T. XIX
ANKALIS AORONOM IQUBS. XX. — 3
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L'ensemble des nombres constatés sur ces trois parcelles est cependant élevé, je crois qu'il en faut trouver la raison dans la médiocrité des récoltes de blé, qui à cause du peu do profondeur des cases a mal réussi en 1892, comme en 1893. Nous avons vu en outre dans les pages précédentes que Texcès des nitrates constatés sur 8 est dû à un réveil rapide de la nitrification le 2 mars.
Les trois récoltes de pommes de terre de 9, 10 et II ont été bonnes, aussi les eaux écoulées de ces trois cases sont-elles peu chargées ; sauf celles de la case il fumée au nitrate de soude.
La parcelle 15 en maïs fourrage qui a porté un'e excellente récolte laisse couler des eaux peu chargées de nitrates, ne subit que de faibles pertes; elles sont plus fortes pour les deux parcelles 16 et 17 dont les récoltes ont été faibles; enfin nous trouvons que les trois cases 18, 19 et 20 ont subi au contraire des pertes notables, indiquant que les betteraves porlc-graines sont médiocrement avides de nitrates.
§ IV. — Partage de F azote du sol et des fumures entre les récoltes et les eaux de drainage pendant l'année, mars 189^' mars i893.
En combinant les résultats constatés pendant Télé à ceux que nous ont fournis les observations d'hiver, nous pouvons dresser le tableau III, qui nous donne le mouvement de Tazote pendant Tannée (mars 1892-mars 1893). Dans ce tableau, nous avons inscrit d*abord les cultures installées dans les cases en 1892; celles qui ont suivi, sont indiquées dans la seconde colonne^ quand ces cultures ont occupé le sol pendant Thiver 1892-1893. Nous n'avons pas cru devoir reproduire les cultures de l'été 1893 qui se trouvent dans les tableaux I et II; elles n'ont aucune influence sur les résultats que nous discutons en ce moment.
Le poids des récoltes de 1892, la quantité d'azote contenue dans les plantes enlevées, sont inscrites dans les colonnes suivantes; nous n'avons compté pour les betteraves et les pommes de terre que l'azote des racines qu des tubercules, car les feuilles et les fanes sont enfouies dans le sol qui les a produites et par suite l'azote qu'elles renferment ne sort pas du domaine.
La nature et le poids des engrais distribués en 1892, la quantité d'azote introduite avec ces engrais est encore inscrite au tableau III.
Dans les colonnes suivantes, nous avons transcrit les quantités d'azote nitrique entraînées par les eaux de drainage d'été et d^hi^ ver, puis leur somme. En additionnant l'azote des eaux de drainage et celui des récoltes enlevées, on a l'ensemble de l'azote disparu; s'il est supérieur à celui des engrais nous inscrivons la différence avec le signe -r- dans la dernière colonne. Si, au contraire, l'azote de l'engrais surpasse les pertes dues aux eaux de drainage et les prélèvements des récoltes, la différence porte le signe -f-; la terre au lieu de s'appauvrir s'est enrichie. Les données réunies dans ce tableau n'indiquent que le mouvement visible de l'azote pendant cette première année, et nous ne pouvons encore tenir compte des fixations d'azote par voie microbienne qui se produisent dans les sols en prairie ou dans ceux qui portent des légumineuses en culture dérobée. Ce sera seulement après plusieurs années que l'analyse du sol pourra indiquer quelques changements dans sa composition et nous montrer comment, sous Tinfluence des cultures, le sol s'est enrichi ou appauvri
Nous avons insisté déjà dans les pages précédentes sur l'élévation des nombres qui représentent les nitrates entraînés par les eaux de drainage; la moyenne des nitrates formés pendant les trois années précédentes à Grignon ^ est de 126 kil. 6; or les cases sans fumure en donnent 221. kilos, c'est-à-dire presque le double. Nous avons dit que très certainement ces nombres sont dus à la trituration très complète qu'ont subie les terres pendant les travaux de déblai nécessaires à la construction des cases, et pendant leur remplissage ; ces nombres sont donc très intéressants pour montrer une fois de plus combien est puissante la nitrification dans une terre bien travaillée, mais ils valent bien plus par les comparaisons qu'ils permettent d'établir que par les indications qu'ils fournissent sur les pertes que subissent les sols en places.
Si nous examinons d'abord les quatre cases qui n'ont pas porté de récoltes, qui sont restées en jachère, nous trouvons que les pertes par le drainage sont énormes ; la terre nue sans engrais de la case I aurait perdu à l'hectare 221 kil. 4 d'azote nitrique, c'està-dire ce qui existe dans 1,283 kilos de nitrate de soude; si on compte cet engrais à 22 francs les 100 kilos, on aurait donc perdu 283 fr. 36. On remarquera que les pertes d'été surpassent celles