‹ Annales agronomiques (volume 2)Chapitre 191 sur 253 · NOUVELLES REGUERGHES SUR LA RESPIRATION DES FEUILLES · texte numérisé non relu

NOUVELLES REGUERGHES SUR LA RESPIRATION DES FEUILLES

maintenues à Tabri de la lumière, change aussi avec la température et croît généralement avec celle-ci.

Ces résultats peuvent s'interpréter, soit en admettant que la chaleur favorise, par une exagération des fonctions vitales, la production du principe combustible admis plus haut, soit en supposant que Teffet d*une élévation de température est d'accélérer la combustion, quelle que soit d^ailleurs la quantité de combustible présenta; dans aucun cas, ils ne permettent de faire un choix entre ces deux hypothèses et laissent, par conséquent, la question primordiale irrésolue.

J'ai cru intéressant de reprendre cette étude comparative ou modifiant, non plus la température, dont Tinfluence est trop complexe, mais bien la composition do l'atmosphère ambiante, en privant celle-ci momentanément d'oxygène.

On sait depuis longtemps qu'en labsence d*oxygène les feuilles vivantes continuent à émettre de petites quantités d'acide carbonique; M. Mûntz a reconnu qu'il y a alors production d'alcool, la respiration intra-cellulaire n'est donc qu'une manifestation de la vie sans air, en d'autres termes un phénomène de fermentation, d'ailleurs peu active et presque négligeable par rapport à la respiration normale.

Il est clair que, dans ces conditions, les rapports de la plante avec l'extérieur sont totalement suspendus; si donc elle élabore constamment quelque substance oxydable par simple exposition à l'air, celle-ci devra alors s'accumuler dans ses tissus et, si notre première hypothèse est exacte, manifester ultérieurement sa présence par une exaltation des phénomènes de respiration normale.

C'est, en effet, comme nous allons le voir, ce qui a lieu toutes les fuis qu'on replace dans l'air des feuilles qui ont été maintenues sous vide pendant quelques heures. La méthode exige évidemment que les feuilles employées résistent à ce régime assez anormal; un grand nombre d'espèces sont dans ce cas; d'aulres, au contraire, surtout celles dont le parenchyme est mince, ne tardent pas à périr : on en est averti par un changement sensible de leur coloration et par le développement d'une odeur particulière; celles-ci doivent être absolument mises de côté et nous n'avons tenu compte que des résultats fournis par des feuilles saines, bien vivantes et sur lesquelles on no pouvait découvrir aucune trace d'altération.

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Dans loute celle étude, on s'est servi de la mélhode que nous avons déjà employée, M. Dehérain et moi^ dans des recherches analogues, et que nous avons décrite dans notre Mémoire cité plus haut. Les feuilles étaient placées dans des tubes de 40 centimètres cubes environ de capacité intérieure, munis d*un bon robinet à Tune de leurs extrémités, fermés à l'autre par une lame de verre mastiquée à la cire; on commençait par faire le vide au moyen de la trompe à mercure, puis, après quelque temps, on extrayait, toujours à la trompe, Tacide carbonique produit par la respiration interne et on laissait rentrer de l'air pur à la pression atmosphérique. Celui-ci était extrait à son tour, au bout d'une heure ou deux, et finalement analysé dans l'eudiomètre de M. Schlœsing.

Le volume de l'air initial pouvant se réduire du volume de l'azote trouvé à la fin de l'expérience, on avait ainsi toutes les données nécessaires au calcul des échanges gazeux et en particulier à la détermination du rapport ^.

Il n'y avait plus alors qu'à comparer les résultats à ceux que fournissent les mêmes feuilles à l'état normal; une expérience parallèle, dans laquelle on ne maintenait le vide que le temps juste nécessaire à l'extraction des gaz, était à cet effet conduite en même temps, à la même température et avec le même poids de feuilles, choisies aussi semblables que possible aux premières et toujours cueillies sur le même sujet.

Dans le tableau qui suit, on n'a pas cru devoir rapporter tous les détails d'analyse ; on y a inscrit seulement le volume des gaz recueillis, leur composition et la valeur du rapport^ qui en résulte. Je rappellerai, conformément à nos conclusions de 1886, que la valeur de ce rapport, établie par la méthode du vide, est sûrement approchée à un vingtième près ; l'erreur possible sur les nombres de la dernière colonne est donc au maximum égale à cinq unités du deuxième ordre décimal ; quant aux volumes absolus des gaz, on peut les considérer comme exacts à trois centièmes de centimètre cube près.

On voit immédiatement, à l'examen de ces chiffres^ que la quantité d'acide carbonique émis par les feuilles qui ont séjourné dans le vide est toujours supérieure à celle que donnent les feuilles normales : la différence est quelquefois du simple au double, ainsi qu'on l'observe pour la giroflée ; dans l'expérience VIII, toujours

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