I TZ
CQ
o" cT cT
00 CO t- 00 CO r* r- e-
Cet exemple montre nettement que la verse a été plus préjudiciable au blé qu*à Tavoine dont la maturation est plus h&tive.
La variété de Houdan s'est montrée inférieure à celle des Salines; c'est ce qui apparaît clairement quand on compare les résultats moyens obtenus dans les parcelles 61, 62, 63, 64, 65^ 68, et qu'on met en regard la fumure moyenne distribuée sur la culture précédente.
ORAINS PAILLB
Avoine des Salines (64, 65, 68), après pommes de
terre ayant reçu 26,666 iLilos de fumier. 35 66 97 » — de Houdan (61, 62, 63), après pommes de
terre ayant reçu 40,000 kilos de fumier. 32 « 62 66
Soit un excédent de. . . . 3 66 34 34
La différence entre les deux variétés est bien marquée ; après une même culture, l'avoine de Houdan accuse une diminution dans les rendements en grains et en paille, quoique l'on ait appliqué antérieurement une plus forte fumure. M. Dehérain a déjà signalé la supériorité de Tavoine des Salines dans le compte rendu des cultures de 1889 *; nous la signalons encore une fois pour attirer l'attention des cultivateurs sur cette variété qui mérite d'être choisie quand sa couleur jaune n'est pas un obstacle à sa vente.
Examinons maintenant s'il est indifférent de faire succéder l'avoine aux pommes de terre ou aux betteraves ; pour cela, comparons entre elles les parcelles 61, 62, 63 et 76, 77, 78 cultivées en avoine de Houdan. Les rendements en grains sont sensiblement plus élevés dans les numéros 76, 77, 78 que dans les numéros 61, 62, 63 ayant porté des pommes de terre en 1889. Il semble plus avantageux de cultiver l'avoine après des betteraves qu'après des pommes de terre. Grâce aux travaux effectués récemment à la station agronomique, il devient facile d'en trouver la raison. M. Dehérain a montré dans différents mémoires les pertes notables que subissent les terres restant sans culture pendant Tautomnc. Les pluies, abondantes pendant l'arrière- saison, entraînent beaucoup de nitrates qu'on retrouve dans les eaux de drainage. Or, ainsi que l'a prouvé l'éminent professeur de Grignon^ ces pertes
GOLTURES DU CHAMP D*BXPfiRIBNGES DE GRIGNOIV DE 1890 A 1893 143
sont grandemeut atténuées quand la terre est occupée par une culture quelconque.il nous suffit, pour notre cas particulier^ de nous rapporter seulement aux quantités d'azote nitrique que laisse perdre un sol cultivé en betteraves ou en pommes de terre. Dans le premier cas, les pertes sont toujours plus faibles que dans le second \ soit parce que les betteraves occupent le sol pendant un plus long temps, soit encore parce qu'elles assimilent plus d'azote nitrique et qu'elles en restituent environ la moitié par les feuilles et les collets enterrés dans le sol qui a porté la betterave.
Ces considérations sont suffisantes pour expliquer la différence des rendements de l'avoine après l'une ou l'autre de ces deux plantes sarclées.
Culture du trèfle.
Dans l'assolement quadriennal suivi à la Station agronomique, le trèOe succède à l'avoine. Nous le semons dans cette céréale au printemps et nous l'enfouissons par un léger fourchage. Après la moisson, le sol restant libre, cette légumineuse se développe bien et devient assez vigoureuse pour résister aux froids de l'hiver. Il est du plus haut intérêt, quand on cultive le trèfle dans ces conditions, de le semer dans une avoine h&tive. Actuellement c'est après l'avoine Ligowo que nous obtenons les meilleures récoltes de trèfle. Nous reviendrons, au reste, sur ce sujet en parlant des cultures de 1893.
Le trèfle a des exigences particulières sous le rapport des engrais ; il est indispensable, pour qu*il se développe normalement, que le sol ait été bien fumé antérieurement. C'est là une condition absolument nécessaire. Si cette légumineuse ne trouve pas dans la terre une quantité suffisante de matières organiques, les récoltes sont fort aléatoires et la culture devient quelquefois impossible. C'est ce qui découle des expériences entreprises par M. Dehérain il y a quelques années '. Il est bien à remarquer qu'une fumure récente est beaucoup moins efficace que les résidus laissés par des fumures plus anciennes.
1. M. Dehérain. Eaux de drainage des terres cultivées, Annales agronomiques, l. XX, p. 5.
ANNALES AOBONOIIIQUBS. XX. — 10