LE BLÉ ET L'AVOINE AU CHAMP D'EXPÉRIENCES DE GRIGNON EN
PAR
M. P.-P. DEHÉBAIN
Membre de l'Académie des tciences.
La récolte du blé en France atteint cette année un chiffre exceptionnel ; le bureau de la Meunerie avait déduit d'une enquête très attentive que le rendement s'élevait à 140 millions d'hectolitres, tandis que l'Administration de l'agriculture, d'après les indications qui lui sont fournies par les départements, calcule que la récolte est seulement de 121 millions d'hectolitres. Si on admet le chiffre de la meunerie, la récolle de 1894 est la plus forte du siècle; si on accorde créance au chiffre officiel, elle n'est plus que la seconde, puisqu'en 1874 nous avons eu 135 millions d'hectolitres. Dans tous les cas, la récolte a été magnifique et elle l'a été surtout grâce à des conditions météorologiques particulièrement favorables; l'hiver a été doux, nous avons évité ces froids rigoureux qui font périr le blé et qui amènent les récoltes désastreuses (1879, 79 millions d'hectolitres; 1891, 77 millions d'hectolitres). On a vu, en effet, par le résumé météorologique que
LE BLÉ ET L AVOINE AU GUAMP D EXPÉRIENCES DE GRIGNON E?î 1894 563
nous publions en tète de ce mémoire, que les températures moyennes de décembre et de janvier sont à peine au-dessous de zéro, et si les minima absolus sont de ll^ li"", IG"", au-dessous de zéro en décembre, janvier et février, ces basses températures n'ont été que de courte durée, ainsi que le montrent les maxima absolus des mêmes mois. En outre, Tété a été pluvieux, on a constaté en effet, ainsi qu'on l'a vu plus haut^ une hauteur d'eau considérable s'élevant à plus de 200 millimètres pendant la saison mars-juillet, ce qui est au-dessus de la moyenne, la maturation s'est faite lentement, régulièrement, les plantes n'ont pas été exposées comme Tan dernier à des chaleurs torrides qui les dessèchent rapidement et empêchent les principes immédiats, contenus dans les tiges et les feuilles, de se transporter jusqu'aux grains.
J'avais, depuis longtemps, formé le projet de reprendre les études sur le développement du blé que j'ai déjà abordées, il y a plusieurs années, sans avoir jamais réussi à les compléter; je m*y suis occupé, pendant cette dernière saison et, tout d'abord, avant d'indiquer l'influence qu'ont exercée la nature des variétés semées et l'abondance des fumures, je résumerai, au commencement de ce mémoire, les observations, relatives au développement du blé, que j'ai recueillies cette année.