‹ Annales agronomiques (volume 2)Chapitre 223 sur 253 · DU DÉVELOPPEBIENT DU BLÉ · texte numérisé non relu

DU DÉVELOPPEBIENT DU BLÉ

§!•'. — Le blé pendant l'hiver.

J'ai indiqué ici même, Fan dernier, que les racines du blé acquièrent d'énormes dimensions qui lui permettent de puiser de l'eau dans les couches profondes et de vivre sur les plateaux, tandis que les graminées de la prairie, dont les racines sont beaucoup plus courtes, ne prospèrent que dans les vallées où l'eau est abondante; il m'a paru intéressant de savoir à quel moment le blé fermait ses longues racines. Pour pouvoir les observer aisément, j'ai fait semer du blé sur un talus qui sépare une route du champ d'expériences de Grignon, ce champ est en contre-bas du talus de plus d'un mètre; en semant le blé en ligne, parallèlement à la direction du talus, il était facile d'enlever à la bêche un

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prisme de terre au ras de la première rangée de blé, de mettre à nu les racines pour les examiner.

Le 15 décembre 1893, on procéda à un premier examen; après avoir découvert les racines à la bôche, on enleva la terre qui y adhérait encore en les lavant par des aspersions d'eau, à i*aide d'une seringue de jardinier; les racines devinrent ainsi assez

blanches pour se détacher sur la couleur brune de la terre; je priai M. Julien, répétiteur de botanique à TEcole, de vouloir bien en prendre une photographie; celle-ci a été très bien reproduite par la gravure ci-jointe que nous empruntons au journal La Nature, de notre ami M. Gaston Tissandier.

En examinant cette gravure avec soin, on voit que du grain part, de bas en haut, une petite tigelle souterraine blanche, menue, fine, qui arrivée au niveau du sol y forme un nœud d'où s'échappe la première feuille; cette disposition est particulièrement visible à droite du dessin; en s'armant d'une loupe, on distinguera le grain encore adhérent à la jeune tigelle ; de ce même grain partent les

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