‹ Annales agronomiques (volume 2)Chapitre 192 sur 253 · M -N «O CO · texte numérisé non relu

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elle surpasse de beaucoup les erreurs de mesure et d^analyse évaluées ci-dessus. Il y a donc là un fait réel et constant, au moin» pour les espèces végétales étudiées» d'autant plus curieux que, avant leur mise en expérience, les feuilles avaient déjà dégagé, dans le vide, une certaine quantité de gaz.

La comparaison des volumes d'oxygène absorbé conduit aux mêmes conclusions, les nombres relatifs aux feuilles maintenues sous vide surpassent encore, sans aucune exception, ceux que fournissent les mêmes organes dans les conditions ordinaires, et Fécart est du même ordre que celui que nous venons de constater pour lacide carbonique, c'est-à-dire considérable et absolument en dehors de toute cause d'erreur expérimentale.

11 résulte de là que les échanges gazeux qui se produisent entre les feuilles vivantes. et Fair, à Tobscurité, se trouvent activés par un séjour préalable dans le vide et, en conséquence, que la respiration semble bien, comme nous l'avions admis plus haut, résulter d'une combustion lente de certains principes élaborés par le végétal. Si maintenant on soumet les chiffres précédents à un examen plus approfondi, on ne tarde pas à remarquer que l'accroissement du dégagement d'acide carbonique est loin d'être proportionnel à celui de l'absorption d'oxygène : tantôt il le dépasse, tantôt il lui reste inférieur,si bien que le rapport -î^*, toutes les autres conditions étant du reste exactement semblables, se trouve être profondément modifié en même temps que ses deux termes.

Le sens de cette modiQcation est fixe pour une même espèce, mais il varie d'une espèce à l'autre : le fusain, pour lequel on trouve, à Tétat normal, un rapport -^ exceptionnellement élevé, égal à 1, 25 en moyenne dans nos expériences, ne donne plus que 0,94 après un séjour de quatre heures dans le vide; la giroflée el l'aster, au contraire, dont les coefficients respiratoires sont ordinairement voisins de l'unité, donnent dans les mêmes conditions des rapports supérieurs à l,i.

11 y a donc là quelque chose de tout à fait spécial, caractéristique, en quelque sorte, de chaque espèce, et qui doit tenir à la différence de composition chimique des sucs cellulaires; dans l'ignorance complète où nous sommes de celle-ci il nous est impossible d'insister sur ce phénomène curieux; cependant, il nous paraît nécessaire de faire remarquer une fois de plus, à ce sujet, combien sont complexes ces rapports de la plante avec l'atmos-

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plière extérieure, que roo croyait autrefois si parfailement simples. Se fondant sur ce que parfois le rapport ^ est inférieur à 1, on a enseigné qu'il doit l'être toujours, ou que sa valeur est flxe pour une espèce déterminée; puis il a fallu reconnaître, à la suite de nos recherches \ que souventil surpasse l'unité et que la température exerce sur lui une influence indéniable ; M. Schlœsing fils ' a fait voir, par l'étude do la végétation dans une atmosphère conlinée, que Tonne saurait expliquer le développement d'une plante entière que par une perte d'oxygène éliminé sous forme d'acide carbonique pendant Tacte de la respiration nocturne; voici -enfin que le rapport ^ varie dans des limites exlraordinairement étendues quand la plante est restée, pondant mémo un temps très court, privée d'oxygène : c'est donc, en définitive, une quantité essentiellement variable, dont la valeur est en relation étroite avec la composition des tissus, et qui se modifie sous toutes les influences qui peuvent faire changer cette dernière.

Quelles que soient d'ailleurs ces influences, il est manifeste que. dans les expériences •précédentes, les deux termes du rapport^ varient davantage encore que ce dernier; nous pouvons donc dire, d'une manière générale et cette fois sans faire aucune distinction d'espèces, parmi celles que nous avons étudiées, que la privation momentanée d'oxygène a pour effet d'accélérer les phénomènes do combustion interne, et enfin, pour expliquer cette accélération elle-même et sous forme de conclusion :

Dans tacte de la respiration nocturne des plantes, les choses se passent comme s il y avait combustion lente d'un principe élaboré sur place y qui continue à se former et, par conséquent , s'accumule en r absence d oxygène.

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