un entraînement pour ainsi dire complet par. les eaux d^arrosage et par les eaux pluviales.

Tous les résultats que nous avons donnés ci-dessus se rappoptent à Tensemble du domaine de 32 hect. 60. Ce sont donc des résultats moyens. Mais il est rare que dans un domaine aussi étendu il n'y ait pas des parties où la végétation est moindre, d'autres où, au contraire, elle est plus puissante. Il était intéressant de choisir dans ce vignoble, dont la production moyenne est déjà si élevée, la partie la plus productive, et d'étudier quels sont les besoins de la vigne dans le cas où cette production est poussée pratiquement jusqu'à sa dernière limite. Cette partie, exclusivement complantée d'aramon, cépage à grand rendement, a été étudiée à part. Elle avait d'ailleurs reçu la même fumure que l'ensemble du domaine. Voici les résultats qu'elle a donnés pour 1 hectare :

Feuilles fraîches 6.720 k.

Sarments frais 4.400

Marcs exprimés 4.500

Lies épaisses 225

Vin soutiré 300 hl.

soit sèches 1.851 k. 2

soit secs 1.454 8

soit secs 1.342

soit sèches 40

Une végétation aussi plantureuse, une production aussi élevée ne sauraient être dépassées, et nous pouvons dire que nous nous trouvons ici en présence d'un maximum d'intensité, que la pratique peut atteindre, mais qui se trouve limité à des cas exceptionnels.

Voici quelles ont été dans ces conditions les exigences de la vigne pour 1 hectare :

Azote.

Acide phosphorique,

PoUtse. Caitux. BCafoésie,

Vin 300 hect. 4 350

kil. gr. kil. gr. kil. gr. kil. gr. kU. gr.

Marcs secs . . .

Feuilles sèches..

Sarments secs. • Lies sèches. . .

Traces.

Dans cette partie du vignoble, il y a donc eu une quantité considérable d'éléments fertilisants fixés dans les diverses parties de la plante. Mais en considérant seulement le vin, nous ne voyons d'exportation notable que pour la potasse.

Les conditions si anormales dans lesquelles se trouve placée la vigne soumise à la submersion, loin de contrarier son développement, l'exagèrent au contraire, à la condition qu'on lui fournisse en abondance de Pazote rapidement assimilable, dont l'influence ^st si manifeste.

suu LA

DÉTERMINATION CHIMIQUE DE LA VALEUR A&RICOLE DES DIFFÉRENTS PHOSPHATES NATURELS

Par M. «• PATIJMEL

' de U Station a •t do Laboratoire agricole <

Directeur de la Station agronomique du l^sardean B départemental do Finistère.

On attribue à l'acide phosphorique, dans les divers engrais, une valeur commerciale éminemment variable, basée tantôt sur Tétat chimique dans lequel se trouve cet élément^ tantôt sur l'origine du produit qui le contient. Ainsi, dans les superphosphates, l'acide phosphorique soluble dans l'eau et le citrate d'ammoniaque, c'est-à-dire à l'état soit de phosphate monocalcique, soit de phosphate bicalcique ou rétrogradé, se paie couramment dans notre région, 0 fr. 70 le kilo ; tandis que, dans les phosphates naturels, où il n'existe que du phosphate tricalcique, insoluble dans ces réactifs, sa valeur n'est que de 0 fr. 20 à 0 fr. 30. De plus, l'origine de l'engrais est aussi un facteur important de sa valeur sur le marché : les scories de déphosphoration, le noir animal, se vendent à un taux bien plus élevé que les phosphates extraits du sol. Parmi ces derniers, enfin, on fait encore un classement, et on accorde une plus-value marquée aux. phosphates provenant de certains centres d'exploitation.

i. La fraude dam le commerce des engrais en Bretagne par M. G. Paturel. Annale» agnmomiqueSf numéro de décembre 1893.

Nous avons insisté déjà S dans un précédent mémoire, sur la faveur dont jouissaient dans la culture bretonne les phosphates de Télage des grès verts dits (c Phosphates du Boulonnais », que Ton extrait dans les départements de la Marne, de la Meuse, des Ardennes et du Pas-de-Calais. Alors que dans notre contrée, où la consommation des phosphates est considérable, on paie 0 £r. 32 à 0 fr. 35 le kilo d'acide phosphorique du Boulonnais, on n'accorde pas une valeur supérieure à 0 fr. 20 ou 0 fr. 22 le degré, aux sables phosphatés jaunes de la Somme ou de l'Oise. De là, l'origine des manœuvres multiples auxquelles se sont livrés et se livrent encore certains industriels de la région du Nord, pour verdir artificiellement leurs phosphates et leur donner l'aspect de ceux des grès verts qui se vendent à un taux plus élevé.

Cette faveur marquée dont jouissent les phosphates du Boulonnais est due à ce que les cultivateurs de notre pays les considèrent comme très « assimilables » par rapport aux autres. On explique généralement cette opinion, en disant que les phosphates des grès verts, les nodules, appelés dans le pays : coquins ou crottes du diable, auraient été produits par la fossilisation de matières animales; au contraire, les sables de la Somme et de l'Oise, sont le résultat de dépAts d'origine purement minérale. De fait, les travaux de deux savants géologues, MH. S. Meunier et Oiry, ont établi que les phosphates arénacés ont une structure cristalline, qui les rapproche des apatites, et qui, par suite, doit nuire à leur assimilabilité. Les expériences culturales dans lesquelles les deux sortes de produits ont été mis en comparaison ne justifient pas toujours cette préférence; de telle sorte que, actuellement, il est bien difficile de se prononcer d'une façon précise.

En réalité, l'action plus sensible que produisent parfois sur les récoltes, les phosphates du Boulonnais, doit tenir à une cause spéciale, du domaine de la chimie agricole, et qu'il serait important de préciser. C'est dans l'espoir de la découvrir que nous avons entrepris le présent travail.

Ou a proposé pour la détermination de l'acide phosphorique dit « assimilable », l'emploi de plusieurs réactifs, et d'abord le citrate d'ammoniaque alcalin. Mais ce dissolvant, qui agit si éner-

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giquemcnt sur Tacide phosphorique à Pétai bicalcique des superphosphates et des phosphates précipités, n'enlève, aux phosphates naturels, que des traces d'acide phosphorique; et son emploi ne donnerait, dans le cas actuel, aucun résultat. L'ébuUilion des phosphates avec une dissolution d'oxalate d'ammoniaque a été essayée également. MM. Joulie, Lechartier et d'autres chimistes ont fait de nombreux essais avec ce réactif : mais, d'après l'ensemble des résultats obtenus, il semble que les quantités dissoutes sont variables dans de grandes proportions suivant le mode opératoire, la quantité d'oxalate et sa concentration, la durée de l'attaque, etc.. C'est donc là encore un procédé sur lequel on ne peut compter d'une façon absolue.

Enfin, la raison capitale qui doit empêcher l'emploi de ces réac^ tifs de se généraliser, est que leur action sur les engrais ne représente en rien ce qui se passe en réalité dans le sol. Le citrate et l'oxalate d'ammoniaque n'existent pas dans la terre arable ; et, par suite, les résultats qu'ils donnent sont purement conventionnels^ et ne peuvent servir à éclaircir la question de l'assimilabilité des divers engrais phosphatés.

L'action de l'acide acétique a été proposée, il y a longtemps, par M. Dehérain, pour la détermination dans le sol de l'acide phosphorique assimilable ^ Il résulte des travaux du savant professeur de rÉcole de Grignon, qu'il existe une certaine concordance entre la fertilité d'une terre, et la proportion d'acide phosphorique soluble dans l'acide acétique qu'elle contient. De nombreuses expériences, exécutées dans des conditions et des situations très diverses, ont amené à cette conclusion qu'un sol, dont la teneur en acide phosphorique soluble dans l'acide acétique, est inférieure à 0 gr. 1 par kilo, doit bénéficier à coup sûr de l'apport des engrais phosphatés.

Tout récemment, une revue agricole américaine * a publié un compte rendu des travaux exécutés à la station agronomique de Halle, en Allemagne. Ces travaux comprennent un long mémoire sur l'acide phosphorique et sur son dosage. Les savants allemands se sont occupés également de la détermination de l'acide phosphorique assimilable dans le sol, et ils proposent l'action de l'acide citrique agissant à froid pendant vingt-quatre heures. La

2« Experiment Station record, Washington, 1894, p. 471.

conclusion de ce travail est la suivante, et nous la traduisons textuellement : « Dans un nombre considérable d'essais, on a observé un rapport étroit entre la proportion d'acide phosphorique trouvée dans les terres par cette méthode, et le poids de récoltes obtenues dans diverses cultures avec addition des éléments fertilisants, autres que l'acide phosphorique. »

Enfin, au mois de mars dernier, un chimiste anglais, sir Ber* nardDyer, a publié sur le même sujet ' un très important mémoire dont les Annales agronomiques viennent de donner un résumé '. Âpres avoir expérimenté sur un grand nombre de sols, Tauteur propose, pour la détermination de Tacide phosphorique assimilable, l'emploi de l'acide citrique agissant à froid, et à la concentration de 1 p. iOO. 11 conclut ainsi : « D'après l'ensemble des résultats obtenus, lorsqu'un sol contient moins de 0.01 p. 100 d'acide phosphorique soluble dans ces conditions^ il est rationnel de penser que ce sol bénéficiera d'un apport immédiat de l'élément phosphaté. »

Remarquons en passant que sir Bernard Dyer arrive aux mêmes conclusions et aux mêmes chiffres avec l'acide citrique^ que jadis M. Dehérain avec l'acide acétique.

II est certain que l'action des acides faibles^ citrique ou acétique, constitue^ pour la détermination de l'acide phosphorique assimilable^ le seul procédé qui se rapproche beaucoup de celui que les végétaux emploient pour se saisir dans le sol de cet éléments Déjà, dans un travail sur « Tacide phosphorique du sol », publié il y a trois ans ^, M. Dehérain esquissait le rôle capital que jouent les acides contenus dans les racines des végétaux^ dans l'assimilation de l'acide phosphorique; c'est donc dans des réactions analogues qu'il faut chercher un mode de détermination de l'assimilabilité des phosphates.

Cette idée nous a inspiré le présent travail: et en l'appliquant plus spécialement aux conditions culturales qui nous entourent^ nous avons pensé que l'assimilation de l'acide phosphorique était due principalement aux deux causes suivantes : 1"* à l'action dissolvante des sucs acides, et particulièrement de l'acide citrique^ contenus dans les racines des végétaux ; 2'' à l'influence de l'acide

1. Journal ofthe Chemical Society, vol. LXV, March 1894, p. 113.

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