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Les plantes auxquelles on a donné de la potasse conliennent encore cette base en quantité très forte, plus forte même que dans la pomme de terre, et la soude y est complètement absente.
Mais dans les plantes qui ont reçu la soude^ on retrouve cette base en proportion très notable, tandis qu'il n'y en avait que des traces dans la pomme de terre cultivée dans les mêmes conditions.
Enfin, les plantes qui n'ont reçu ni potasse ni soude renferment une quantité encore très appréciable et à peu près égale de ces deux bases.
Il faut donc conclure de ces résultats que l'avoine, comme )e plus grand nombre des plantes, n'absorbe pas la soude lorsqu'elle se trouve dans un milieu qui peut lui fournir de la potasse en quantité suffisante, mais qu'elle l'accepte lorsque la potasse lui fait défaut et que, dans ce cas, la soude en se substituant à la potasse, peut aussi remplir un rôle utile au développement de la plante.
Le dosage de l'acide pbosphorique, que nous avons effectué pour les trois lots d'avoine, présente aussi quelque intérêt. Sa proportion s'accroît avec celle des alcalis et le rendement de la plante en poids varie presque exactement dans le même rapport que sa richesse en acide phosphorique. '
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Ces résultats mettent bien en évidence le rôle important de Tacide phosphorique et semblent indiquer en même temps que son assimilation par la plante doit se faire d'une manière plus facile ou plus efficace sous la forme de phosphates alcalins et surtout de phosphate de potasse que sous la forme de phosphate de chaux.
Quant à l'azote, sa proportion est à peu près la même pour les trois lots^ ce qui montre une fois de plus qu'il n'existe dans la constitution de la plante aucun rapport constant entre Tazote et l'acide phosphorique.
Enfin je signalerai encore une observation particulière faite sur les plantes des n^' 8 et 11.
Le n^' 8 reçoit du nitrate de potasse et du phosphate de potasse*
Le n^ 11, du sulfate d'ammoniaque, du carbonate de potasse et du phosphate de potasse.
Les plantes du 8 ont d'abord été supérieures à celles du 11 ; puis, tout en atteignant la même hauteur, elles sont devenues faibles et jaunissantes, tandis que les feuilles du 11 étaient plus rigides et d'un vert plus sombre.
Pour rechercher la cause de cette infériorité, on a soumis à une analyse spéciale une portion du dernier prélèvement des plantes 8 et 11. Le dosage de l'azote total a d'abord donné pour cent de ces deux récoites à l'état sec :
Le jaunissement des feuilles ne paraissait donc pas ici devoir être attribué à un défaut d'azote, mais ayant ensuite déterminé l'azote existant spécialement sous la forme nitrique, nous avons obtenu :
Enfin en portant préalablement à TébuUition avec de l'eau légèrement acidulée d'acide acétique afin d'enlever tout azote soluble, en retenant la matière protéique, les chiffres ont été :
Donc le n^ 8, tout en contenant une plus forte proportion d'azote total, s'en était réellement assimilé une proportion moindre. Enfin le dosage de l'acide phosphorique a donné :
Cette richesse plus grande en acide phosphorique, due peut-être
CHIMIB AGRrVI 4là
à la présence du carbonate de potasse, est sans doute la principale cause de la supériorité du n"" 11. L'azote nitrique trop rapidement absorbé par les plantes du n® 8 a pu manquer des éléments ou des conditions nécessaires aux transformations qu'il devait subir pour faire partie constituante de la plante. Le jaunissement des feuilles peut donc tenir^ non seulement à un défaut d'azote, mais aussi aux difficultés que peut rencontrer son assimilation par la plante.
REVUE DES TBAYADX PUBLIÉS EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER
Chimie agricole.
Fixatl«tt de Tasote gaievx par les mler^orgaaismes, par M. S. Wmo-
GRADSET^ — Les études relatives à la fixation de Fazote gazeux par les microorganismes annoncée par M. Berthelot, il y a une dizaine d'années, ont fait, dans ces derniers temps, des progrès décisifs. Nous avons indiqué, dans le volume précédent, les efforts qu'a faits M. Berthelot pour isoler les espèces microbiennes capables de fixer Tazote, et nous devons, maintenant, analyser rapidement les recherches décisives qu'a exécutées, sur ce sujet, M. Winogradsky, à qui on doit déjà, comme chacun sait, la découverte des ferments nitreux et nitriques.
Une solution sucrée additionnée de phosphates ensemencée avec les ferments de la terre éprouve, comme nous Favons observé, M. Maquenne et moi, dès i881, une fermentation énergique^, M. Winogradsky a employé également comme matière fermentescible le sucre, il y a ajouté des sels minéraux, mais les liquides ont été rigoureusement privés d'azote combiné; la fermentation s'est produite cependant avec formation d'acide butyrique, d'acide acétique et d'hydrogène, mais le nombre des espèces microbiennes capable de vivre dans ces conditions est restreint.
On n'en trouvait que trois : un grand bacille portant souvent des spores, se réunissant en masses zoogléiques mamelonnées, paraissait très vigoureux, bien différent des deux autres espèces, montrant un aspect de souffrance non douteux.
Les premiers dosages ont eu lieu avec ces cultures impures, les gains d'azote ont été sensibles, ils se sont parfois élevés à 14 milligrammes.
Plus récemment', avec ces mômes cultures impures, les gains ont été encore plus notables. Toutes ces cultures ont été faites avec du dextrose, auquel on ajoutait parfois des quantités variables d'azote sous forme dô sulfate d'ammoniaque. Cette introduction en quantité très faible a été tout