EXPÉRIENCES DE CULTURE
Nous avons cultivé à Grig^non, cette année, cinq variétés de blé; une d'entre elles, le Schianstedtn'a occupé qu'une seule parcelle; le blé Datlel a été semé sur 6 ares, ainsi que le blé d'Australie, qui nous a été adressé, sur notre demande, par M. Florimond Desprez, de Gapelle, dont tout le monde connaît les éludes importantes sur les blés et les betteraves ; en outre, nous avons consacré sept parcelles au blé à épi carré Sboley, qui provient d'un envoi fait par M. H. de Vilmorin, à l'automne de 1884, et autant au blé à épi carré, qui tire son origine des cultures de Wardrecques et Blaringhem, dont nous avons rendu compte ici même, il y a plusieurs années.
Si on jette les yeux sur le tableau n® 1, on voit que le Sboley a été placé après betteraves sur les parcelles 13, 14 et 15, qui ont été autrefois en prairies et qui, pendant plusieurs années, n'ont fourni que de très faibles rendements ; elles donnent actuellement, ainsi que le montre le tableau, de bonnes récoltes. Ces trois parcelles ont fourni des rendements beaucoup plus élevés que les quatre parcelles 49, 50, 56 et 57, qui avaient porté du trèfle l'année précédente. Habituellement, on obtient après trèfle et sans engrais de bonnes récoltes de froment; mais on conçoit facilement que les résidus de matières végétales que laisse le trèfle soient d'autant plus abondants que le trèfle lui-même s'est mieux développé, et que, par suite, l'abondance de la récolte de trèfle ait une influence sur le rendement du blé qui suit. Ce n'est pas ce que nous observons cette année; en effet, 49 et 50 ont fourni en 1893: 6,480 kilos et 7,520 kilos de foin, plus par conséquent que 57, qui n'en a donné que 4,175, et cependant les récoltes de froment de ces parcelles sont peu différentes. Ces terres sont actuellement un peu fatiguées par plusieurs récoltes sans fumier, et il faudra les fortifier pour qu'elles reprennent leur vigueur passée. Il est curieux de voir que ces quatre récoltes sont peu différentes, bien que 49 ait eu du nitrate de soude, qu'on ait multiplié les façons sur 50 et qu'on ait ajouté 10,000 kilos de fumier à l'hectare sur 57, engrais et façon ont eu très peu d'influence et la récolte ne surpasse guère
LE BLÉ ET L'ÂVOINB AU CHAMP D*EXPÉRiENGËS DE GRIGNON EN 1895 475
le rendement de 56 resté sans engrais et sans façon supplémentaire. J'ai donc occasion de constater, une fois de plus cette année, que rien n'est plus important pour obtenir de fortes récoltes de blé, que de le placer sur des sols enrichis depuis plusieurs années et que même après trèfle, il ne donne que des récoltes médiocres, si la plante placée en tète d'assolement, n'a reçu qu'une maigre fumure ; c'était précisément le cas pour les parcelles où le blé succédait au trèfle; on y avait cultivé en 1891 des betteraves en les soutenant seulement par de la moutarde enfouie comme engrais vert, ce qui manifestement était insuffisant.
Sur les sept parcelles emblavées en épi carré Porion, ce sont encore 16, 67 et 70 qui ont reçu, pour betteraves, en 1893, de fortes fumures, qui donnent les récoltes les plus abondantes; toutefois, quand on n'a donné aucun engrais pour blé, on est resté sur la parcelle 16 à 32 q. m. 5 ; avec 10,000 kilos de fumier et 100 kilos de nitrate, on est monté à 37 q. m. 3, et on a obtenu précisément le même rendement engrain, avec un peu moins de paille, quand les hersages supplémentaires ont remplacé le nitrate de soude. Quatre parcelles ont porté du blé Porion après trèfle, les rendements sont médiocres partout, le meilleur est celui de 52 et on pourrait l'attribuer à l'efficacité des hersages de printemps, si on ne voyait* que 52 a reçu en 1891 : 50,000 kilos de fumier et si on ne se rappelait l'efficacité que montrent, à Grignon, les arrière-fumures de fumier de ferme ; elles sont infiniment plus actives que les fumures récentes au moins pour le blé et nous constatons, en etfel, que les 10,000 kilos de fumier de 58, resté depuis longtemps sans engrais, n'ont eu aucune action.
LcBdeux seules parcelles de Dattel qui ont fourni de bonnes récoltes sont 82 et 83, parcelles récemment annexées au champ d'expériences et qui avaient reçu, il y a plusieurs années, des quantités assez notables d'un fumier d'une action très lente ; cette très ancienne mais copieuse arrière-fumure a eu plus d'action que les 30,000 kilos de fumier enfouis sur 81 en 1893. Les hersages répétés de 83 ont été moins avantageux que les 100 kilos de nitrate de soude de 82.
Les trois autres parcelles, 54, 60 et 61, après trèfle, n'ont donné qu'une récolte moyenne.