‹ Annales agronomiques (volume 2)Chapitre 23 sur 253 · T. 1, p. oOo · texte numérisé non relu

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LES EAUX DE DRAINAGE DES TEllRES CULTIVÉES 33

10 grammes d*azote combiné par kilogramme. Pour que Tazote s'accumule ainsi, il faut non seulement que les microorganismes dont les fonctions ont été dévoilées par M. Berthelot entrent en jeu, mais il faut en outre que les causes de déperdition soient très faibles ; elles le sont, en effet, puisque d'une part les terres très chargées de matières organiques des prairies nitrifient mal, puis qu*en outre le peu de nitrates formé est retenu par les racines rendant l'hiver pour être élaboré pendant la bonne saison et amené à Tétat d'albuminoïdes.

Il en est de même, quoique à un moindre degré, des sols ensemencés en blé d'hiver ; les pertes par drainage sont faibles, sauf pour la case 5, qui avait été fumée avec une dose considérable de nitrate au printemps de 1892.

Nous avons indiqué dans les pages précédentes que les trois cases 6, 7 et 8, qui ont porté du blé en 1892, n'avaient pas été traitées de la même façon au point de vue des cultures dérobées, tandis que 7 et 8 ont été ensemencées en vesce, immédiatement après la moisson, 6 n'a rien reçu. La vesce a empêché la déperdition des nitrates en automne, les eaux de novembre de 6 sont bien plus chargées que celles de 7 et de 8 et à la première prise, il y a encore quelques différences, les eaux analysées le 8 décembre accusent pour 6 une perte de 21 kil.4 à Thectare contre 15 et 14kil.7 pour 7 et 8, mais dès les prises suivantes les chiffres s'équilibrent, les pertes sont en somme plus faibles pour 7 que pour 6 bien que la fumure de 7 ait été plus forte, et c'est là un point sur lequel il convient d'insister encore une fois, bien que nous l'ayons déjà développé dans le mémoire consacré aux cultures dérobées d'automne *.

On pouvait craindre en cultivant une légumineuse qui, comme toutes les plantes de sa famille, sait se passer des engrais azotés, que son action fût seulement de retarder l'écoulement des eaux, en évaporant la plus grande partie des eaux tombées, mais que les nitrates restant dans le sol fussent entraînés par les pluies d'hiver, les pertes auraient été ainsi, retardées mais non évitées. On voit qu'il n'en est pas ainsi, et puisque les eaux de 6 sont plus chargées que celles de 7, c'est visiblement parce que les nitrates qui ont pris naissance sur 7 ont été utilisés.

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