RECHERCHES SDR L'ALIMENTATION PAR LE FAUX ACACIA ET LE CYTISE
nous, pour nous permettre d'affirmer que ralimentation par la ramilie d'acacia, pratiquée en août et septembre dans quelques fermes de la Lozère, et expérimentée par nous à une époque de maturation des feuilles un peu plus avancée, ne présente aucun danger pour le bétail, contrairement aux craintes exprimées à ce sujet Tété dernier.
Quant aux feuilles de cytise ou fauic ébénier, les travaux de M. Cornevin ' ne permettent aucun doute sur leur toxicité dans le jeune âge ; mais, comme Ta établi ce savant physiologiste, elles perdent peu à peu leurs propriétés nocives en vieillissant, et c'est à cela que nous devons d'avoir'pu les faire consommer impunément à Tautomne. Il est bien probable que, distribuée en grande quantité, cette feuille, même bien mûre, occasionnerait promptement des troubles dans la digestion, mais il est certain aussi qu'elle peut alors être mangée accidentellement sans danger.
Cheval. — N'ayant pas pu nous procurer un cheval de réforme avant le mois de décembre, nous avons dû nous contenter d'expérimenter sur cette espèce domestique l'action des écorces et des graines. C'était là, du reste, le point principal, puisque selon les affirmations de M. de Mandat-Grancey, des chevaux seraient morts pour avoir seulement rongé l'écorce de leur bat-flancou des arbres auxquels ils étaient attachés.
Pendant deux jours, la ration consista en écorces d'acacia, d'abord pures, puis comme l'animal n'y touchait pas, mélangées avec du son frisé, ainsi qu'on l'avait fait dans les cas précé* dents. Elles ne furent consommées qu'en très petite quantité, 300 grammes par jour à peu près, bien que la bète ne reçût pas en foin plus du tiers de ce qu'elle était habituée à consommer.
Après un intervalle de deux jours au régime de fourrage sec, on donna comme repas du matin, un mélange de son et d'écorces de cytise, mélange qui fut encore moins bien goûté que le précédent. Le cheval reçut alors une botte de foin, puis dans la soirée, des gousses de cytise pleines, broyées et brassées avec du son frisé. Il mangea 200 & 300 grammes de cette ration, mais quelques heures plus tard, il fut pris de coliques violentes et mourut dans la nuit, après s*ètre débattu de telle sorte que le sol de l'écurie et les murs étaient labourés de coups de pied.