‹ Annales agronomiques (volume 2)Chapitre 57 sur 253 · Cornevin. Pten/w vénéneuses, p. H et · texte numérisé non relu

Cornevin. Pten/w vénéneuses, p. H et

136 H. BOIRET

Celle calaslrophe finale élail facile à prévoir, le poids de gousses el de graines ingérées concordant à peu près avec les chiffres observés dans des circonstances analogues par M. Corne vin.

Il est permis, d'après cela, de penser que les cas de mort sur lesquels on a appelé Tattention des cultivateurs, doivent être attribués au cytise, plante dont les écorces et surtout les graines sont très vénéneuses, plutôt qu'au faux acacia.

M. de Mandat-Grancey nous dit bien qu'un poison violent aurait été extrait du robinier; mais même en admettant Texislence de ce principe toxique, qui parait n'avoir jamais été étudié dans les recueils spéciaux, ce ne serait pas là un argument décisif pour proscrire l'emploi de cette légumineuse. Elles sont nombreuses, en effet, les plantes capables de produire des désordres dans l'organisme, et dont rhomme ou les animaux se nourrissent : les noyaux de cerises, qui nous servent à fabriquer le kirsch, contiennent de l'acide prussique; la pomme de terre, la tomate, l'aubergine, le haricot et la laitue, qui figurent tous les jours sur noire table, renferment cependant des poisons bien connus, au moins dans leurs effets. Les foins de gesse et de lupin jaune peuvent à la longue, quand la plante est en gousse, déterminer chez le bétail des maladies spéciales désignées sous les noms de lathyrisme el de lupinose; ce sont des ressources fourragères importantes mais il ne faut pas en abuser. Les tiges de pomme de terre, consommées sur place dans quelques localités, les jeunes pousses de chêne, le sarrasin, la petite oseille, le moutardon, la ravenelle, etc. ne doivent pas non plus former seuls pendant longtemps, la base de l'alimentation.

Peut-êre serait-il de même imprudent de ne faire consommer que des feuilles d'acacia durant des semaines entières, mais ce n'est généralement pas le cas ; en automne les animaux vont au pâturage, et en hiver, ils reçoivent toujours au moins une botte de paille. Nous pensons donc, avec M. Ch. Girard, que les cultivateurs ont tout intérêt à recueillir précieusement celte feuille exceptionnellement riche, et même à multiplier dans ce but les plantations d'acacia. Les nombreux piquants qui recouvrent la plante sont certainement un obstacle sérieux h sa propagation comme fourrage. Nous nous sommes cependant assuré que les moutons trouvaient quand même le moyen de dépouiller les branches d'une façon très complète.

CULTURES DU CHAMP D*EXPÊR1BNCES. DE GRIGNON DE i890 k 1893 ïTl

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