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CULTURES DU GUAMP D^PÉRIENGES DE GRIGNON DE 1890 À 1893 14t
mais elles sont dues à une moindre proportion de grain et non à la diminution d'un des principes qu'il renferme. II n'en est plus de même pour le blé Datlel; on a trouvé en effet pour 100 parties de matière sèche :
Azote.
Blé Dattel versé K92
— non versé 2.12
Le blé non versé est plus riche.
On remarquera que le Porion est plus chargé de matières azotées que le Dattel, ce qui est dû à sa maturation plus tardive; on sait que dans le grain de blé, Pamidon n'apparaît qu'après la matière azotée, et on conçoit qu'au 10 juillet, un blé tardif comme le Porion renferme moins d'amidon que leDaltel, et par suite plus de matières azotées.
Le deuxième exemple est aussi probant, aussi manifeste que le premier; les parcelles 55 et 56 accusent une différence assez sensible bien qu'elles aient reçu la même dose d'engrais chimique; ce fait doit être attribué uniquement aux 20,000 kilos de fumier qui ont été distribués à 56.
Le blé est une plante assez exigeante comme engrais. Le nitrate de soude appliqué au printemps en active singulièrement la végétation; cette année^ cependant, à cause de la verse prématurée, il est difficile d'interpréter avantageusement son efficacité. Nous signalerons simplement l'effet des fumures antérieures et des superphosphates.
Ces questions ne nous occuperont pas longtemps. Les travaux de longue haleine poursuivis par MM. Lawes et Gilbert à Rotham^ stedt et ceux effectués à la Station agronomique de Grignon par notre savant maître M. Dehérain, montrent les bons effets des fumures antérieures, en particulier sur le froment. Une bonne dose de fumier de ferme incorporée au sol se fait sentir pendant plusieurs années, et cela d'autant plus que la terre est plus compacte. L'expérience est décisive : les parcelles 45, 46, 48 et 60 ayant porté des pommes de terre bien fumées en 1889, bien qu'elles n'aient reçu aucun engrais en 1890, ont donné les meilleurs résultats. L'action des arrière-fumures est encore plus évidente sur le numéro 59, qui a donné le plus fort rendement. En 1887, cette parcelle fut plantée en ramie et reçut 60,000 kilos de fumier de
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ferme et 200 kilos de sulfate d'ammoniaque ; le blé de 1 890 s'est ressenti uniquement du fumier de ferme distribué trois ans auparavant.
Quant à Taction des superphosphates sur les terres épuisées, elle a été savamment discutée, dans ce recueil même, par M. Dehérain*.
L'acide phosphorique apporté sous une forme soluble est particulièrement favorable au blé cultivé dans des parcelles épuisées. Il n'a pas d'effet sensible sur l'avoine ni sur le trèfle. M. Dehérain estime que les engrais phosphatés ont chance de réussir dans toutes les terres qui ne contiennent pas 0 gr. 0002 d'acide phosphorique soluble dans Tacide acétique. Il montre, en outre, que par la culture sans engrais, et principalement sans fumier, l'acide phosphorique soluble rétrograde peu à peu, se combine aux sesquioxydes de fer et d'aluminium, pour donner des composés que le blé n'assimile pas. L'avoine dont les racines sécrètent peut-être un acide plus énergique que celles du blé, ou en plus grandes proportions, parait pouvoir dissoudre les phosphates de sesquioxyde et les absorber.
Culture de l'avoine.
La récolte d'avoine a été très satisfaisante cette année; cette plante peu exigeante est toujours cultivée sans engrais; dans notre assolement, elle succède à une culture sarclée et généralement aux betteraves.
Bien que réputée très résistante aux intempéries, elle a versé, à la suite de Torage du 3 juillet, dans les parcelles 62, 63 et 68. Les rendements ne sont pas très inférieurs à ceux des parcelles voisines oii la verse ne s'est pas produite ainsi qu'il est facile de le constater en parcourant le tableau II.
Les parcelles 64 et 68 ayant reçu antérieurement la même culture et la même quantité de fumier, n'accusent pas une grande différence dans le rendement lorsqu'on considère la valeur totale de la récolte, bien que le numéro 68 ait versé. En effet, tandis que la première donna, en grains, un excédent de trois quintaux métriques (représentant 51 francs), la seconde accuse, en paille, une augmentation de 24 quintaux (représentant 84 francs). Le bénéfice est même en faveur de la parcelle 68.